Rechercher
Rechercher

Tripes et cervelles

Les budgets alloués à la recherche sont devenus si importants que souvent on en arrive à rechercher des évidences. On est quand même tout heureux de pouvoir les confirmer. Ainsi, une étude qui vient d’être publiée dans la revue américaine Science, et qui fait sensation depuis quelques jours, révèle que « les efforts requis pour faire face à des problèmes matériels de base épuisent les capacités mentales des personnes pauvres, pouvant entraîner une réduction de 13 points du quotient intellectuel (QI) ». On a envie d’ajouter, d’expérience, que les perspectives de guerre et de terrorisme qui sont notre lot quasi permanent depuis au moins trois générations ont le même effet sur notre intelligence. Déjà, cette colonne semble plus difficile à écrire et vous, qui la lisez en ce moment même, avez l’esprit phagocyté par les analyses, les statistiques, les pour, les contre, les décryptages et les tautologies, l’usure nerveuse qui préfigure la frappe annoncée, renoncée, ajournée. La guerre aura-t-elle lieu ? Ferez-vous, en prévention, un plein d’essence et quelques provisions ? Pour combien de temps ? Nous voilà donc malgré nous dans ce processus réducteur qui nous impose de faire face « à des problèmes matériels de base ». Moins 13 de QI pour tout le monde, riche ou pauvre n’est plus la question.
Dès qu’il s’agit de survie, l’instinct prend le relais de la raison. Quoi qu’il arrive, septembre sera sous adrénaline. Judicieuse ou pas, venue trop tard, envisageant trop peu, une chose est sûre, si cette frappe a lieu, notre avis n’intéressera personne. Elle tombera comme une fatalité et nous n’aurons, une fois de plus, qu’à nous adapter à un quotidien dramatiquement soumis à un rythme différent. On n’en est pas là, mais on sait ce que cela veut dire. Bien sûr, ce que nous vivons n’est rien, à comparer avec la Syrie et l’Irak, mais notre fatigue vient de loin, de bien plus loin. Nous avons traversé tant de crises, vécu tant de souffrances, enterré tant de gens depuis le milieu du siècle dernier qu’on se demande s’il nous reste encore assez de peau pour muer, assez de nerfs pour ne pas devenir totalement fous, assez d’humanité pour nous soutenir les uns les autres.
En attendant, l’éventualité de ce nouveau saut dans le vide devrait rappeler nos responsables à leurs responsabilités. Ce qu’il nous reste de QI nous permet encore de constater à quel point nous sommes bernés, chosifiés, manipulés, insultés, volés, exposés, floués, exploités, trahis, vendus, méprisés par une classe politique majoritairement moyenâgeuse, mafieuse et féodale. Hier, la société civile a sonné l’alarme. Presque tous les secteurs économiques ont arrêté le travail en signe de protestation. Le pays est au bord de la faillite, sans compter son impréparation en cas de conflit régional. Un nouveau gouvernement doit impérativement se former au plus vite. À défaut, il n’y aura bientôt plus rien à gouverner.
Les budgets alloués à la recherche sont devenus si importants que souvent on en arrive à rechercher des évidences. On est quand même tout heureux de pouvoir les confirmer. Ainsi, une étude qui vient d’être publiée dans la revue américaine Science, et qui fait sensation depuis quelques jours, révèle que « les efforts requis pour faire face à des problèmes matériels de base épuisent les capacités mentales des personnes pauvres, pouvant entraîner une réduction de 13 points du quotient intellectuel (QI) ». On a envie d’ajouter, d’expérience, que les perspectives de guerre et de terrorisme qui sont notre lot quasi permanent depuis au moins trois générations ont le même effet sur notre intelligence. Déjà, cette colonne semble plus difficile à écrire et vous, qui la lisez en ce moment même, avez l’esprit...
commentaires (6)

TRIPES ET CERVELLES C'EST COMME DIRE : DERRIÈRES ET TÊTES !

SAKR LOUBNAN

10 h 14, le 06 septembre 2013

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • TRIPES ET CERVELLES C'EST COMME DIRE : DERRIÈRES ET TÊTES !

    SAKR LOUBNAN

    10 h 14, le 06 septembre 2013

  • Comme vous avez raison! Mais qui de nos responsables vous ecoute?

    Michele Aoun

    16 h 41, le 05 septembre 2013

  • ...« les efforts requis pour faire face à des problèmes matériels de base épuisent les capacités mentales des personnes pauvres, pouvant entraîner une réduction de 13 points du quotient intellectuel (QI) ». On peut affirmer sans risque de se tromper que nos dirigeants ne sont pas du tout impactés par ces séquelles, et ce, pour deux raisons. Premièrement, ils ne font aucun effort pour faire face aux problèmes, ensuite il n'existe pas de dirigeants pauvres chez nous. Cela dit, même si certains d'entre eux étaient pauvres et fournissaient les efforts requis, il leur serait impossible de perdre 13 points puisque leur QI en compte beaucoup moins ! Quant aux dirigeants iraniens, syriens et nos mercenaires tarés de Dieu, ils n'ont aucun souci à se faire puisque leur QI a toujours été négatif.

    Robert Malek

    15 h 45, le 05 septembre 2013

  • LES MÉANDRES politiques libanais(h) ne sont-ils pas une interminable partie de Ttâwléhhh dans laquelle jamais un coup de dés n'abolira ni le hasard, ni la nécessité ? Car on ne fait pas de politique sans morale, mais on n'en fait pas davantage avec ! Ceux qui croient qu'en politique ils sont capables de grimper toujours plus haut ont intérêt à se méfier. Pour simplifier cyniquement une problématique qui intègre des concepts aussi sémillants que la pertinence de l'axe gauche-droite, "résistance"-non résistance ou le partage binaire du 8 ou du 14 Mars de la représentation politique, il suffit de dire qu'après leur déception aSSadique et leur impitoyable répudiation par les fakkîhdiots, les "id(i)éologues!" 8 Martiens se gratteront à fond le fond du citron en se demandant s'il ne vaut pas mieux, pour éviter d’être pressés jusqu’au fond, effectuer encore un revigorant virage à la droite extrême ultra sectariste ! Certes, ce ne sera pas le langage qu'ils utiliseront. On les entendra plutôt va(e)nter une nécessaire "moudernité" pour faire pièce à l'indécrottable "archaïsme!", mahééék, de la Cédraie. Mais, après décryptage, il restera toujours LA question : virage à la droite sectaire extrême, certes, mais jusqu'où pourront-ils aller trop loin dans un patelin qui ne s’équilibre qu’au centre du nombril de Mon Sieur et Sire de la Renardière : Myster(y) Goupil….

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    15 h 26, le 05 septembre 2013

  • Oui...c'est vrai.Mais il n'y a pas plus de fatalité que de maktoub. Et les politiciens qui sont au pouvoir ne sont pas arrivés là tous seuls.n'est ce pas?

    GEDEON Christian

    12 h 04, le 05 septembre 2013

  • Hier, la société civile a sonné l’alarme inutilement .Avec tout ce stress on deviendra plus fous car nos responsables resteront introuvables dans un pays ou tout laisse à désirer. Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha A. Nazira

    08 h 26, le 05 septembre 2013

Retour en haut