« Bien évidemment, nous demandons à la France un soutien politique total, un soutien diplomatique, une aide humanitaire d’urgence et une aide militaire et autres », a déclaré M. Jarba à quelques journalistes, à l’issue d’une audition à huis clos devant une commission de l’Assemblée nationale. « Nous travaillons avec nos amis européens et américains pour qu’ils nous donnent une aide technique, médicale et humanitaire et nous espérons aussi une aide en armes et en munitions », a renchéri le général Sélim Idriss, chef de l’Armée syrienne libre, selon lequel la rébellion qui combat le régime du président Bachar el-Assad n’a « pas assez » d’armes.
Arrivé hier à la mi-journée à Paris, M. Jarba était également accompagné de deux des trois vice-présidents de la Coalition, Souheir Atassi et Mohammad Farouk Tayfour. Cet après-midi, il sera reçu au palais de l’Élysée par le président François Hollande. Alors que les pays occidentaux redoutent de faire parvenir à l’opposition syrienne des armes qui pourraient tomber dans les mains de groupes liés à el-Qaëda, M. Jarba tente de les convaincre que la Coalition, qui a intégré des composantes laïques et des personnalités indépendantes, est une structure sur laquelle ils peuvent compter. « Nous entamons une nouvelle phase au sein de la Coalition. Il y a désormais le Courant démocrate de Michel Kilo ainsi qu’un nombre important de femmes et un groupe représentant l’Armée syrienne libre (...). Jamais l’opposition n’a été aussi unifiée qu’aujourd’hui », a défendu M. Jarba. Après la France, il se rendra aux Nations unies pour y rencontrer vendredi les membres du Conseil de sécurité, mais le général Idriss ne figurera pas dans la délégation et aucune visite à Washington dans la foulée n’est prévue, ont précisé les deux dirigeants.
Les Nations unies ont de leur côté été informées de 13 attaques chimiques présumées lors du conflit syrien, a déclaré hier l’émissaire de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry, au Conseil de sécurité. Tous ces cas sont « étudiés », a-t-il assuré, soulignant par ailleurs que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon restait « extrêmement inquiet » face aux informations faisant état de l’utilisation d’armes chimiques dans le conflit.
Yarmouk
Sur le terrain, hélicoptères et avions de combat syriens ont mené hier de nombreux raids au-dessus de différentes régions du pays, alors qu’au sol les combats faisaient rage entre rebelles et soldats à Damas et ses alentours, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Cette ONG a précisé que ces raids avaient fait cinq morts à Tabqa dans la province de Raqqa, et six autres – dont deux femmes et trois enfants – dans la localité de Sermine dans le gouvernorat d’Idleb. L’armée de l’air a également bombardé des zones des provinces de Deraa, de Homs et d’Alep, notamment Khan el-Assal, tombée lundi aux mains des rebelles, ainsi que celle de Damas, où sept personnes, dont deux enfants, ont été tuées, selon l’OSDH. En outre, cinq personnes sont mortes sous les bombardements de l’artillerie à Douma, dans la banlieue nord-est de Damas. Dans la capitale même, les troupes ont poursuivi leur pilonnage du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk « où se déroulaient des combats opposant les rebelles aux troupes du régime et aux comités populaires prorégime », selon l’OSDH. Elles ont également bombardé les quartiers de Qadam et de Hajar al-Aswad, dans le sud, de Jobar, de Barzé et de Qaboune, au lendemain de violences qui avaient fait près de 160 morts à travers le pays.
Les Kurdes progressent
Dans le nord du pays, les combattants kurdes ont également effectué des avancées, chassant des groupes jihadistes de plusieurs villages. Des combats ont ainsi eu lieu dans plusieurs villages mixtes de la province de Raqqa, à la frontière avec la Turquie, dont Yabseh, Kandal ou Jalbeh, a indiqué l’OSDH, qui affirme aussi que les Kurdes ont chassé les jihadistes des villages de Kour Hassou, Atwane, Sarej et Khirbet Alou dans la même zone, proches de la ville majoritairement kurde de Cobany. Plus à l’est, dans la province de Hassaké à majorité kurde, des combats entre des Kurdes et des membres du front jihadiste al-Nosra ou de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe lié à el-Qaëda, se sont poursuivis pour la septième journée consécutive, a indiqué l’Observatoire. Le Front al-Nosra et l’EIIL ont été expulsés il y a une semaine de la ville kurde de Ras al-Aïn, point de passage stratégique entre la Turquie et la Syrie, par des combattants des Comités pour la protection du peuple kurde (YPG), la branche armée d’une émanation syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Depuis, les violences se sont répandues de la province de Hassaké vers plusieurs points chauds dans la province de Raqqa. « Nous observons l’extension des combats entre Kurdes et jihadistes vers l’ouest, via des zones où cohabitent des communautés kurdes et arabes », a souligné le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Même si les heurts concernent des groupes jihadistes et des combattants kurdes, « le fossé se creuse (aussi) entre les habitants arabes et kurdes de ces zones », a ajouté M. Abdel Rahmane. « La bataille évolue d’un combat entre YPG et jihadistes vers une lutte plus générale entre Kurdes et Arabes », a-t-il expliqué. Avant le début du soulèvement contre le président Bachar el-Assad en mars 2011, les Kurdes étaient très marginalisés – l’une des premières mesures consenties par M. Assad au début de la contestation avait été d’octroyer la nationalité syrienne à partie d’entre eux, qui en était privée. À partir de mi-2012, les forces de M. Assad se sont retirées des zones kurdes, laissant des conseils kurdes locaux les prendre en main. Ces changements ont fait remonter à la surface une méfiance profondément ancrée entre les deux communautés, exacerbée par l’incapacité de l’opposition syrienne à faire une place à des représentants de mouvements kurdes au sein de ses instances, ont indiqué des militants.
Enfin, au niveau humanitaire, le secrétaire d’État américain John Kerry, qui s’est rendu la semaine dernière dans le camp de réfugiés syriens de Zaatari, dans le nord de la Jordanie, où vivent quelque 115 000 personnes, a promis hier à Washington des discussions « en profondeur » pour tenter de résoudre les problèmes liés à l’aide humanitaire en Syrie, à l’ouverture d’une réunion au département d’État avec des représentants de l’ONU et d’ONG.
(Sources : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
PLUS UNIFIÉE QUE JAMAIS ! ILS S'ENTRETUENT À COUPS D'EMBRASSADES !!!
09 h 38, le 25 juillet 2013