Les marchés boursiers sont brutalement redescendus sur terre en juin, après avoir atteint des sommets, parfois historiques, à Wall Street.
Pour leur part, les taux d’emprunt sont largement remontés sur le marché de la dette. Et les marchés émergents ont subi des sorties massives de capitaux.
« Ce qui a affecté les marchés, c’est l’annonce de la Fed (la Banque centrale américaine). C’est ça le point important qui a entraîné la volatilité », souligne Olivier Garnier, chef économiste chez Société Générale.
Le président de la Banque centrale américaine, Ben Bernanke, a prévenu la semaine dernière qu’il pourrait ralentir ses rachats d’actifs d’ici à la fin de l’année et les arrêter mi-2014, si l’économie s’améliore.
« Le marché ne sait pas trop où il va. Il y a de l’incertitude, laquelle a un prix, la volatilité. La Fed a déclenché un mécanisme qui va perturber forcément les marchés pendant un moment », prévient René Defossez, stratégiste chez Natixis.
Le changement de politique monétaire à venir de la Fed pousse les investisseurs à prendre moins de risques. Il pourrait également avoir un impact sur l’activité américaine, puisqu’une hausse prolongée des taux d’emprunt du pays pèserait sur l’immobilier et la consommation.
Mais l’incertitude des investisseurs n’est pas simplement nourrie par la difficulté à anticiper l’action de la Fed. Le ralentissement de l’économie et la situation des banques en Chine, tout comme les problèmes récurrents de croissance et de dette en zone euro, sont toujours des menaces.
Pour autant, les analystes ne s’attendent pas à ce que les marchés renouent avec la crise. Le nouvel environnement est loin des poussées de fièvre connues notamment à l’été 2011 en pleine crise de la dette en zone euro.
« Le scénario se complique pour les investisseurs » qui « vont surtout être contraints de revoir leur stratégie » et « devraient plus se concentrer sur les perspectives économiques », souligne Aurel BGC.
Jusqu’à présent, « les annonces des banques centrales, notamment de la Fed, ont masqué les mauvaises surprises sur l’économie mondiale : la croissance chinoise patine, l’économie américaine ralentit au second trimestre, l’Europe peine à sortir de récession », explique le courtier.
« Ce n’est pas un environnement de fin du monde. On entre dans une phase de liquidités moins abondantes, mais qui resteront importantes », notamment grâce à la Banque du Japon, tempère Romain Boscher, responsable de la gestion actions chez Amundi.
De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) garde encore des cartouches en réserve et pourrait répliquer si la situation venait à se dégrader ou si un pays était en grave difficulté.
« Il faut distinguer un début de normalisation d’un mode panique. Il n’était pas normal que les marchés soient aussi calmes », ajoute M. Boscher. Selon lui, la défiance n’a touché que certaines classes d’actifs, considérées comme les plus risquées, à savoir certaines dettes émergentes et devises.
« Il y aura panique si on se rend compte que la stratégie de la Fed était prématurée et que l’économie américaine n’était pas assez solide pour se payer le luxe d’une hausse des taux sur le marché », prévient M. Defossez.
Pour l’heure, selon M. Boscher, il n’est pas exclu que les actions et les obligations puissent rebondir plus durablement. Beaucoup d’investisseurs, qui ont retiré leurs fonds ces dernières semaines par précaution, ne demanderont qu’à prendre plus de risques dès qu’une éclaircie sera entrevue.
Depuis quelques jours, les marchés retrouvent d’ailleurs un peu d’air, avec un début de rebond des Bourses et une détente des taux sur le marché de la dette des États.
(Source : AFP)


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16 h 42, le 29 juin 2013