Le chef de l’État en compagnie du Premier ministre désigné, hier, à Beiteddine. Photo Dalati et Nohra
Des propos tenus par M. Salam il ressort que la naissance du nouveau gouvernement n’est pas prévue pour les tous prochains jours, comme le laissaient entendre les informations filtrées à la presse, selon lesquelles un cabinet de fait accompli « neutre », ou de « non-partisans », verrait le jour sous peu. C’est que, entre-temps, le Hezbollah a eu recours à sa méthode d’action privilégiée en pareilles circonstances, orchestrant une campagne soutenue d’intimidation et de menaces, mettant en garde contre tout cabinet de fait accompli (voir par ailleurs l’éclairage de Philippe Abi-Akl).
À sa sortie du palais de Baabda, M. Salam a donc fait la déclaration suivante : « Le climat général dans le pays ainsi qu’au niveau de la population et du citoyen libanais constitue un facteur de pression en faveur de la formation du gouvernement, d’autant que le vide au sein du pouvoir exécutif est contre-productif à la lumière de la conjoncture instable qui sévit dans le pays et dans la région. Il existe une impression selon laquelle le gouvernement verrait le jour aujourd’hui, demain ou après-demain. Mais cette impression est imprécise. Je perçois chez les gens une forte volonté sur ce plan (en faveur de la formation rapide du gouvernement), mais dans le même temps, nous devons faire preuve d’un sens de responsabilité dans la mission qui nous a été confiée. »
« Je ne veux pas faire preuve d’aventurisme ou de précipitation, a déclaré M. Salam. Je veux réaliser quelque chose qui soit utile pour le pays. Oui, il est nécessaire de mettre sur pied un gouvernement qui plancherait sur les préoccupations des gens, en s’éloignant autant que possible de la tension et de la méfiance entre les factions politiques. » Évoquant les slogans de gouvernement neutre ou de fait accompli, M. Salam a déclaré : « Tout gouvernement qui sera formé aura pour principal souci de faire preuve de réalisme. Depuis le premier jour où j’ai été désigné, je ne me suis pas départi du réalisme. J’ai toujours tenu à faire preuve de réalisme, même dans les critères que j’ai fixés pour la formation du gouvernement. Depuis le début, j’ai été clair au sujet de mon refus du tiers de blocage, car j’ai la conviction qu’un gouvernement ne peut pas s’engager dans sa mission sur base du blocage. »
M. Salam a défendu en outre une nouvelle fois le principe de l’alternance dans la répartition des portefeuilles. « J’ai la conviction que les ministères ne peuvent pas être la chasse-gardée d’une faction ou d’une communauté, a-t-il souligné sur ce plan. J’ai également souligné que le gouvernement ne devrait pas regrouper des ministres qui soient perçus comme un défi (à la faction adverse), car nous ne voulons pas de barricades au sein du gouvernement. Les expériences passées sur ce plan n’ont pas été positives. Ces critères ne sont pas les miens, ils ne visent pas à me permettre d’enregistrer des acquis à moi, à un parti, à une faction ou un bloc parlementaire. D’ailleurs, je n’ai ni parti ni bloc parlementaire. J’ai mon indépendance et j’ai ma liberté de mouvement, car j’ai été désigné par 124 députés, et j’estime que cette désignation devrait être perçue à sa juste valeur. »
En conclusion, M. Salam a rendu hommage au président Michel Sleiman, mettant l’accent sur l’importance de la collaboration qui s’est instaurée entre eux.
Répondant ensuite aux questions des correspondants de presse, M. Salam a souligné que dès le premier jour de sa désignation, il a souligné qu’il était « neutre » et qu’il était au service de « tous les Libanais » et à « égale distance de toutes les factions politiques ». Et de préciser sur ce plan : « Lorsque l’on parle de gouvernement ayant un caractère neutre, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que les ministres ne devraient pas être partisans ou être engagés envers une faction politique précise. Cela signifie que leur engagement doit être envers le pays et l’intérêt public. Cela signifie qu’ils ne doivent être redevables à personne, mais être redevables à leur pays en misant leur action sur leurs compétences sans avoir à se référer à des forces politiques déterminées. »
En réponse à une question, M. Salam a par ailleurs souligné que « chaque partie a le droit de formuler des requêtes, mais moi aussi, en tant que Premier ministre désigné, j’ai le droit de voir où se trouve l’intérêt du pays (...) et à œuvrer donc pour la formation d’un gouvernement d’intérêt national ». Et de conclure : « Le moment venu, nous affronterons les faits en ayant recours à un gouvernement non pas de fait accompli, mais un gouvernement basé sur les faits. Le fait accompli est ce qui nous est imposé, alors que les faits, ce sont ceux avec lesquels nous interagissons afin de consolider notre pays. Les faits, c’est ce qui représente l’intérêt du pays. »


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YÂ SALÂM, ÄALA MAHLAK YÂ TAMMÂM SALÂM !
23 h 56, le 15 août 2013