« Si le monde se réchauffe de 2°C, ce qui pourrait arriver dans les vingt à trente prochaines années, cela se traduira par de vastes pénuries alimentaires, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus violents », a résumé le président de la BM, Jim Yong Kim, en préambule du rapport.
L’institution, qui avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur le climat en novembre, confirme ainsi son scepticisme sur la capacité de la communauté internationale à contenir la hausse du thermomètre mondial à +2°C par rapport aux niveaux préindustriels, alors que la planète en est déjà à +0,8°C.
« Des températures extrêmes pourraient affecter les récoltes de riz, de blé de maïs et d’autres cultures importantes, et menacer la sécurité alimentaire » des pays pauvres, prévient ce nouveau rapport.
L’Afrique et l’Asie du Sud-Est en seraient les premières victimes alors que leurs habitants « ne sont pas maîtres de la hausse de la température mondiale », souligne le président de la BM, Jim Yong Kim.
Selon ce scénario à « +2°C », le Continent noir verrait à terme sa production agricole totale reculer de 10 % d’ici à 2050 et environ 40 % de ses terres dédiées au maïs devenir « inutilisables » dans la décennie 2030. La part des populations en état de malnutrition risquerait par ailleurs de flamber « de 25 à 90 % » en fonction des pays.
L’Asie du Sud et du Sud-Est serait, elle aussi, sous la menace de « crises majeures ». De violents épisodes de sécheresse pourraient atteindre l’Inde tandis que la montée des eaux pourrait frapper l’Asie du Sud-Est
« Un nouvel élan est nécessaire », clame l’institution à l’heure où la mobilisation politique sur le climat marque le pas. Lancé en 1995, le processus de négociations à plus de 190 pays n’a donné que de maigres résultats et ne reprendra pas avant une conférence à Paris en 2015.
L’objectif, récemment fixé par la Banque mondiale, d’éradiquer l’extrême pauvreté d’ici à 2030 pourrait en pâtir. « Le changement climatique fait peser une menace fondamentale sur le développement économique et la lutte contre la pauvreté », convient M. Kim.
L’institution, qui a doublé en un an ses investissements destinés à financer l’adaptation des pays aux changements climatiques (4,6 milliards de dollars en 2012), admet qu’elle doit elle aussi opérer un « changement radical » en cessant de financer des projets de développement émetteurs de C02.
La voie est étroite pour l’institution qui s’est, en parallèle, fixé l’objectif de connecter à l’électricité, d’ici à 2030, les 1,2 milliard de personnes qui en sont encore privées.
La vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable, Rachel Kyte, a admis mardi que son institution pourrait continuer à financer des projets d’usine de charbon « dans de très rares circonstances » et dans des pays qui ne « peuvent pas se permettre » d’autres alternatives.
(Source : AFP)


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