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Moyen Orient et Monde - Corruption/Justice

L’Algérie se lâche contre un ex-ministre tout-puissant

L’Algérie a décidé de frapper un grand coup dans une lourde affaire de corruption dénoncée à l’étranger contre sa société publique des hydrocarbures, Sonatrach, allant jusqu’à lancer un mandat d’arrêt international contre un de ses ex-ministres, une première.
Tout-puissant sur l’échiquier politique et diplomatique de l’Algérie il y a encore cinq ans, l’ex-ministre de l’Énergie Chakib Khelil est désormais ciblé par son propre pays. Camarade de lycée du président Abdelaziz Bouteflika, Chakib Khelil, 74 ans, son épouse et ses deux fils sont recherchés pour « corruption, abus de fonction et appartenance à un réseau criminel international ». Farid Bedjaoui, largement cité dans la presse ces dernières semaines, tant algérienne qu’italienne, serait l’homme-clé de M. Khelil. Il aurait été l’intermédiaire dans le versement de commissions de la Saïpem, filiale de l’italienne ENI, pour l’obtention de contrats pétroliers en Algérie. Selon la presse italienne, 123 millions de dollars de commissions auraient été déposés sur des comptes à Singapour et Hong Kong contrôlés par M. Bedjaoui. Il est sur la liste des mandats internationaux algériens mais aussi sur celle du parquet de Milan. L’homme de paille, qui serait installé à Dubaï avec un passeport français, devrait être extradé vers son pays d’origine, selon la loi internationale.
Sur un total de 22 accusés, deux sont des entreprises, l’italienne Saïpem, objet d’une enquête en Italie pour des pots-de-vin versés entre 2007 et 2009 en échange de sept contrats en Algérie évalués à plusieurs milliards de dollars, et la société Orascom de l’Égyptien Naguib Sawiris. Pour ce dernier, le procureur n’a pas fourni de précisions, mais il a qualifié l’ensemble de l’affaire de « véritable pieuvre qui a ses tentacules partout ». Les mandats d’arrêt internationaux ont pris effet il y a deux semaines et l’enquête n’en est encore qu’à ses débuts, selon la même source.

La presse
Toute la presse algérienne fait ses choux gras de ce coup de poing avec des photos en une de l’ex-ministre et PDG de la Sonatrach que les journalistes considéraient jusqu’à présent comme un protégé du système, mais elle fait peu de commentaires sur le fonds de l’affaire. Dans un rare éditorial, Liberté se félicite de la prompte réaction de la justice algérienne, mais il déplore que l’Algérie soit « à la traîne dans le domaine de la communication. Si la justice italienne, partie prenante dans ce grand dossier de corruption, n’avait pas communiqué, il était fort à parier que le secret de l’instruction serait tenu chez nous », lit-on encore. De son côté, le procureur avait insisté lundi sur le fait que l’Algérie n’avait pas attendu que la justice italienne enquête pour la suivre.
Le 10 février dernier, le parquet d’Alger a ouvert l’affaire « Sonatrach II » en ordonnant une enquête sur les contrats passés entre le géant ENI et Sonatrach. L’actuel ministre de l’Énergie, Youcef Yousfi, avait promis de se montrer « inflexible » envers toute personne impliquée. Avant lui, le président Abdelaziz Bouteflika avait affirmé en mars que l’État « n’hésitera pas à demander des comptes à toute personne coupable aux yeux de la loi ».
Le mandat d’arrêt contre M. Khelil est lancé alors que ce dernier est immobilisé depuis près de quatre mois des suites d’un AVC. M. Khelil, détenteur d’un passeport américain, se trouve aux États-Unis avec sa famille rappellent les journaux ; le mandat d’arrêt international lancé contre lui ne devrait donc pas l’inquiéter car ce pays n’extrade pas ses ressortissants. La presse algérienne ne pouvait s’empêcher d’établir un parallèle avec Rafik Khalifa, le magnat algérien à la tête d’un empire qui a fait faillite en 2003. Condamné à la perpétuité en Algérie, il n’a toujours pas été extradé de Grande-Bretagne grâce à des procédures judiciaires très longues.

(Source : AFP)
L’Algérie a décidé de frapper un grand coup dans une lourde affaire de corruption dénoncée à l’étranger contre sa société publique des hydrocarbures, Sonatrach, allant jusqu’à lancer un mandat d’arrêt international contre un de ses ex-ministres, une première. Tout-puissant sur l’échiquier politique et diplomatique de l’Algérie il y a encore cinq ans, l’ex-ministre de l’Énergie Chakib Khelil est désormais ciblé par son propre pays. Camarade de lycée du président Abdelaziz Bouteflika, Chakib Khelil, 74 ans, son épouse et ses deux fils sont recherchés pour « corruption, abus de fonction et appartenance à un réseau criminel international ». Farid Bedjaoui, largement cité dans la presse ces dernières semaines, tant algérienne qu’italienne, serait l’homme-clé de M. Khelil. Il aurait été...
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