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Liban - L’Éclairage

Le 8 Mars brandit l’arme traditionnelle des menaces pour tenter de torpiller le projet de cabinet non partisan

Ce fut le cas au lendemain de la victoire du 14 Mars aux élections législatives de 2009. C’est également le cas actuellement. Tout le monde se souvient en effet qu’à la suite du dernier scrutin législatif, au printemps 2009 (qui avait accordé une majorité confortable de 71 sièges au 14 Mars), le Hezbollah avait mené une campagne assidue afin d’obtenir ce qu’il qualifiait de « gouvernement d’union nationale », affirmant que le Liban ne pouvait être gouverné que sur une base consensuelle (un principe qui a été cependant rapidement relégué aux oubliettes lorsque le 8 Mars a provoqué la chute du cabinet de Saad Hariri en janvier 2011). Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, rappelle-t-on à cet égard, n’hésitait pas à cette époque de brandir la menace d’une remise en question de la paix civile dans le pays si le Hezbollah n’obtenait pas satisfaction au sujet de la composition du gouvernement.


Ce sont ces mêmes menaces que le Hezbollah brandit aujourd’hui pour tenter d’empêcher la mise sur pied d’un gouvernement « neutre », ou plus précisément non partisan. Face à l’impossibilité de former un cabinet représentant toutes les factions politiques, en raison de l’obstination du Hezbollah à obtenir le tiers de blocage, le président Michel Sleiman et le Premier ministre désigné, Tammam Salam, ne cachent plus leur volonté d’avoir recours à une équipe de technocrates qui seraient appelés à plancher sur les problèmes à caractère socio-politique auxquels sont confrontés quotidiennement les Libanais, y compris au niveau des services publics, en pleine déliquescence. Parallèlement, les grands dossiers conflictuels seraient discutés dans le cadre de la conférence de dialogue national, réunie sous l’égide du président de la République.


Il reste qu’à la lumière des informations filtrées à la presse au sujet de ce projet de gouvernement non partisan, le Hezbollah a rapidement réagi, sans monter lui-même directement au créneau. Ce sont les sources du 8 Mars qui jouent ainsi le rôle de relais pour distiller systématiquement à la presse et dans les milieux politiques locaux des « indiscrétions » selon lesquelles un cabinet dit de « fait accompli » aurait de graves répercussions sur le plan sécuritaire. Les mêmes sources prennent soin de relancer dans ce cadre la requête du Hezbollah qui insiste pour une représentation des factions politiques conformément à « leur poids » respectif au sein du Parlement, ce qui reviendrait à accorder au parti chiite et ses alliés non moins du tiers de blocage dans le gouvernement, ce que le chef de l’État, le Premier ministre désigné et l’ensemble des composantes du 14 Mars refusent catégoriquement à l’unisson.
Les menaces proférées ces derniers jours par les alliés du Hezbollah se sont faites plus précises à l’adresse du chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt. Et pour cause : dans de récentes déclarations à la presse, le leader druze s’est prononcé franchement pour la formation d’un gouvernement dit « neutre » (ou non partisan), mettant en garde contre les graves retombées d’un éventuel vide au niveau de l’exécutif.


Cette prise de position de M. Joumblatt a représenté un net revirement par rapport à l’attitude qu’il avait adoptée au lendemain de la désignation de M. Tammam Salam à la présidence du Conseil, lorsqu’il avait prôné sans détour la représentation de toutes les factions locales au sein du gouvernement (sans reprendre toutefois à son compte la revendication du tiers de blocage avancé par le Hezbollah). Mais compte tenu du blocage provoqué par les conditions rédhibitoires posées par le parti chiite, le leader du PSP a fini par soutenir, il y a quelques jours, le projet de gouvernement non partisan de fait accompli. Qu’à cela ne tienne... Les sources proches du Hezbollah sont montées d’un cran dans leurs menaces directes contre le chef du PSP, soulignant que si le leader druze accorde sa couverture à un cabinet non partisan, les répercussions se feront ressentir dans les fiefs de M. Joumblatt, en l’occurrence au Chouf et à Aley. « Les régions du Chouf et de Aley ne sont pas plus importantes que Qousseir », ont ainsi souligné sans détour les milieux proches du Hezbollah, faisant allusion à l’offensive milicienne lancée par le parti chiite contre cette localité syrienne située non loin de la frontière avec le Liban. Parallèlement, certains milieux proches du 8 Mars brandissent, une fois de plus, la menace d’un « nouveau 7 mai » en cas de formation d’un gouvernement de fait accompli.
Cette politique d’intimidation outrancière, doublée de franches menaces, est devenue la méthode d’action privilégiée du 8 Mars pour imposer ses conditions. Il reste que dans le cas de figure présent, les milieux politiques, plus particulièrement les ténors du 14 Mars, attendent le résultat des entretiens que les deux émissaires de M. Joumblatt, le ministre Waël Bou Faour et M. Taymour Walid Joumblatt, ont eus en Arabie saoudite avec, notamment, le chef des renseignements saoudiens, l’émir Bandar ben Sultan, en charge du dossier libanais. Les sources du courant du Futur ont précisé à ce propos que les deux émissaires du leader du PSP ne rencontreront pas l’ancien Premier ministre Saad Hariri du fait que celui-ci se trouve en Europe.


En tout état de cause, il semble que cette politique d’intimidation et de menaces directes ne passe pas inaperçu. Le projet de gouvernement de fait accompli non partisan paraît en effet avoir été gelé pour l’instant. Une source diplomatique confirme en effet que rien n’est à prévoir à très court terme au niveau du dossier de la formation du nouveau gouvernement. La même source va jusqu’à souligner qu’un déblocage au plan de la crise ministérielle nécessite une entente entre l’Arabie saoudite et la République islamique iranienne. Signe des temps : une telle entente se substituerait de la sorte à l’entente entre le royaume wahhabite et le régime syrien de Bachar el-Assad que d’aucuns prônaient, dont le chef du législatif et leader d’Amal Nabih Berry, en vue de paver la voie à une détente, voire à une concorde, sur la scène politique locale. Mais c’était avant le déclenchement de la rébellion syrienne...


Parallèlement à cet hypothétique accord saoudo-iranien concernant le Liban, certains observateurs locaux soulignent qu’un déblocage au niveau de la formation du nouveau gouvernement nécessite aussi une modification du rapport de force entre la rébellion syrienne et le régime d’Assad, au profit des opposants. Un tel objectif est à portée de main si l’on en juge par les récentes victoires et percées enregistrées par les rebelles syriens aussi bien aux frontières nord-est de la Syrie que dans la région de Lattaquieh. Les avancées dans cette dernière zone revêtent une importance particulière dans la mesure où elles se sont produites dans le « pays » alaouite que le régime d’Assad cherche à relier à la région autonome kurde de manière à juguler la progression de l’armée syrienne libre.


L’évolution de la situation sur le terrain en Syrie ne manquera pas d’avoir un impact sur les efforts intensifs déployés par le président de la République et le Premier ministre désigné pour mettre sur pied le nouveau gouvernement. À défaut d’une problématique entente saoudo-iranienne, c’est à la lumière des développements sur le terrain syrien que la conjoncture pourrait suffisamment mûrir pour permettre à Baabda et Mousseitbé de donner enfin naissance au cabinet non partisan qui bénéficierait alors d’une couverture régionale censée neutraliser efficacement les manœuvres d’intimidation et les menaces du 8 Mars.

 

 

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Ce fut le cas au lendemain de la victoire du 14 Mars aux élections législatives de 2009. C’est également le cas actuellement. Tout le monde se souvient en effet qu’à la suite du dernier scrutin législatif, au printemps 2009 (qui avait accordé une majorité confortable de 71 sièges au 14 Mars), le Hezbollah avait mené une campagne assidue afin d’obtenir ce qu’il qualifiait de « gouvernement d’union nationale », affirmant que le Liban ne pouvait être gouverné que sur une base consensuelle (un principe qui a été cependant rapidement relégué aux oubliettes lorsque le 8 Mars a provoqué la chute du cabinet de Saad Hariri en janvier 2011). Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, rappelle-t-on à cet égard, n’hésitait pas à cette époque de brandir la menace d’une remise en question de la...
commentaires (2)

DONC ON A COMPRIS ENFIN QUE LE DEBLOCAGE NECESSITE UNE ENTENTE ENTRE L'ARABIE SAOUDITE ET LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE IRANIENNE....ET LE NOUVEAU CRU TAYMOUR QUI S'EN OCCUPE POUR REGLER CETTE ENTENTE ! ON A QU'A ATTENDRE ALORS CET ENVOYÉ TRÈS SPECIALE, CE GRAND FUTUR CHEF QUI NE PEUT QU'IMITER SON PÈRE WALID ET SON GRAND PÈRE KAMAL QUI ONT TOUS LES DEUX TRAHIT LEUR PAYS CHACUN À SON TOUR. KAMAL NOUS A AMENÉ SLEIMAN FRANGIEH QUI A SACCAGÉ LE PAYS ET WALID NOUS A AMENÉ HEZBOLLAH QUI N'A PAS FINI ENCORE LA DESTRUCTION TOTAL DE NOTRE PAYS. ATTENDONS DONC.

Gebran Eid

12 h 25, le 15 août 2013

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Commentaires (2)

  • DONC ON A COMPRIS ENFIN QUE LE DEBLOCAGE NECESSITE UNE ENTENTE ENTRE L'ARABIE SAOUDITE ET LA REPUBLIQUE ISLAMIQUE IRANIENNE....ET LE NOUVEAU CRU TAYMOUR QUI S'EN OCCUPE POUR REGLER CETTE ENTENTE ! ON A QU'A ATTENDRE ALORS CET ENVOYÉ TRÈS SPECIALE, CE GRAND FUTUR CHEF QUI NE PEUT QU'IMITER SON PÈRE WALID ET SON GRAND PÈRE KAMAL QUI ONT TOUS LES DEUX TRAHIT LEUR PAYS CHACUN À SON TOUR. KAMAL NOUS A AMENÉ SLEIMAN FRANGIEH QUI A SACCAGÉ LE PAYS ET WALID NOUS A AMENÉ HEZBOLLAH QUI N'A PAS FINI ENCORE LA DESTRUCTION TOTAL DE NOTRE PAYS. ATTENDONS DONC.

    Gebran Eid

    12 h 25, le 15 août 2013

  • CROIT-ON VRAIMENT POUVOIR RÉSOUDRE LES PROBLÈMES DU PAYS SANS DIALOGUE ET SANS ENTENTE ? SI LES RÊVES SONT PERMIS... LES ILLUSIONS NE LE SONT PAS !

    SAKR LOUBNAN

    08 h 17, le 15 août 2013

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