Le palace de l’avenue Montaigne a fêté ses 100 ans fin avril. Photo AFP
Le palace de l’avenue Montaigne, qui a fêté ses 100 ans fin avril, a en effet lancé en novembre des travaux pour connecter au bâtiment historique quatre immeubles mitoyens acquis récemment, soit environ 5 500 nouveaux mètres carrés. M. Delahaye explique n’avoir « pas eu trop le choix », même s’il était farouchement opposé à une fermeture. « Tous ces bâtiments que nous devons connecter entre eux sont classés et les autorités de tutelle ont estimé qu’il ne fallait pas mélanger clients et travaux », a-t-il déclaré. Une source proche du dossier souligne toutefois qu’il y avait aussi « des problèmes de bruit et des contraintes techniques » liées aux travaux, qui rendent une fermeture « sage ».
Le montant de l’acquisition des nouveaux bâtiments n’a jamais été divulgué, mais des experts chiffrent le tout à près de 100 millions d’euros et au moins autant pour les travaux. Avec l’agrandissement, le Plaza va se doter de 14 nouvelles chambres et suites supplémentaires, passant ainsi de 194 à 208, et d’une nouvelle salle de conférences notamment. Un chantier confié conjointement à Marie-José Pommereau, à l’agence Jouin-Menku, et à Bruno Moinard. Pendant la fermeture, la clientèle sera aiguillée vers le Meurice, l’autre palace parisien du groupe Dorchester Collection détenu par le sultanat de Bruneï et qui comprend aussi le Bel Air à Los Angeles ou encore le Richemond à Genève.
Quant aux 550 employés du Plaza, « tous vont conserver leur contrat », a assuré M. Delahaye. « Certains seront détachés dans d’autres hôtels du groupe ou en dehors du groupe. Le but est qu’ils reviennent tous en mai », confie M. Delahaye.
Entre-temps, le Plaza Athénée aura vendu aux enchères une partie de son mobilier, une opération confiée à la maison Artcurial et prévue début octobre. Deux concurrents parisiens du Plaza, le Ritz (place Vendôme) et l’Hôtel de Crillon (place de la Concorde), sont déjà fermés pour travaux, le premier depuis l’été dernier, le second depuis le 31 mars, tous deux pour environ deux ans. Le Bristol, près de l’Élysée, et le Meurice, face aux Tuileries, ont eux aussi réalisé d’importantes rénovations récemment, mais sans fermer.
Tous ces travaux s’inscrivent dans un contexte de recomposition du microcosme des palaces parisiens, bouleversé par l’arrivée récente de nouveaux venus exploités par des chaînes asiatiques réputées pour la qualité de leur hôtellerie. Le Royal Monceau (Raffles, chaîne singapourienne) a ainsi ouvert ses portes le premier en octobre 2010, suivi par le Shangri-La (qui inaugure cette semaine une nouvelle aile jardin) en décembre 2010 puis le Mandarin oriental fin juin 2011. On attend encore l’inauguration du Peninsula, prévue en 2014, puis d’un hôtel Cheval Blanc (groupe LVMH) dans le bâtiment de la nouvelle Samaritaine quand celui-ci ouvrira, soit pas avant 2016.
Lundi, le Royal Monceau près du Trocadéro a officiellement décroché le label « palace », rejoignant ainsi ses aînés dans le club le plus sélect de l’hôtellerie française. Treize établissements français « d’exception » détiennent désormais cette distinction créée en 2011, dont 6 à Paris (Bristol, Meurice, Plaza Athénée, Georges V, Park Hyatt Vendôme et Royal Monceau).
(Source : AFP)


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