La puissante explosion s’est produite à l’intérieur de la mosquée Abou Bakar Sadiq, dans la petite ville de Wajihiyah, dans la province de Diyala. Le kamikaze a fait exploser sa ceinture d’explosifs au moment où l’imam s’adressait aux fidèles avant le rituel des prières, selon un colonel de police. Le bilan des morts, donné de source sécuritaire, a été confirmé par un médecin à l’hôpital de Baaqouba.
« J’étais assis près de la porte d’entrée lorsqu’il y a eu une énorme explosion qui a tout fait sauter en l’air. Je n’ai rien ressenti jusqu’à ce que je me retrouve sur ce lit d’hôpital », a déclaré Sinan Ghaleb, blessé à la jambe. « J’étais assis près de l’imam et la mosquée était pleine de monde. Il y a eu une grosse explosion et tout est devenu noir », a raconté pour sa part Omar Moudhir, également blessé aux jambes.
Baaqouba et ses environs ont été la cible de multiples attentats ces derniers jours, dont l’un a fait trois morts mercredi parmi des enfants qui se baignaient dans une rivière. Dans la ville proche de Mouqdadiya, quatre personnes avaient péri et 15 avaient été blessées mardi soir lorsqu’une bombe avait explosé devant une mosquée sunnite à l’issue de la cérémonie des prières. Ces nouvelles violences portent à plus de 450 le nombre de tués depuis début juillet en Irak et à plus de 2 700 depuis le début de l’année.
Les mosquées, aussi bien sunnites que chiites, sont de plus en plus fréquemment visées par des attentats. Dans certaines mosquées sunnites de Bagdad, les prières du soir pour le ramadan ont d’ailleurs été écourtées de 45 à 15 minutes pour limiter les risques d’attaques, selon des fidèles.
L’Irak connaît depuis début 2013 un regain de violences qui fait craindre un retour aux sombres années du conflit confessionnel de 2006-2007. « L’Irak est à la croisée des chemins. Je ne dirais pas que nous sommes déjà dans une guerre civile, mais les chiffres ne sont pas bons », avait estimé récemment le responsable de la mission onusienne pour les droits de l’homme en Irak, Francesco Motta, en parlant du nombre croissant de victimes. « Les divisions confessionnelles se creusent et se manifestent dans le pays d’une façon encore plus dangereuse, je dirais, qu’en 2007 » lorsque la violence était à son comble, avait-il ajouté. Selon l’ONU, jusqu’à 30 000 personnes auraient péri en 2007.
(Source : AFP)


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