À Sidi Bouzid, des manifestants ont réclamé hier la chute du gouvernement. Fethi Belaid/AFP
Les autorités ont par le passé annoncé de multiples calendriers électoraux qui n’ont pas été respectés et
M. Larayedh promettait jusqu’à présent un scrutin avant la fin 2013. Le gouvernement est l’objet d’une contestation grandissante depuis l’assassinat jeudi du député de gauche Mohammad Brahmi, second opposant à être tué par balles après Chokri Belaïd, abattu le 6 février 2013. Ce premier assassinat avait provoqué des troubles en Tunisie et abouti à la chute du premier gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda. Concernant la mort de Mohammad Brahmi, M. Larayedh a dénoncé un acte de « terrorisme », mais « fustigé ceux qui ont instrumentalisé ce drame pour des intérêts partisans étroits appelant à la chute du gouvernement ». Il s’est néanmoins dit « ouvert au dialogue » avant d’appeler « tous les Tunisiens, partis, associations, (à) éviter de se laisser entraîner dans des appels vers l’inconnu, le chaos et la violence ».
Mais l’un des partenaires laïques d’Ennahda, le parti Ettakatol, a indiqué tenir une réunion dans la nuit d’hier pour prendre « une décision relative à la crise et au retrait d’Ettakatol du gouvernement », selon le porte-parole de la formation, Mohammad Bennour. La très puissante syndicale UGTT, qui revendique 500 000 membres, devait aussi arrêter dans la nuit sa position quant à la crise politique qui déstabilise la Tunisie. La centrale est en effet capable de paralyser le pays comme lors des grèves générales de 24 heures suivies après les assassinats de Brahmi et Belaïd. Les députés d’opposition, dont une soixantaine ont annoncé boycotter les réunions de l’ANC pour obtenir sa dissolution, ont de leur côté appelé à une quatrième nuit de manifestation devant le siège de l’Assemblée hier à partir de la rupture du jeûne du ramadan au coucher du soleil. À l’aube hier, la police est intervenue pour séparer à cet endroit opposants et partisans du gouvernement. L’intervention a été moins musclée que celle de la nuit précédente, mais un député, Noomane Fehri, a été blessé par des policiers et est actuellement hospitalisé, selon son témoignage diffusé à la télévision.
Hier matin, à Sidi Bouzid, ville natale de Brahmi, la police a aussi tiré du gaz lacrymogène pour disperser des manifestants réclamant la chute du gouvernement, selon un correspondant de l’AFP. Cette ville, berceau de la révolte de 2011, a entamé samedi un mouvement de désobéissance encadré par le Front populaire (gauche et nationalistes) et la section régionale de l’UGTT. Comme les proches de Belaïd auparavant, la famille de Brahmi accuse directement Ennahda d’être responsable de sa mort. Les autorités ont affirmé que la même arme a servi à tuer les deux hommes et désigné les auteurs comme étant des salafistes jihadistes proches d’Ansar Ashariaa, des accusations rejetées par ce groupuscule. Le principal suspect est « manifestement » un Franco-Tunisien, Boubakeur el-Hakim, condamné à sept ans de prison assortis d’une période de sûreté des deux tiers, a indiqué une source française qui suit le dossier.
Par ailleurs, la justice a prononcé hier un non-lieu pour la Femen tunisienne Amina Sbouï pour des faits d’outrages envers des gardiennes de prison, mais elle reste en détention pour avoir inscrit le mot Femen sur le mur d’un cimetière, selon son avocat.
(Sources : agences)


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