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Nos lecteurs ont la parole

Hassan Kawas : le droit et la droiture

Antoine MESSARRA
Notre compagnon, dès les premiers temps, dans les années 1980, dans le combat pour la paix civile et la mémoire, à la Fondation libanaise pour la paix civile permanente, le grand magistrat Hassan Kawas, est parti à un moment où de grands soucis et des déboires préoccupent le corps judiciaire, pilier de l’État de droit.
Hassan Kawas associe parfaitement et intègre, dans sa pensée et tous ses comportements, le droit et la droiture.
Il doit en être ainsi, naturellement, spontanément, pour toute personne chargée de rendre la justice, et pour que la justice soit effectivement rendue, donc sans subordination, discrimination, atermoiement, retard, instrumentalisation.
Le droit, son enseignement dans les facultés et son exercice, à tous les niveaux, semble aujourd’hui avoir perdu sa boussole de la droiture. Sauf chez des magistrats comme Hassan Kawas, de grands maîtres, doctrinaires et jurisconsultes pour qui le droit n’est pas réductible au contentieux, même le plus difficile, mais est l’expression et le garant de la paix sociale, de l’humanisme des droits de l’homme, de la démocratie dont la finalité est l’homme et non la seule compétition électorale et interélite et les lois du marché.

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Chargé de gros dossiers pénaux, Hassan Kawas était foncièrement et toujours opposé à la peine de mort. Il a vécu dans la douleur, mais sans démission, les débuts, banalisés dans les débats publics et télévisés, de l’assurance impunité à l’encontre d’actes terroristes. Il a épluché des dossiers difficiles, dont celui de l’attentat, au début des guerres multinationales au Liban, tout près d’un barrage armé bien identifié, contre une grande figure du Liban.
Le silence – « seul le silence est grand » – qu’il a gardé est celui de la fermeté, du refus, et non de la connivence, du positionnement ou de la démission. Ce silence est devenu ensuite fort bruyant, car la vérité du crime et la couardise des criminels éclatent au grand jour.

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Hassan Kawas est-il sunnite, chiite, maronite... ? Je ne me suis jamais posé la question.
D’où l’engagement de Hassan Kawas, aux pires moments des barricades et des démarcations, armées et aussi mentales, à la création et aux programmes, durant plus de trente ans, de la Fondation libanaise pour la paix civile permanente.
Hassan Kawas est un homme de droit et de droiture, de foi, de bonté, de justice humaine, d’amour. Il est la synthèse du Liban convivial qu’il a partagé avec chacun de nous. Son départ est une exhortation à la gratitude et à la fidélité.

Antoine MESSARRA
Membre du Conseil constitutionnel
Fondation libanaise pour la paix civile permanente
Notre compagnon, dès les premiers temps, dans les années 1980, dans le combat pour la paix civile et la mémoire, à la Fondation libanaise pour la paix civile permanente, le grand magistrat Hassan Kawas, est parti à un moment où de grands soucis et des déboires préoccupent le corps judiciaire, pilier de l’État de droit.Hassan Kawas associe parfaitement et intègre, dans sa pensée et tous ses comportements, le droit et la droiture.Il doit en être ainsi, naturellement, spontanément, pour toute personne chargée de rendre la justice, et pour que la justice soit effectivement rendue, donc sans subordination, discrimination, atermoiement, retard, instrumentalisation. Le droit, son enseignement dans les facultés et son exercice, à tous les niveaux, semble aujourd’hui avoir perdu sa boussole de la droiture. Sauf chez des...
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