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À La Une - Crise

Grèce : remous au sein du gouvernement sur fond d'écrans noirs

Les deux tiers de la population s'opposent à la fermeture de la radiotélévision publique, décidée unilatéralement par le PM conservateur Antonis Samaras.

Des manifestants protestent, le vendredi 14 juin 2013, contre la fermeture de la radiotélévision publique ERT, devant ses locaux à Athènes. AFP PHOTO / ANGELOS TZORTZINIS

Les remous au sein de la coalition gouvernementale tripartite grecque se poursuivaient samedi sur fond de fermeture soudaine de la radiotélévision publique ERT. Une fermeture contestée, selon des sondages, par les deux tiers de la population.


Les résultats des trois instituts de sondage Metron analysis, Kapa research et VPRC publiés sur le site internet d'information Tvxs.gr montrent que respectivement 68%, 64,4% et 65% des personnes interrogées s'opposent à la fermeture de l'ERT, décidée unilatéralement par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, à la tête depuis un an d'un gouvernement au sein duquel sont présents, aux côtés de son parti (Nouvelle Démocratie), les socialistes (Pasok) et la Gauche démocratique (Dimar) qui ont exprimé leur désaccord sur le sujet.
Seuls un peu moins d'un tiers des sondés (29% pour Metron analysis, 32,1% pour Kapa research, et 27% pour VPRC) sont d'accord avec cette décision.


Le Pasok et le Dimar ont rejeté la proposition vendredi soir de M. Samaras visant à la réouverture partielle de la radiotélévision publique dont la fermeture continue samedi de provoquer des manifestations devant le siège de l'ERT à Athènes et dans d'autres villes, ainsi que des grèves reconductibles de journalistes.
"Nous ne sommes pas d'accord avec cette proposition et nous réclamons l'annulation imminente de l'acte législatif" sur la fermeture de l'ERT, a déclaré à l'AFP Andréas Papadopoulos, porte-parole du Dimar.
Signé par les seuls Premier ministre et ministre des Finances, Yannis Stournaras, cet acte législatif a permis l'extinction du signal de l'ERT mardi soir de toutes les stations de télévision ou radios publiques grecques après l'encerclement des émetteurs par la police.

 

(Pour mémoire : Le budget ne dérape pas, la « troïka » de retour à Athènes)


Le Pasok et le Dimar réclament la réouverture de l'ERT, tout en reconnaissant "la nécessité d'une restructuration" de cet organisme historique, vieux de plus de 60 ans et où le clientélisme est à l'origine des dysfonctionnements.
M. Samaras, persistant dans sa décision, a appelé vendredi soir ses partenaires gouvernementaux à constituer une commission chargée de faire reprendre "immédiatement" la diffusion des programmes d'information avant la création de la "nouvelle radio-télévision Nerit", prévue dans un projet de loi présenté mercredi par son porte-parole.


Dans une tribune publiée samedi dans le quotidien libéral Kathimérini, le Premier ministre défend sa décision qui, selon lui, illustre "la volonté politique et la détermination" de son gouvernement de lutter contre "les bastions d'opacité et de gaspillage" pour faire avancer les réformes et sortir la Grèce de la crise.
"On ne peut faire d'omelette sans casser des oeufs", écrit-il.
Le ministère des Finances a demandé au Parquet chargé des affaires de corruption d'ouvrir une enquête sur d'éventuels délits concernant la fourniture d'équipements ou l'attribution de la production des programmes de l'ERT.


M. Samaras assure que les 2.700 employés du groupe, dont le licenciement est programmé, seront "généreusement indemnisés", et même que "certains vont être embauchés dans la nouvelle radiotélévision", dont les effectifs seront d'environ 1.200 personnes.
Une réunion cruciale sur le sujet est prévue pour lundi soir entre M. Samaras et les chefs du Pasok et du Dimar, Evangélos Vénizélos et Fotis Kouvelis. Le Conseil d'Etat doit se prononcer, également lundi, sur la suspension de l'acte législatif concernant la fermeture de l'ERT après un recours du syndicat du personnel de l'organisme dans ce sens.


"Dur poker sur fond d'élections", titrait samedi le journal Kathimérini, estimant que la réunion de lundi "sera déterminante" pour l'avenir de la coalition gouvernementale.
Selon le sondage de Kapa research, la majorité des Grecs, 57,1%, ne veulent pas d'élections anticipées contre 40,1% qui disent le contraire.
"Les citoyens souhaitent une stabilité politique et des changements sur la base des institutions démocratiques (...) le pays n'a pas besoin d'élections", a dit M. Vénizélos dans un entretien à paraître dimanche dans l'hebdomadaire Real News, soulignant toutefois la nécessité d'"un consensus" au sein de la coalition.

 

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