La piètre performance de l’économie italienne au premier trimestre avait déjà pris de court les économistes lors de la publication à la mi-mai de la première estimation : l’institut des statistiques Istat avait alors annoncé un recul de 0,5 % du produit intérieur brut par rapport au trimestre précédent, là où ils s’attendaient en moyenne à -0,3 %. Ce chiffre a encore été revu à la baisse hier dans une deuxième estimation, à -0,6 %, a indiqué Istat. Il s’agit du septième trimestre consécutif de contraction pour l’Italie et tout laisse à penser que la récession commencée au 3e trimestre 2011 durera au moins deux années complètes.
Le détail des statistiques montre que le seul secteur à afficher une évolution positive au premier trimestre a été celui de l’agriculture. Industrie, construction et services sont en revanche nettement dans le rouge. « Ces chiffres sont négatifs, que ce soit en ce qui concerne la révision à -1,6 % (contre -1,5 %) de la variation acquise pour l’année, qu’en ce qui concerne le détail des composantes » du PIB, a relevé Paolo Mameli, économiste de la banque Intesa Sanpaolo. C’est notamment le cas des investissements, plus faibles que prévu, et du commerce extérieur, qui « fournissait ces deux dernières années une contribution positive » au PIB, ce qui n’a pas été le cas cette fois, souligne-t-il.
Cette nouvelle s’est accompagnée d’un autre indicateur décevant, celui de la production industrielle, qui a reculé plus que prévu en avril (-0,3 % sur un mois). Ces statistiques font planer une ombre de plus en plus longue sur les espoirs du gouvernement fraîchement mis sur pied par Enrico Letta de relancer l’économie pour notamment apaiser les tensions de plus en plus vives sur le marché du travail. Les dernières prévisions officielles de croissance fournies par Rome, qui remontent à avant la nomination du gouvernement Letta fin avril, faisaient état d’un recul de 1,3 % du PIB cette année, suivi d’une croissance de 1,3 % en 2014. L’Istat lui-même a indiqué début mai tabler sur -1,4 % cette année et +0,7 % en 2014. Quant à l’OCDE, elle a déclaré fin mai prévoir respectivement -1,8 % et +0,4 %.
« Le deuxième trimestre ne sera probablement pas celui du tournant », a admis hier le ministre du Travail Enrico Giovannini après l’annonce d’Istat. Le gouverneur de la Banque d’Italie Ignazio Visco avait lui aussi semblé en appeler à la prudence il y a dix jours en estimant qu’une inversion du cycle économique était tout au plus « possible vers la fin de l’année ».
Pour Cédric Thellier, économiste de la banque Natixis, « la récession va se poursuivre au cours du ou des trimestre(s) à venir et la reprise, si elle vient, ne sera que très progressive après ». Il table par conséquent sur une contraction de 2 % du PIB cette année, suivie d’une « stabilisation » en 2014.
Trois associations de défense des consommateurs, Adusbef, Federconsumatori et Codacons, ont profité hier de la publication de cet « énième bulletin de guerre sur l’état de l’économie italienne » pour exiger une annulation pure et simple de l’augmentation d’un point de la TVA prévue pour le 1er juillet 2013. « Un report (comme l’envisage le gouvernement italien) n’est pas suffisant, il faut annuler définitivement ce projet, qui aurait des effets désastreux non seulement pour la population, mais pour l’ensemble du système économique », ont-ils expliqué, appelant à « des mesures immédiates et urgentes pour venir au secours de l’économie italienne ».
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine