Les lapalissades de ce collègue m’ont laissé pensif. Si nous revenons à nos fondamentaux, la loi du plus fort n’est-elle pas toujours la meilleure? Dans l’absolu et face aux événements qui secouent actuellement la région, nous faisons nôtre ce dicton, qui n’a jamais perdu de son actualité.
Utiliser sa force contre quelqu’un ou un groupuscule qu’on sait plus faible est un signe de faiblesse psychologique certaine. C’est de l’abus. Mais qui ose encore parler d’abus de nos jours? Le monde condamne, le monde exhorte, le monde critique, mais n’agit pas. La manière reste très diplomatique. Nous sommes contre, mais pas pour la lutte (armée). Nous sommes pour la liberté, mais pas dans l’absolu. Donc la communauté internationale condamne. Il est aisé de faire de longs discours sur les mille et une façons pacifiques de régler des conflits. L’ONU est fière d’agir pour la paix dans le monde et l’Union européenne réagit violemment face aux exactions politiques et militaires. C’est un peu comme si on disait à un employé qu’il travaille mal sans lui indiquer les points à corriger ou, du moins, comment les corriger.
Je ne suis pas pour ou contre les parties en conflit. Mais il faut trouver une solution claire, qui sauverait et les uns et les autres. La provocation, les aides extérieures (peu importe d’où elles proviennent) et les belles paroles n’y feront rien. Nous sommes loin d’un compromis pacifique qui contenterait les parties. Ces dernières, campant sur leurs positions, s’automutilent. C’est désolant.
Trouver un régime adéquat pour un pays représente un véritable casse-tête. Les révolutions arabes l’ont prouvé. Les peuples ont cru au bonheur en élisant des personnes qui les sauveraient de la misère et de la corruption. Cruelle désillusion! L’état des lieux donne à réfléchir. A-t-on vraiment trouvé la bonne solution lorsqu’on a laissé choir des régimes qui gouvernaient en recourant à l’usage de la seule force? Quel régime choisir pour un pays complètement disloqué? Faut-il privilégier le principe du parti unique ou le multipartisme? Et dans un cas ou l’autre, l’avenir serait-il vraiment plus rose?
La force ne sert a rien. Il faut pouvoir discuter et savoir comment le faire. L’homme est doué de raison, même s’il existe des choses qui dépassent son entendement. Cependant la force n’est pas signe de grandeur; elle marquerait plutôt le début de la chute, une décadence absolue. Les exemples sont nombreux dans l’histoire mais hélas, les peuples et les dirigeants ne comprennent pas, ou bien, pis, ne veulent pas comprendre.
La raison du plus fort est toujours la meilleure. C’est du moins ce que prétendait ce bon Monsieur de La Fontaine. Et telle est la cruelle vérité à laquelle nous sommes confrontés. Mais il faut savoir la dépasser. Car, au final, nous seuls savons comment gérer notre avenir. Nous et non pas ceux qui veulent assouvir leur soif de pouvoir et qui nous abreuvent d’idées souvent erronées.
Jean-Paul MOUBARAK

