Le chef du parti Aube dorée Nikos Michaloliakos, escorté par la police, a été inculpé pour avoir dirigé « une organisation criminelle ». Louisa Gouliamaki/AFP
En attendant, les mises en liberté conditionnelle des trois députés arrêtés la veille ont surpris une partie de la presse qui tablait plutôt sur une incarcération préventive de tous les parlementaires, dans l’attente de leur procès. « Le chef en prison, le gang est dehors », titrait le journal à grand tirage de centre gauche Ta Nea. Au total, six des 18 députés du parti avaient été arrêtés le week-end dernier par la police antiterroriste, dont son chef adjoint, Christos Pappas, lequel devait déposer hier. « Aube dorée sera présente à tous les scrutins électoraux, quels qu’ils soient », a-t-il lancé aux journalistes avant son entrée au tribunal en début d’après-midi.
Une initiation complexe attend les juges d’instruction qui vont devoir rassembler des charges précises. Un rapport de la Cour suprême a lié Aube dorée à trois tentatives
d’homicide et de nombreuses agressions, surtout contre des immigrés. D’autres inculpations et transferts en prison devaient suivre, hier ou dans les prochains jours, suite aux arrestations opérées.
La dimension pédagogique
Ces opérations sont très largement couvertes par les télévisions qui montrent des députés menottés passant de la direction de la police d’Athènes au Palais de justice, encadrés par des policiers cagoulés. Une dimension pédagogique qui fait dire à l’analyste politique Ilias Nikolakopoulos que le gouvernement « tente de convaincre les quelque 400 000 électeurs d’Aube dorée qu’ils se sont trompés » et qu’ils devraient rejoindre le parti de droite de la Nouvelle démocratie, au pouvoir avec les socialistes. « Mais il est bien trop tôt pour parler de transferts électoraux », en vue des élections municipales et européennes du printemps 2014, ajoute-t-il. « C’est un électorat très imprévisible qui pourrait aller ailleurs, notamment au Syriza », le parti de la gauche radicale, principal parti d’opposition, a-t-il noté. « En attendant, on peut supposer que les autorités vont essayer d’avancer le procès (des militants d’Aube dorée), pour qu’il ait lieu avant les élections, ce qui serait un événement théâtral important », estime cet analyste de l’Institut Opinion.
Toutefois, selon des sources judiciaires, l’instruction, pour aboutir à un procès, pourrait prendre de longs mois, vue la difficulté de réunir des preuves suffisantes.
(Source : AFP)


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