Des rebelles syriens se préparant à tirer un obus de mortier contre les troupes du régime dans la ville de Rakka, dans le nord de la Syrie. Mohammed Abdel Aziz/AFP
Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a mis lundi "au crédit" du régime syrien la destruction de ses armes chimiques, entamée en un "temps record".
"Le processus a démarré en un temps record et nous en sommes reconnaissants envers la Russie, pour sa coopération, mais bien entendu aussi envers la Syrie, pour son consentement", a déclaré M. Kerry lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue d'un entretien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, sur l'île indonésienne de Bali.
"Je pense qu'il est extrêmement significatif que hier, dimanche, une semaine après l'adoption de la résolution (de l'ONU), des armes chimiques aient été détruites. Je pense que c'est à mettre au crédit du régime de Damas, franchement. Il s'agit d'un bon début et nous l'accueillons favorablement".
Lances thermiques et meuleuses
Les experts en désarmement chimique ont entamé dimanche la destruction de l'arsenal syrien en application d'une résolution de l'ONU votée après l'attaque chimique meurtrière du 21 août près de Damas. Les experts ont supervisé des personnels syriens qui "ont utilisé des lances thermiques et des meuleuses pour détruire ou mettre hors d'usage une série de matériels", a indiqué un communiqué publié à New York par les Nations unies et par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).
Ces experts ont pour mission de détruire un arsenal estimé à mille tonnes, dont des centaines de gaz moutarde et de gaz sarin, réparties dans des dizaines de sites, le tout dans un pays en guerre, une première pour une mission de désarmement chimique.
L'équipe est chargée de faire appliquer la résolution 2118 du Conseil de sécurité, la première votée sur le conflit syrien grâce à un accord russo-américain prévoyant le désarmement chimique du pays d'ici à la mi-2014. Les deux équipes d'experts, arrivés mardi en Syrie, s'emploient aussi à "surveiller, vérifier et rapporter" la concordance des informations fournies par le gouvernement syrien avec la situation réelle de son arsenal chimique.
L’accord russo-américain a éloigné la menace des frappes américaines contre le régime, après l'attaque du 21 août attribuée aux forces syriennes par l'Occident et l'opposition. A ce sujet, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon devrait adresser lundi un rapport au Conseil de sécurité, présentant en détail la logistique de ce qui est considéré comme la plus importante et la plus dangereuse opération du genre.
M. Kerry a ajouté que lui-même et M. Lavrov étaient "d'accord pour dire que la solution n'est pas militaire" en Syrie. "Nous partageons le même intérêt pour ne pas avoir des extrémistes radicaux dans un camp ou l'autre qui bénéficieraient d'un statut ou d'une position plus importants en Syrie".
M. Lavrov s'est pour sa part dit "satisfait". "La Russie fera tout ce qui est en son pouvoir pour que Damas poursuive sa coopération sans aucun changement", a-t-il dit.
Genève 2 à la mi novembre ?
Il a également indiqué que la Russie et les Etats-Unis souhaitent convoquer à la mi-novembre la conférence internationale de paix sur la Syrie, dite Genève 2, pour trouver une solution politique au conflit. "Nous nous sommes mis d'accord sur des mesures à prendre pour que le gouvernement et l'opposition (syriens) participent à cette conférence", a dit M. Lavrov.
Début octobre, Moscou avait indiqué que Damas pourrait entamer dans le cadre de Genève 2 des négociations de paix avec les éléments modérés de l'opposition armée. Parallèlement, l'opposition demande le retrait du président Bachar el-Assad comme préalable à des négociations.
L'initiative d'une nouvelle conférence internationale à Genève, rassemblant notamment représentants du gouvernement syrien et de l'opposition, avait été lancée en mai par MM. Lavrov et Kerry, en vue de mettre fin au conflit syrien qui a fait plus de 100.000 morts en deux ans et demi.
Mais l'organisation de cette réunion a été repoussée à plusieurs reprises en raison de désaccord sur les objectifs et les participants, notamment entre la Russie, alliée du régime de Damas, et les Occidentaux.
Genève 2 doit reprendre les grandes lignes d'un accord international sur une transition politique en Syrie, signé le 30 juin 2012 à Genève mais jamais appliqué.
Erreurs
Le président syrien a, de son côté, de nouveau admis, dans une interview au Der Spiegel, avoir commis des "erreurs".
"Dès que des décisions politiques sont prises, il y a des erreurs. Partout dans le monde. Nous ne sommes que des hommes", a déclaré Bachar el-Assad plus de deux ans et demi après le début du conflit, déclenché en mars 2011 par une contestation pacifique qui s'est ensuite militarisée face à la répression. "Des erreurs personnelles ont été commises (...) Même un président commet des erreurs", a insisté Bachar el-Assad, ajoutant toutefois que ses "décisions fondamentales étaient justes".
Interrogé sur une éventuelle responsabilité totale de l'opposition dans les massacres dans le pays, M. Assad a répondu que "la réalité n'est pas noire ou blanche". "On ne peut pas dire +ils sont responsables à 100% et nous pas du tout+", a-t-il ajouté. "La réalité n'est pas noire ou blanche, il y a aussi une palette de gris. Mais il est correct de dire que nous nous défendons".
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"Le processus a démarré en un temps record et nous en sommes reconnaissants envers la Russie, pour sa coopération, mais bien entendu aussi envers la Syrie, pour son consentement", a déclaré M. Kerry lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue d'un entretien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, sur l'île indonésienne de Bali.
"Je pense qu'il est extrêmement significatif que hier, dimanche, une semaine après l'adoption de la résolution (de l'ONU), des armes chimiques aient été détruites. Je pense que c'est à mettre au crédit du régime de Damas, franchement. Il s'agit d'un bon début et nous l'accueillons favorablement".
Lances thermiques et...



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Logique, vu que c'est "Damas" seul qui a les Stocks !
15 h 10, le 07 octobre 2013