Aux termes de cette décision, l’ex-dirigeant du groupe pétrolier Ioukos sortira de prison en août 2014. Le père de M. Khodorkovski, Boris, s’est dit déçu. « Deux mois, c’est vexant pour le pays entier », a-t-il déclaré. La défense des deux hommes, qui réclamait l’annulation de la deuxième condamnation et leur libération « immédiate », a déclaré qu’elle allait faire appel.
Justice sélective
Profitant de ce nouveau procès, M. Khodorkovski a violemment critiqué l’utilisation des forces de l’ordre russes pour lutter contre les opposants du régime. « Depuis l’affaire Ioukos, le parquet et le comité d’enquête sont devenus avec la télévision les principaux instruments de la politique intérieure », a-t-il lancé. « Le résultat est à mon avis catastrophique. Ce sont des procès retentissants et politiquement motivés comme le mien qui ouvrent la voie à une justice sélective et absurde », a-t-il insisté.
La justice russe est régulièrement accusée par les défenseurs des droits de l’homme de délivrer des jugements basés sur des motivations politiques, comme lorsqu’elle a condamné en 2012 les membres du groupe Pussy Riot pour une « prière punk » contre Vladimir Poutine ou le mois dernier l’opposant Alexeï Navalny pour une escroquerie, une affaire selon lui fabriquée.
« Les décisions de justice injustes sont devenues l’un des principaux détonateurs des protestations » contre le régime du président Vladimir Poutine, a observé M. Khodorkovski.
Fin juillet, il a remporté une victoire symbolique contre Moscou à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), son premier procès ayant été jugé « inéquitable » par les juges de Strasbourg.
La CEDH n’a toutefois pas reconnu la motivation politique de cette condamnation.
Malgré cette décision prise à Strasbourg, les médias russes évoquent ces dernières semaines la possibilité d’un troisième procès contre M. Khodorkovski, les télévisions proches du pouvoir ayant diffusé des documentaires insinuant que l’ex-oligarque était responsable de l’assassinat en 1998 du maire d’une petite ville de Sibérie occidentale.
Avant son arrestation, M. Khodorkovski, outre un lobbying intense des intérêts de Ioukos au Parlement, finançait l’opposition russe et une puissante fondation dédiée au développement de la société civile.
Ses ennuis judiciaires avaient coïncidé avec la volonté affichée par Vladimir Poutine, arrivé au pouvoir en 2000, de mettre au pas les « oligarques » très influents au Kremlin dans les dernières années de la présidence de son prédécesseur Boris Eltsine.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine