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Mariages en ligne : et pourquoi pas ?

Société De nos jours, le Net est devenu la plateforme à tout faire : investissements, shopping, débats, vacances, boulot, amitiés... tout y passe. Et dans la mêlée, les sites matrimoniaux tentent de prouver qu’on peut aussi y trouver l’âme sœur, la rencontre d’une vie.
10/06/2013

Ils sont plus de cinq millions de célibataires à s’être inscrits en France seulement sur des sites de rencontre, et plus de six millions en Inde. Si l’on peut y rechercher la rencontre d’un soir ou encore une aventure extraconjugale, certains sites en ligne ont choisi d’assumer la lourde tâche d’unir des couples pour la vie. Ces sites matrimoniaux, qui constituent en fait une variation des sites de rencontre traditionnels, ont particulièrement connu leur essor en Inde, où la culture du mariage – et de l’amour qui naît du mariage – est assez dominante. Quitte à détrôner les entremetteurs et les agences matrimoniales, qui ont pourtant eu leur moment de gloire, les sites matrimoniaux gagnent en popularité en Occident, mais pas encore assez dans le monde arabe et au Liban. Ici, même la mode des agences matrimoniales n’a pas su s’établir alors qu’elle faisait des ravages ailleurs.


Pourtant, on ne peut pas dire que les Libanais restent indifférents au phénomène des sites de mariage en ligne. En septembre 2011, Mohammad, un Franco-Libanais habitant la France depuis plusieurs années, a fondé
Yagharami.com, premier site matrimonial dédié aux Libanais. En quelques semaines, l’adresse est devenue le site de rencontre numéro un au Liban. Avec plus de 50000 inscrits et des statistiques très encourageantes (plus d’un million de pages vues lors du mois d’avril 2013, selon Google Analytics), les foules sentimentales en quête d’amour n’ont qu’à bien se tenir.


«YaGharami.com est le premier site de rencontre entièrement dédié aux Libanais, explique Mohammad. Contrairement aux grands groupes mondiaux tels que meetic.com, match.com ou tagged.com, notre site est entièrement spécialisé dans les rencontres entre Libanais, ce qui explique sa popularité au pays du Cèdre. » Soucieux d’abord de rapprocher la jeunesse libanaise émigrée de son pays d’origine et remarquant que de nombreux Libanais à l’étranger préfèrent trouver l’âme sœur parmi des compatriotes, Mohammad a aussi perçu dans le site une opportunité de réussite, estimant que « le marché des rencontres en ligne est en plein développement depuis plusieurs années dans tous les pays du monde ». « Les gens sont de plus en plus connectés sur Internet et les sites de rencontre ont naturellement profité de cette révolution, dit-il. Il est vrai qu’en Europe, les rencontres sur Internet sont maintenant rentrées dans les coutumes, ce qui n’est pas encore tout à fait le cas au Liban, mais les choses sont en train de changer et la société libanaise évolue à ce niveau-là, entraînant ainsi un changement des habitudes sociales. Et la raison est simple : les gens font leurs rencontres dans leurs lieux de travail, au sein de leurs amis ou en soirées. Les sites de rencontre en ligne sont là pour ouvrir de nouvelles opportunités et permettent de mettre en contact des personnes qui ne font pas partie du même cercle social et professionnel. » Aujourd’hui, YaGharami.com compte en majorité des Libanais résidents, même si les expatriés et les Arabes y sont aussi présents. Sur les 50 000 inscrits, 60 pour cent sont des hommes et 70 pour cent ont moins de 35 ans. Comme tous les sites matrimoniaux,


YaGharami.com doit lutter au quotidien pour conserver au site son caractère sérieux. « La majorité des personnes s’est inscrite sur le site dans une optique de mariage, poursuit Mohammad. Cependant, comme dans la vie réelle, il existe des personnes qui sont là pour s’amuser. C’est pour cela que notre équipe est toujours aux aguets pour bannir tous les profils à caractère sexuel, sans oublier que nos membres ont la possibilité de limiter la visualisation de leur profil ou de bloquer un autre membre en particulier. Des filtres automatiques sont également mis en place pour rendre les insultes illisibles. Il n’y a donc aucune raison d’avoir peur de s’inscrire. »

Le pour et le contre
Toutefois, il semblerait que ce n’est pas uniquement la « peur » qui rendrait les célibataires sceptiques au sujet des sites de mariage en ligne. Outre l’idée préconçue de tomber sur des hommes mariés ou des pervers, certaines femmes rechignent à l’idée de devoir par exemple remplir un formulaire comme si l’on commandait un produit sur mesure. D’autres sont certaines que ces sites n’attirent que des ringards et des gens mal dans leur peau. Enfin, il y a encore ceux qui n’osent pas, par peur de subir un rejet aussi simple qu’un double clic sur la case “Bloquer”. Face à toutes ces angoisses, Mohammad reste confiant. « Pour les personnes encore sceptiques, nous disons que les rencontres sur Internet sont devenues le moyen le plus utilisé pour faire de nouvelles connaissances. En utilisant les différentes options de recherche disponibles sur YaGharami.com, on peut cibler ses recherches en fonction de différents critères, effectuant ainsi une présélection au niveau des membres avec lesquels on souhaite entrer en contact. En parallèle, tout est fait pour éviter aux inscrits les ennuis sur le site. À tous ceux qui hésitent encore, je dis qu’il faut savoir forcer le destin et prendre sa vie en main », conclut-il.


Sur un autre plan, il semblerait que la psychologie moderne ne dénonce pas ce genre de processus de rencontres. Au contraire, s’inscrire sur un site de rencontre pourrait être une manière de reconnaître un manque et de ne pas se cacher derrière son petit doigt. En s’inscrivant, un célibataire peut prendre conscience de ses désirs et de ce qu’il n’aime pas. La plateforme électronique devient alors un moyen d’autoconnaissance. De plus, de nombreux utilisateurs de ce genre de sites ont affirmé, après expérience, qu’il s’agit bel et bien d’un lieu de rencontre, et qu’on peut y « dénicher » de vraies trouvailles.


Néanmoins, si certains y voient aussi un moyen de dépasser certaines difficultés émotionnelles et briser une timidité, Chantale Mansour, psychologue, affirme qu’ « il n’y a aucune contre-indication psychologique à encourager le virtuel dans les rencontres, mais cela dépend beaucoup des dispositions du sujet et de sa requête ».


« S’il n’est pas suffisamment rodé à accepter les déceptions de ce monde virtuel et à se protéger de ce qui pourrait en découler, cela peut causer des dégâts en toute évidence. D’où la nécessité d’écouter la demande du sujet et ses blocages dans le relationnel, ses moyens de s’affirmer en société, ses peurs face à l’autre. Le virtuel pourrait alors lui servir de moyen de rencontre, rien de plus », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Ce n’est qu’un moyen facilitateur, mais ce n’est jamais la solution pour une personne en difficulté. Le travail sur les émotions doit se faire coûte que coûte avant et après la rencontre, pour une meilleure gestion des émotions et une meilleure affirmation de soi, afin d’optimiser les chances de réussite de la rencontre. »

 

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