« Financer la grille des salaires par les grosses fortunes et non au détriment des pauvres », pouvait-on lire hier à la manifestation du CCS. Photo Marisol Rifaï
« Faire grève un seul jour pour demander la formation d’un gouvernement est un geste bien louable de la part des organismes économiques, a souligné M. Gharib, mais ne nous leurrons pas, ils demandent un gouvernement qui soutienne leurs intérêts, et non ceux des classes sociales les plus défavorisées. » « Nous demandons en priorité un gouvernement qui tienne ses promesses quant à l’application de la nouvelle grille des salaires des fonctionnaires, seul outil capable d’unifier les Libanais », a répété à maintes reprises le président du CCS. Rappelons que ce dossier avait mobilisé des milliers de professeurs et fonctionnaires durant des mois. Face à la pression de la rue, l’ancien gouvernement avait fini par approuver le projet de loi, mais les difficultés à assurer son financement paralysent toujours le dossier au Parlement. « C’est une honte, une aberration, certains professeurs ont un salaire inférieur au salaire minimum de 675 000 livres et les écoles privées demandent aux parents d’élèves des hausses de scolarité alors qu’elles n’ont toujours pas augmenté les salaires de leurs professeurs », s’est indigné M. Gharib.
Le président du CCS s’en est également pris au ministre sortant des Finances, Mohammad Safadi, l’accusant d’avoir arrêté de financer la coopérative des fonctionnaires de l’État, qui n’est donc plus capable d’assurer l’hospitalisation des fonctionnaires. « Nous donnons à M. Safadi deux semaines pour effectuer le virement nécessaire à la coopérative, sinon le CCS prendra les mesures qu’il juge nécessaires pour régler cette situation inacceptable », a menacé M. Gharib.
« Ce n’est pas en un seul jour de mobilisation que les choses vont changer », a affirmé M. Gharib, en référence à la grève générale d’hier des organismes économiques. « Notre mouvement va se poursuivre jusqu’à l’obtention de nos droits, car de toute façon nous sommes condamnés à rester vivre dans ce pays, contrairement à certains Libanais, détenteurs de plusieurs nationalités... », a conclu le président du CCS sur une note d’humour bien amère.


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