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À La Une - Social

Au Liban, une grève pour un gouvernement au plus vite

Kassar et Gharib menacent les autorités d'avoir recours à des mesures d'escalade.

A Hamra, la majorité des magasins ont fermé mercredi leur portes conformément à l'appel à la grève générale lancé par les syndicalistes et les acteurs économiques. Photo Marisol Rifai

Alors que le gouvernement de Nagib Mikati est démissionnaire depuis le 23 mars dernier (165 jours tout de même), les organismes économiques et syndicats libanais ont appelé pour aujourd'hui mercredi à un mouvement de grève générale. Le motif : réclamer la formation immédiate d’un gouvernement, unique solution pour éviter que le pays ne sombre davantage dans le chaos et que les commerces cessent de péricliter encore et encore.

 

Sur le terrain, l'appel a été partiellement entendu. Ce mercredi matin, la plupart des banques étaient fermées, de même que certains centres commerciaux, à l'instar de Le Mall à Sin el Fil, des ensembles habituellement ouverts 365 jours dans l’année. Le Mall a indiqué qu'il resterait fermé jusqu'à 16h, conformément au mot d'ordre de la grève. Le City Mall, à Dora, était lui aussi fermé jusqu'à 16h. Le City Center à Hazmieh, en revanche, était ouvert.

 

Mardi, François Bassil, président de l’Association des banques libanaises (ABL), avait indiqué mardi à L’Orient-Le Jour que "si un gouvernement n’était pas formé immédiatement, d’autres actions suivront en collaboration avec d’autres organismes professionnels". "Il s’agit de protéger le Liban et d’appeler à un rassemblement tous bords politiques confondus ", avait-il poursuivi, annonçant que les 71 banques que compte le Liban devaient suivre le mouvement de fermeture générale.

 

La plupart des stations essence étaient toutefois ouvertes.

A Hamra, un quartier de Beyrouth, la grande majorité des cafés et des restaurants étaient également ouverts mercredi matin, à quelques rares exceptions près comme pour Crepaway qui a opté pour une formule de compromis : le restaurant est fermé mais des cafés sont servis en terrasse. Interrogés, certains serveurs déclaraient ne pas être au courant de la grève, alors que d'autres la rejetaient en déclarant : "on a eu assez de pertes, on ne peut pas se permettre de fermer une journée."

Si la majorité des grandes enseignes étaient fermées, les petites commerces avaient ouvert leurs portes.

 

Lors d'une conférence de presse tenue à la Chambre de Commerce à l'issue d'une réunion avec le chef de l'Etat Michel Sleiman, le président des organismes économiques, Adnane Kassar, a, de son côté, déclaré que la grève générale ne vise pas à paralyser le pays ou à nuire aux intérêts des Libanais. Selon lui, les organismes ont lancé ce mouvement en raison de l'effondrement de l'Etat et de l'économie. "Le succès du mouvement aujourd'hui prouve que nous avons raison et que notre action répond à l'appel de tout Libanais", a ajouté M. Kassar. Il a également menacé d'avoir recours à des mesures d'escalade si un gouvernement n'est pas formé. "Nous ne resterons pas les bras croisés face à la détérioration de la situation", a martelé M. Kassar. S'adressant aux responsables politiques, il a ajouté : "Vous êtes appelés à vous mettre d'accord sur un gouvernement efficace que nous attendons depuis longtemps et dont nous avons le plus urgemment besoin face aux menaces qui nous entourent."

 

 

Que les souffrances des Libanais cessent

Parallèlement, le Comité de coordination syndicale (CCS) a organisé un rassemblement devant le ministère de l'Education, à Beyrouth. Lors de cette manifestation, le président du Comité, Hanna Gharib, a remercié tous ceux ayant répondu à l'appel à la grève. Lors d'une brève allocution, M. Gharib a appelé à la formation d'un gouvernement qui préserve la paix civile et réponde aux besoins des Libanais. Le syndicaliste a assuré que le mouvement lancé aujourd'hui va se poursuivre car le problème est plus grand que la formation d'un cabinet : "Nous avons besoin que les crises soient réglées, que les souffrances des Libanais cessent."

 

M. Gharib a par ailleurs estimé que l'approbation de la nouvelle grille des salaires est un droit et un outil qui unit tous les Libanais. Assurant que les écoles privées n'ont pas payé les augmentations de salaires aux professeurs, Hanna Gharib a, dans ce contexte, appelé les parents à ne payer les augmentations des frais de scolarité.

 

 

L'économie a besoin de développement

Le ministre démissionnaire de l'Industrie, Vrej Sabounjian, a assuré mercredi que la formation au plus vite d'un gouvernement est la demande de tous les Libanais et pas uniquement celle des organismes économiques. M. Sabounjian a néanmoins critiqué l'appel à la grève générale comme moyen de faire pression en ce sens, estimant que cette mesure ne mènera pas au but recherché. "Nous vivons dans un pays démocratique où tout patron a le droit de prendre la décision qu'il juge convenable, a-t-il indiqué. L'économie a aujourd'hui besoin de développement et non de davantage de négativisme et de régression."  

 

Le ministre démissionnaire a, dans ce contexte, refusé de faire assumer au gouvernement les conséquences de la grève générale, le cabinet n'étant pas l'initiateur du mouvement. Il a appelé les organismes économiques à "un retour à un dialogue calme et raisonnable en vue d'aboutir à une vision commune qui aiderait à dépasser cette période avec le moins de dégâts possibles."

 

En juin, les organismes économiques avaient appelé, lors d'une conférence, à sauver l’économie libanaise "en plein naufrage". Ils avaient demandé aux responsables politiques de respecter la déclaration de Baabda qui stipule la distanciation du Liban vis-à-vis des crises régionales et notamment syrienne.

 

Au Liban, la dernière grève générale avait eu lieu en 1971, en raison, à l’époque, de l’augmentation des tarifs douaniers. "Cette fois-ci, l’enjeu est bien plus important, a assuré lundi Nicolas Chammas, le président de l’Association des commerçants de Beyrouth (ACB). Il en va de la survie du pays !".

 

 

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Alors que le gouvernement de Nagib Mikati est démissionnaire depuis le 23 mars dernier (165 jours tout de même), les organismes économiques et syndicats libanais ont appelé pour aujourd'hui mercredi à un mouvement de grève générale. Le motif : réclamer la formation immédiate d’un gouvernement, unique solution pour éviter que le pays ne sombre davantage dans le chaos et que les commerces cessent de péricliter encore et encore.
 
Sur le terrain, l'appel a été partiellement entendu. Ce mercredi matin, la plupart des banques étaient fermées, de même que certains centres commerciaux, à l'instar de Le Mall à Sin el Fil, des ensembles habituellement ouverts 365 jours dans l’année. Le Mall a indiqué qu'il resterait fermé jusqu'à 16h, conformément au mot d'ordre de la grève. Le City Mall, à Dora, était lui aussi...
commentaires (3)

Dans notre république expérimentale ...nous sommes jamais à l'abri d'un peu d'humour pathétique ... ! une grève des citoyens ...contre une grève du gouvernement ...!

M.V.

15 h 37, le 04 septembre 2013

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Commentaires (3)

  • Dans notre république expérimentale ...nous sommes jamais à l'abri d'un peu d'humour pathétique ... ! une grève des citoyens ...contre une grève du gouvernement ...!

    M.V.

    15 h 37, le 04 septembre 2013

  • Très bien. Que cette grève serve aussi de prise de conscience sur le fait que le Liban n'en a rien à foutre de la Syrie, que le Liban ne doit rien à la Syrie, que le Liban doit prendre ses distances avec ce pays qui l'a martyrisé pendant 29 ans et qui continue de le faire, que nos dirigeants doivent s'occuper de notre pays et non des pays ennemis comme le font les petits mercenaires de la résistance de m... ! La Syrie, qu'elle se démerde avec ses problèmes, on s'en fout, on-s'en-fout ! Vivement que ce régime satanique tombe afin que tombe avec le cancer du Liban qu'est le Hezbollah. Quelle calamité ce Hezbollah ! C'est le vrai symbole du mal, du fanatisme et de la bêtise.

    Robert Malek

    12 h 00, le 04 septembre 2013

  • A bon entendeur salut . Mais une chose est certaine la grève pour réclamer un nouveau gouvernement est nuisible pour le pays . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    11 h 41, le 04 septembre 2013

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