Le président français François Hollande et son homologue tunisien Moncef Marzouki. Fethi Belaid/AFP
Accords tous azimuts
Si la conférence de presse des deux présidents a été largement dominée par les événements égyptiens, près d’une vingtaine d’accords ont été signés touchant au transport ferroviaire, à l’éducation, à la coopération agricole, à l’accès à l’eau et à l’environnement. M. Hollande devait aussi rencontrer dans l’après-midi le chef du gouvernement Ali Larayedh, issu du parti islamiste Ennahda. Aujourd’hui, avant de rencontrer des représentants de la société civile et de l’opposition, il prononcera à l’Assemblée nationale constituante (ANC) un « message d’encouragement » aux parlementaires qui peinent depuis octobre 2011 à doter leur pays d’institutions pérennes. En France, l’UMP a appelé M. Hollande à ne pas « cautionner » un gouvernement incapable de respecter sa « feuille de route ». Mais le président français devrait éviter toute polémique, d’autant que le soutien de la France au régime de Ben Ali sous la présidence de Nicolas Sarkozy a laissé un goût amer à de nombreux Tunisiens. D’ailleurs si François Hollande est accompagné d’une dizaine de ministres, Manuel Valls n’était pas du voyage alors que le ministre de l’Intérieur s’était attiré les foudres d’Ennahda en dénonçant la montée d’un « fascisme islamique » après l’assassinat de l’opposant tunisien Chokri Belaïd, le 6 février. Le président français a néanmoins rappelé « sans ingérence » ses « valeurs qui sont celles des droits de l’homme et donc de la femme, et d’une manière générale des principes de liberté et de pluralisme ».
La veille, plusieurs ONG l’ont appelé à plaider à Tunis en faveur d’un « système démocratique pleinement respectueux des droits humains ». Ces organisations pointent le cas du rappeur Weld El 15, condamné en première instance à deux ans ferme pour une chanson insultant la police avant de voir sa peine réduite à du sursis en appel. Elles ont aussi rappelé qu’un militant athée purge une lourde peine pour avoir partagé des caricatures anti-islam sur Internet et que la militante féministe Amina Sbouï est détenue depuis la mi-mai pour avoir peint le mot FEMEN sur le muret d’un cimetière de Kairouan. Sur un plan plus symbolique, M. Hollande devrait s’entretenir également avec la veuve de Farhat Hached, leader nationaliste et père du syndicalisme tunisien, dont l’assassinat en 1952 a été attribué à La Main Rouge, une organisation paramilitaire active sous le protectorat français. Le président devrait aussi annoncer le maintien en 2014 de son aide à la Tunisie au niveau actuel (500 millions d’euros environ) et amorcer une conversion de la dette tunisienne pour financer des investissements.
Nidaa Tounes et... Tamarrod
Parallèlement, le parti d’opposition Nidaa Tounes, dirigé par l’ex-Premier ministre Beji Caïd Essebsi, a réclamé hier le départ du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda au lendemain de la chute du président égyptien. Ce parti réclame « la dissolution du gouvernement et la formation d’un gouvernement de salut national ». Il dénonce aussi « l’absence de légitimité » de l’équipe actuelle et « l’intransigeance du mouvement Ennahda » qui, selon lui, encourage la violence. Pour Nidaa Tounes, la rédaction de la Constitution, qui n’avance que péniblement depuis plus d’un an et demi, doit être confiée à une « commission technique ». Nidaa Tounes a indiqué avoir pris cette position en raison de la « situation actuelle aux niveaux national, régional et international », sans expressément mentionner le dossier égyptien. Beji Caïd Essebsi est l’ennemi juré d’Ennahda, bien qu’il soit crédité d’avoir organisé les élections d’octobre 2011 qui ont porté les islamistes au pouvoir.
Un peu plus tôt dans la journée, le chef du parti islamiste Ennahda Rached Ghannouchi a affirmé que son pays ne pouvait pas connaître le sort de l’Égypte. « Certains jeunes rêveurs peuvent croire qu’il est possible de rééditer en Tunisie ce qui s’est passé en Égypte, mais ce sera une œuvre vaine », a déclaré Rached Ghannouchi dans le quotidien arabe Asharq al-Awsat, soulignant que la donne en Tunisie « est différente » de celle en Égypte. « Nous avons adopté une sérieuse stratégie d’entente entre les courants islamiste et moderniste, ce qui a épargné au pays les risques de division », a-t-il assuré. De fait, un mouvement Tamarrod (rébellion) vient de lancer en Tunisie une campagne de mobilisation sur le modèle de celle de Tamarrod en Égypte. Mais comme le président Marzouki, le chef d’Ennahda a repoussé un scénario à l’égyptienne. « Notre armée nationale se tient à l’écart de la politique », contrairement à « l’Égypte qui a été gouvernée par l’armée pendant 60 ans ».
(Sources : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
"...tout en louant la transition chaotique en cours en Tunisie" ??? Ah il est fort Hollande, surtout qu'il se trompe d'interlocuteur lorsqu'il dit "...que vous puissiez accomplir avec succès la révolution que vous avez engagée" ! Hé ho, ce ne sont pas les islamistes qui ont fait la révolution, c'est le peuple, les gens "normaux" épris de liberté. Dites, les Tunisiens, vous ne voulez pas faire comme ces braves Egyptiens ? Puisque l'armée nationale se tient à l'écart de la politique, faites dégager ces crétins d'islamistes avant que ce ne soit trop tard. Le chemin de la révolution est encore long.
16 h 48, le 05 juillet 2013