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Liban - Société

Augmentation dramatique du travail de l’enfance : Jreissati promet des mesures

Au moins cent mille mineurs sont embauchés sur le marché aujourd’hui au Liban.

La journée mondiale de lutte contre le travail des enfants sera célébrée mercredi 12 juin. Triste commémoration pour le pays du Cèdre qui fait travailler des dizaines de milliers d’enfants, mais qui n’a jamais pris la peine de mener la moindre étude statistique pour évaluer l’ampleur du problème. Combien sont-ils exactement, ces enfants qui travaillent, dans des garages, dans des usines, dans la rue, dans des décharges, dans l’agriculture, qui sont réduits à l’esclavage sexuel ou exploités dans les combats ? Cent mille ? Deux cent mille ? 


Seule une étude statistique, qui devrait être bientôt réalisée, pourrait répondre à la question. La promesse en a été faite hier par le ministre du Travail, Sélim Jreissati, lors d’une table ronde sur l’augmentation dramatique du travail des enfants au Liban. Un événement organisé par le ministère du Travail en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT) à l’intention de la presse. M. Jreissati a aussi promis davantage de mesures pour lutter contre ce fléau qui est en recrudescence parmi les réfugiés syriens, mais aussi parmi les groupuscules armés et parmi la tranche la plus pauvre de la population libanaise. « Le Comité national de lutte contre les pires formes de travail de l’enfance est en passe de finaliser une stratégie nationale de sensibilisation et d’application de mesures qui devrait déterminer les rôles et responsabilités des différents ministères, dans le cadre de la lutte contre le travail de l’enfance », a-t-il assuré. 


Le ministre a également rappelé avoir signé le décret ministériel 8987 en septembre 2012 qui interdit l’embauche de mineurs de moins de 18 ans dans des travaux qui représentent un danger pour leur santé, leur sécurité ou leur comportement. Mais l’application de ce décret se fait cruellement attendre. Sélim Jreissati n’a pas manqué de dénoncer l’afflux de réfugiés syriens et le manque de moyens du Liban et du HCR pour y répondre... avant de lancer un véritable appel au secours à la presse pour qu’elle fasse la lumière sur le problème.
« Le rôle des médias est très important dans la lutte contre le travail des enfants », a souligné, de son côté, le représentant de l’OIT, Frank Hagemann, qui a déploré « l’augmentation du travail des enfants au Liban alors que partout au monde cette réalité a diminué ». Une réalité noire, qui ne peut être éradiquée qu’au prix d’un travail sur quatre grands axes, a-t-il indiqué, la législation, le système éducatif, la protection sociale des familles démunies et la mobilisation sociale. 


La diffusion du documentaire Invisible Child réalisé par la cinéaste Carole Mansour, a bien montré cette réalité, celle des « enfants invisibles ». Celle de Abir, de Adel ou d’autres enfants, poussés par leurs parents à travailler ou à mendier à longueur de journée pour quelques milliers de livres. Celle de la jeune prostituée que nous appellerons Maryam ou de Mohammad qui rêve de devenir médecin. Une réalité que la presse ne manque pas de dénoncer sans arrêt depuis des années. Et qu’elle continuera de condamner dans toute sa laideur, tant que les promesses des dirigeants ne se concrétiseront pas.

 

Pour mémoire

Halte à l’agression sexuelle des enfants !

 

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