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Moyen Orient et Monde - Italie

« Le monde de Berlusconi n’a jamais été autant en désaccord avec Berlusconi »

La grogne montait sérieusement dans les rangs du parti de Silvio Berlusconi et de nombreux responsables de droite réfléchissaient hier à un moyen d’éviter une crise politique et de sauver le gouvernement de la troisième économie de la zone euro. L’agence de notation financière Fitch a d’ailleurs averti que « l’éventuelle chute du gouvernement italien mettait en danger les objectifs de politique budgétaire à court et moyen terme », et « l’incertitude » pourrait se refléter de manière négative sur la notation de la péninsule. « Nous souhaitons qu’il y ait en Italie un gouvernement stable et nous partons du principe que les forces qui œuvrent pour stabiliser la situation trouveront une solution », a déclaré pour sa part Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel.
La décision surprise samedi du Cavaliere de demander de démissionner aux ministres du Peuple de la liberté (PDL), son parti, a provoqué la colère d’un grand nombre de ses partisans qui ne veulent pas d’une crise gouvernementale et d’élections anticipées alors que le pays peine à sortir de la récession. « En Italie, il y a un parti qui fait des primaires pour choisir entre l’eau plate et l’eau gazeuse », le Mouvement Cinq Étoiles (M5S) de Beppe Grillo, « et puis il y a un autre parti où ils se retrouvent à cinq à déjeuner et décident de faire chuter le gouvernement », a déploré le ministre Gaetano Quagliarello, membre du parti du Cavaliere et l’un des principaux frondeurs.

Même Angelino Alfano...
Et tous les autres ministres du PDL ont exprimé leur désarroi, y compris Angelino Alfano, vice-Premier ministre, secrétaire du PDL et considéré comme le dauphin de Silvio Berlusconi, qui a dit envisager de devenir « berlusconien autrement ». « La question du jour est : combien résistera cette fois l’obéissance aveugle et absolue au Chef ? Le monde de Berlusconi n’a jamais été autant en désaccord avec Berlusconi » lui-même, écrit La Stampa, le quotidien modéré du groupe Fiat. « De nombreux parlementaires du PDL perçoivent dans leurs villes respectives la vive contrariété de leurs électeurs face à la chute du gouvernement d’Enrico Letta. Des électeurs qui ne comprennent pas le geste du Cavaliere. Ou mieux, des électeurs qui le comprennent comme une réaction à ses ennuis judiciaires », poursuit le quotidien.
En effet, Silvio Berlusconi a été condamné le 1er août à quatre ans de prison, ramenés à un seul par une amnistie, pour fraude fiscale par la Cour de cassation. En raison de cette condamnation définitive, le Cavaliere risque d’être tout prochainement destitué de son poste de sénateur et donc privé de son immunité parlementaire, alors qu’il doit affronter d’autres procès, dont celui du « Rubygate » pour prostitution de mineure et abus de pouvoir.
Les comptes se règleront demain lorsque le chef du gouvernement Enrico Letta se présentera pour un vote de confiance devant le Sénat, où il ne dispose pas en théorie de la majorité des voix. Son espoir : attirer des parlementaires du PDL lassés des accès de colère du Cavaliere et former une nouvelle majorité avec les centristes de Mario Monti – peut-être aussi avec l’apport de transfuges du Mouvement Cinq Étoiles – qui ne dépendrait plus du soutien de Berlusconi.
De son côté, Silvio Berlusconi a tenté hier soir de ressouder son parti lors d’une réunion de ses parlementaires, organisée en urgence à la Chambre des députés pour clarifier les positions. « Nous devons rester unis, le linge sale se lave en famille », a ainsi déclaré le Cavaliere.

(Source : AFP)
La grogne montait sérieusement dans les rangs du parti de Silvio Berlusconi et de nombreux responsables de droite réfléchissaient hier à un moyen d’éviter une crise politique et de sauver le gouvernement de la troisième économie de la zone euro. L’agence de notation financière Fitch a d’ailleurs averti que « l’éventuelle chute du gouvernement italien mettait en danger les objectifs de politique budgétaire à court et moyen terme », et « l’incertitude » pourrait se refléter de manière négative sur la notation de la péninsule. « Nous souhaitons qu’il y ait en Italie un gouvernement stable et nous partons du principe que les forces qui œuvrent pour stabiliser la situation trouveront une solution », a déclaré pour sa part Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel.La...
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