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Économie - Crise

Espagne : les banques, bonnes élèves mais toujours convalescentes, tandis que la dette frôlera les 100 % du PIB

La Commission européenne a salué lundi les avancées du secteur bancaire espagnol depuis l’octroi d’une aide de 41,3 milliards d’euros par la zone euro, soulignant toutefois la nécessité de poursuivre les efforts de réduction de sa dette.
Ce quatrième rapport d’étape s’inscrit dans le cadre de la supervision par la troïka (Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne) des strictes conditions accompagnant l’aide européenne aux banques espagnoles accordée en juillet 2012.
La Commission, qui a mené une mission à Madrid du 16 au 27 mai, juge que « la liquidité et la structure de financement du secteur bancaire espagnol se sont encore améliorées avec une hausse des dépôts et le retour à l’accès aux marchés pour se financer ».
De même, « la solvabilité des banques espagnoles reste bonne après la recapitalisation d’une partie du secteur et le transfert d’actifs à la Sareb », la structure de défaisance mise en place par l’État pour rassembler les actifs immobiliers toxiques des banques.
Toutefois, souligne la Commission, « le contexte économique global a continué de peser sur le secteur bancaire », avec une économie qui « poursuit une substantielle contraction » du PIB en 2013, de 1,3 % selon les prévisions de Madrid.
« Le crédit à l’économie continue de se contracter, en particulier dans un contexte de faible demande de nouveaux crédits et la persistance de la fragmentation des marchés bancaires de l’UE », souligne la Commission.
« Alors qu’il y a des signes avant-coureurs d’une stabilisation économique, les secteurs privé et public doivent continuer de réduire leur dette et l’ajustement dans le secteur immobilier se poursuit », ajoute-t-elle.
Le secteur reste plombé par un taux record de créances douteuses, principalement nées de l’explosion de la bulle immobilière en 2008 (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés), qui s’élève à 11,97 % du total des crédits.
Ces deux éléments pèsent sur la santé du secteur, estime la Commission, ajoutant que les « superviseurs et les responsables politiques doivent continuer à contrôler le processus de stabilisation du secteur ».
La Commission européenne a accordé le 29 mai un nouveau délai à l’Espagne pour remplir ses objectifs de réduction du déficit public : 6,5 % en 2013 et un retour en dessous de la limite européenne des 3 % en 2016, après un déficit de 7 % en 2012.
Le gouvernement prévoit un retour à la croissance au troisième trimestre 2013 et une croissance de 0,7 % en 2014.

Espagne : la dette publique frôlera 100 % du PIB en 2014 malgré la rigueur
Parallèlement, la dette publique de l’Espagne, qui ne cesse de gonfler depuis le début de la crise en 2008, frôlera les 100 % du PIB en 2014, des chiffres bien supérieurs aux prévisions précédentes malgré un budget 2014, présenté lundi au Parlement, toujours empreint de rigueur.
Alors que la dette espagnole était de 40,2 % au moment de l’explosion de la bulle immobilière en 2008 et avait encore fini 2011 à un niveau relativement bas en Union européenne (68,5 % du PIB), elle a explosé depuis. Elle est passée à 85,9 % fin 2012 et à 92,2 % fin juin 2013, alors que le précédent budget du gouvernement conservateur prévoyait une dette de 90,5 % pour fin 2013.
Le gouvernement table désormais sur une dette de 94,2 % du PIB cette année et de 99,8 % à la fin de 2014. Il anticipe des besoins bruts de financement de 243 888 milliards d’euros pour 2014 contre 207 173 en 2013, soit une hausse de 17,7 %.
 En termes budgétaires, les intérêts de la dette en 2014 devraient s’élever à 36 590 milliards d’euros, soit 3,49 % du PIB.
Rappelons que le coût moyen de la dette de l’État est passé de 3,90 % en 2012 à 3,77 % sur les six premiers mois de 2013.
Le Trésor espagnol a d’ailleurs déjà bouclé 83,3 % de ses besoins pour cette année.
2013 « est la dernière année de récession économique », a de nouveau assuré le ministre du Budget, Cristobal Montoro, en présentant le budget 2014. Le gouvernement avait approuvé vendredi ce budget s’appuyant sur la reprise économique alors que le pays entrevoit la fin de la récession.
Après avoir résisté en 2012 à la pression des marchés qui voulaient la voir demander son sauvetage, comme la Grèce et le Portugal avant elle, l’Espagne table sur une croissance de 0,7 % en 2014, contre 0,5 % prévu auparavant, même si le PIB devrait encore baisser de 1,3 % cette année.
Mais la rigueur reste de mise et commence à porter ses fruits, a assuré Cristobal Montoro, le gouvernement espérant ramener, comme promis à l’Union européenne, son déficit public à 6,5 % du PIB en 2013 puis à 5,8 % en 2014.
La potion reste amère socialement avec 150 milliards d’économies programmées entre 2012 et 2014, notamment pour les fonctionnaires et les retraités. En 2014, les 2,6 millions d’employés administratifs verront leur salaire gelé pour la quatrième année consécutive.
Le gouvernement, qui avait fait du maintien du pouvoir d’achat des plus de 9 millions de retraités une promesse, a prévu de désindexer de la hausse des prix les pensions de retraite. Elles augmenteront de 0,25 % en 2014 pour une inflation de plus de 2 % en moyenne depuis le début de l’année.

(Source : AFP)
La Commission européenne a salué lundi les avancées du secteur bancaire espagnol depuis l’octroi d’une aide de 41,3 milliards d’euros par la zone euro, soulignant toutefois la nécessité de poursuivre les efforts de réduction de sa dette.Ce quatrième rapport d’étape s’inscrit dans le cadre de la supervision par la troïka (Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne) des strictes conditions accompagnant l’aide européenne aux banques espagnoles accordée en juillet 2012.La Commission, qui a mené une mission à Madrid du 16 au 27 mai, juge que « la liquidité et la structure de financement du secteur bancaire espagnol se sont encore améliorées avec une hausse des dépôts et le retour à l’accès aux marchés pour se financer ».De même, « la solvabilité des banques...
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