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Michel Moukarzel, architecte de la dynamique

Rencontre Du haut de ses 27 ans et à travers son regard clair, le jeune architecte Michel Moukarzel a développé, pour sa thèse de master, un principe structural de la « Tenségrité », domaine méconnu de la structure dans lequel il conçoit des formes à utiliser dans le cas de séismes ou autres catastrophes naturelles. Explications.
Carla Henoud | OLJ
22/07/2013

C’est avec un BE en génie mécanique de l’AUB, suivi d’un MSC en technologies émergeantes et design, décroché avec honneur à la prestigieuse Architectural Association de Londres, que Michel Moukarzel a trouvé sa voie, unissant son intérêt pour les formes avec celui pour les fonctions. Nourri par de longues discussions, souvent philosophiques, avec son père architecte, sur le sujet et tout ce qui s’y rattache, il a vite su et compris ce qu’il voulait faire. Ajoutez à cela sa passion pour le bricolage, qu’il a développée en même temps que l’écriture et le dessin-gribouillage, et l’enfant est fidèle à l’adolescent et le futur adulte. Ou vice-versa. Pour lui, une construction n’est pas juste «un bibelot, une enveloppe; il faut, poursuit-il, que cette enveloppe soit à la fois structurelle et esthétique. Qu’elle porte le bâtiment dans la complexité de ses fonctions, comme cela se fait dans les tours high-tech». Durant son master, le jeune homme au sourire craquant souligne qu’il a travaillé sur un algorithme, «une logique, un langage, une programmation devenue un outil pour fabriquer des formes». Une manière claire et efficace d’adapter sa vision et ses objectifs.


Après avoir obtenu son diplôme, Michel passe deux ans à Londres auprès de la compagnie Building Design Partnership qui s’est chargée, entre autres, de la construction de l’ABC Achrafieh. Fort de son expérience et désireux de rentrer au Liban y construire une vie personnelle et professionnelle, il crée MSSM Associates avec 3 amis, un Indonésien, un Chypriote et un Koweïtien. Le même groupe de travail à la fac, Michel Moukarzel, Mohammad Makki, Revano Satria et Pavlos Schizas, qui ont tous réussi avec brio, et quatre bureaux: au Liban, au Koweït, en Indonésie et à Chypre. Une unité dans l’envie de développer de nouvelles technologies et partager des innovations, et une vision personnelle et culturelle qui enrichit le quatuor. Aujourd’hui, Michel Moukarzel souhaite développer ses projets au Liban, créer un noyau d’architectes intéressés par la haute technologie et ses avancées, et animer des séminaires pour partager ses connaissances. Mais surtout, aujourd’hui, il est venu parler de «Tenségrité».

Écologie et catastrophes
Son grand et large folio déployé sur le bureau, des croquis, schémas et autres courbes à l’appui, et voilà l’architecte-inventeur parti dans une explication passionnée sur son projet, en précisant: «J’en parle surtout pour lui rendre l’hommage qu’il mérite, en attendant de pouvoir le pousser plus loin.» À partir d’un segment et de deux câbles formant un triangle, Moukarzel a créé une structure adaptable sur des terrains difficiles d’accès, notamment après des catastrophes naturelles.


«L’objectif est, dit-il, de réussir dans l’urgence et malgré les risques de glissement de terrains, à porter secours aux zones reculées et inaccessibles par voies véhiculaires, en installant des camps de secours temporaires, au moyen de structures modulaires et adaptables aux différentes exigences fonctionnelles et aux configurations particulières des sites.» Un même module de base selon le principe structural de la «Tenségrité», inspiré par un procédé en barres et câbles inventé par l’architecte et designer visionnaire Buckminster Fuller en 1949, qui présente «un ratio optimal d’espace par rapport au poids des matériaux, et a une morphologie comparable à celle du squelette humain, où les membres en compression sont rigides et les membres en tension sont flexibles». Michel Moukarzel a réalisé, à partir de son module de base, des tentes qui, pour faire simple, se multiplient, devenant ainsi, selon le besoin, un pont pouvant supporter des véhicules, un hôpital de campagne, un centre de secours, une tente d’habitation de 24 m2 ou encore un lieu de prière. Une fois l’urgence réglée, la tente se replie en sac à dos et peut être réutilisée dans d’autres situations similaires. «Un camp de secours pourrait ainsi être entièrement réalisé à partir de ces segments de base en fibre de carbone de dimension unique, explique-t-il. La résistance des structures est très élevée, elle permet au camp de résister à un ouragan de catégorie 3. Il est même possible de rajouter des bâches modulaires en cas de pluie.»


En attendant de pouvoir développer ce projet, l’architecte envisage de construire dans son bureau un pavillon à l’échelle 1/1, qui sera, s’il le fallait, un argument convaincant et, en tous les cas, un bel hommage à son projet.

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