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Économie - Conflit

En réplique aux taxes imposées par l’UE sur le solaire chinois, Pékin lance une enquête sur les vins européens

Paris demande une « réunion » des 27 ; Berlin regrette une « erreur » de Bruxelles.

Pékin a répliqué hier aux taxes imposées par Bruxelles sur le solaire chinois en lançant une enquête antidumping sur les vins importés de l’Union européenne et en agitant le spectre d’une guerre commerciale.
« Le gouvernement chinois a lancé une procédure antidumping et anti-subventions visant les vins de l’Union européenne », a indiqué le ministère chinois du Commerce, au lendemain de la décision de la Commission européenne d’instaurer des taxes provisoires sur le solaire chinois.
Quelques heures plus tôt, l’agence de presse officielle Chine nouvelle avait prévenu que les taxes « punitives » annoncées par l’Union européenne n’étaient « pas susceptibles d’inciter à une réponse amicale de la Chine ». La décision de la Commission européenne risque de faire « dérailler » les relations commerciales entre la Chine et l’Union européenne (UE), a même mis en garde l’agence d’État.
Pékin a déjà par le passé pris des mesures visant des produits européens en réplique à des décisions européennes d’enquêtes ou de taxes visant des sociétés ou des produits chinois.
« Le conflit est assurément en train de dégénérer », a estimé Yao Wei, une économiste basée à Hong Kong pour la Société Générale, en insistant sur les « très fortes » surcapacités de certaines industries chinoises qui sont à l’origine, selon elle, des problèmes actuels.
L’UE est le principal partenaire commercial de la Chine tandis que, pour l’UE, la Chine arrive deuxième, derrière les États-Unis.
Le montant annuel des exportations de vins et spiritueux européens vers la Chine dépasse 1 milliard d’euros. Le premier exportateur européen vers la Chine est la France, avec 140 millions de litres de vin vendus en 2012, pour un montant de 788 millions de dollars, selon les douanes chinoises.
La Commission européenne a annoncé mardi l’instauration de taxes provisoires sur le solaire chinois, malgré les réticences de plusieurs États de l’UE et les craintes de représailles commerciales de Pékin.
L’exécutif européen a opté pour des mesures progressives : à partir du 6 juin, les taxes seront au taux de 11,8 % et passeront deux mois plus tard à 47,6 % en moyenne si la Commission ne parvient pas à trouver un accord avec Pékin.
« La Chine s’oppose vigoureusement aux pressions exercées par l’Europe par le biais de ses taxes injustes visant les produits photovoltaïques chinois », a affirmé hier Shen Danyang, porte-parole du ministère chinois du Commerce. « La Chine n’est pas disposée à voir les relations générales entre la Chine et l’Europe se dégrader à cause des frictions commerciales sur le photovoltaïque », a ajouté le ministère.

Menace de guerre commerciale
« Cela apparaît comme une menace de guerre commerciale », a commenté Tao Jingzhou, un associé du cabinet juridique Dechert LLP China. Selon lui, la tactique choisie par Pékin pourrait soit se révéler contre-productive pour l’économie chinoise, soit « modifier le rapport de force à l’œuvre au sein de l’UE ».
L’Union européenne est en effet apparue divisée sur ces sanctions contre la Chine. En plus des autorités chinoises, la Commission a dû affronter l’Allemagne et 17 autres États membres opposés à l’instauration de ces taxes.
D’ailleurs, le président français, François Hollande, a demandé hier une « réunion » des 27 pays de l’UE pour dégager « une solidarité de point de vue » sur les négociations commerciales avec la Chine, a annoncé la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.
De son côté, le gouvernement allemand a estimé que la décision de la Commission européenne de taxer les importations de panneaux solaires chinois était une erreur et a appelé à un dialogue intensif avec Pékin.
Pour sa part, la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français (FEVS) estime que l’enquête de Pékin « n’est pas justifiée » puisque les viticulteurs européens ne bénéficient pas de subventions à l’exportation et ne pratiquent pas en Chine des prix inférieurs que ceux pratiqués ailleurs. Mais « il y a des aides à la promotion » des produits à l’étranger, a concédé Fabrice Latour, président de la FEVS.
« L’instrumentalisation de notre secteur dans un différend commercial est particulièrement regrettable », d’autant plus que « le secteur du vin est un bon exemple d’une activité dont le dynamisme est lié à l’exportation, y compris en Chine », ajoute-t-il dans un communiqué publié hier. Et même si la Chine en est encore au stade de l’enquête et n’a pas pris de décision sur le sujet, cela suscite déjà « l’inquiétude » parmi les opérateurs français.
Enfin, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’a « aucune réaction au bras de fer commercial UE-Chine concernant les panneaux solaires chinois et les vins européens », a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’organisation basée à Genève.
(Source : AFP)
Pékin a répliqué hier aux taxes imposées par Bruxelles sur le solaire chinois en lançant une enquête antidumping sur les vins importés de l’Union européenne et en agitant le spectre d’une guerre commerciale.« Le gouvernement chinois a lancé une procédure antidumping et anti-subventions visant les vins de l’Union européenne », a indiqué le ministère chinois du Commerce, au lendemain de la décision de la Commission européenne d’instaurer des taxes provisoires sur le solaire chinois.Quelques heures plus tôt, l’agence de presse officielle Chine nouvelle avait prévenu que les taxes « punitives » annoncées par l’Union européenne n’étaient « pas susceptibles d’inciter à une réponse amicale de la Chine ». La décision de la Commission européenne risque de faire « dérailler » les relations...
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