Les pompiers ont passé la nuit et une bonne partie de la matinée à combattre le sinistre qui a touché l’hôtel Lambert. Kenzo Tribouillard/AFP
Au nombre de ces dégâts, la ministre a cité le Cabinet des bains, peint par Eustache Le Sueur au XVIIe siècle, « car le toit s’est effondré et (il) a été entièrement détruit ». Ce Cabinet des bains, signé du « Raphaël français », comprenait une série de peintures murales et de fresques.
Datant du XVIIe siècle et classé monument historique, cet hôtel avait été racheté par le frère de l’émir du Qatar en juillet 2007 pour 60 millions d’euros. Les Qataris voulaient en faire une résidence de grand luxe avec un ascenseur à voitures, ce qui avait déclenché une polémique et une bataille judiciaire. Après près de trois années de bataille, le projet avait été amendé et finalement validé par un accord préparé sous la médiation du ministère de la Culture et de la mairie de Paris. La rénovation était donc en cours depuis plus de trois années, mais elle vient d’être sérieusement compromise par le violent incendie parti des toits. « C’est vraiment une catastrophe car nous nous sommes battus pour que les fresques de la galerie Hercule soient conservées dans le projet de rénovation, et là tout est parti en fumée ou bien noyé sous les eaux », s’est désolée Sophie Pons, sur le trottoir une bonne partie de la nuit comme plusieurs autres voisins.
À l’époque du rachat, c’est notamment l’association Paris Historique qui s’était fortement opposée au propriétaire. Son combat avait permis l’abandon de l’ascenseur pour voitures, et la construction d’une salle de bains dans le cabinet de Jean-Baptiste Lambert où se trouve une cheminée XVIIIe avait été écartée, et le plafond historié et peint conservé. La galerie Troubadour du XIXe siècle, témoignage du passage de la famille polonaise Czartoryski dans l’hôtel Lambert, devait également être préservée, les décors et la cheminée dissimulés sous des cloisons réversibles.
L’achat de cet hôtel s’inscrivait dans la politique d’investissements des Qataris en France. Immobilier de prestige, fleurons de l’industrie ou encore escapades dans le monde du sport, les investisseurs du Qatar ont multiplié ces dernières années leurs emplettes sur le territoire français, avec un goût prononcé pour des joyaux nationaux. Le tableau de chasse est déjà impressionnant : les grands magasins Printemps, des participations dans les groupes Total, Vivendi, Lagardère, Vinci, Veolia Environnement et LVMH. Selon le ministère français des Affaires étrangères, le Qatar a investi au moins plus de 11 milliards d’euros en France en cinq ans.
(Source : AFP)


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Bon je vais reformuler. Je disais simplement que le nouveau propriétaire, bédouin ignare, voulait au départ détruire les fresques et peintures murales, ce à quoi l'Etat français s'était bien entendu opposé. Et j'ajoutais que de là à penser qu'il ait volontairement mis le feu au monument pour détruire définitivement ces chefs-d'oeuvre historiques, il n'y a qu'un pas que j'ose franchir. Là j'ai vraiment reformulé en essayant d'être très poli (sourire).
18 h 00, le 12 juillet 2013