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Rendez-vous littéraire avec Patrick Deville à l’USJ

Ce n’est pas n’importe quel écrivain. Il ne fait pas partie de ceux qui produisent à la chaîne des romans à l’eau de rose. Lui, c’est Patrick Deville, un nom qui rime avec « Peste et Choléra », roman lauréat du prix Femina en 2012. Rencontre avec l’écrivain, le jeudi 9 mai, à la faculté des lettres de l’USJ.

Pour les étudiants en langue et littérature françaises, c’était une lueur d’espoir. Rencontrer une figure de proue du monde littéraire a apporté comme une bouffée d’air frais à un domaine, la littérature, qui semble tomber en désuétude au Liban, pays francophone et francophile. Patrick Deville, présenté brièvement par Sandra Barrère, attachée de coopération pour le français à l’Institut français, a parlé de la genèse de son roman Peste et Choléra. « Ce livre constitue mon cinquième roman d’aventures. C’est une sorte de compilation de récits de fiction inspirés de mes déplacements dans des zones géographiques particulières. Alexandre Yersin, le personnage dans l’orbite duquel gravitent les actions de Peste et Choléra, a été mentionné dans Kampushea, mon quatrième roman d’aventure », souligne-t-il. Toutefois, Patrick Deville, qui a longuement étudié les archives des pasteuriens, a voulu consacrer un roman à part entière à ce soldat inconnu, ce voyageur qui a découvert le bacille de la peste et qui « nous permet de nous projeter dans le Vietnam actuel », aux dires de l’écrivain dont le mot d’ouverture a été succinct afin de donner la chance à l’assistance de poser ses questions. La balle lancée dans leur terrain, les étudiants ainsi que leurs professeurs n’ont pas hésité à initier un débat fort animé. Suite à la question de Nicole Chalhoub, présidente du collège doctoral et chef du département de langue et littérature françaises à l’USEK, portant sur la possibilité de l’émergence d’un personnage « devillien » reconnaissable à l’échelle littéraire tout comme il existe un personnage camusien, M. Deville a fait le point en associant ses personnages à l’idée de la volonté et en refusant de les placer dans des catégories spécifiques ou de les qualifier de « devilliens ». Paméla Krause, étudiante en 2e année de master à l’USJ, s’est interrogée sur le phénomène de la chute des personnes-modèles dans l’Europe actuelle et a remarqué que le personnage de Peste et Choléra, Alexandre Yersin, pourrait servir de modèle aux nouvelles générations en dérive. Pour Nada Daou, étudiante en 1re année de master à l’USEK, le souci est d’ordre linguistique : « Quel est l’avenir de la langue française face à l’invasion du numérique ? » Souci partagé par M. Deville, qui n’a pas nié que des barbarismes s’infiltrent dans la langue de l’Hexagone et deviennent le parler de tous les jours ; le phénomène, a-t-il soutenu, n’est pas particulièrement alarmant face aux mesures drastiques que prend l’Académie française en tolérant très peu et rarement les quelques changements linguistiques. Et à l’interrogation de Campus sur la possibilité de faire d’une personnalité arabe le pivot d’un prochain roman et de pointer le miroir littéraire en direction de la région du Moyen-Orient, l’écrivain Patrick Deville a répondu : « Proposez-moi un nom, procurez-moi des archives ! Pourquoi pas ? »

Le choix de l’Orient – Liste Goncourt
Après une vive discussion entre l’assistance et l’hôte de l’USJ, Sandra Barrère a confié à M. Deville l’attribution des attestations de participation au Choix de l’Orient aux étudiants présents ainsi qu’aux deux chefs de jury qui ont représenté respectivement l’USJ et l’USEK : Paméla Krause et Maya Khadra.
La rencontre a pris fin sur une note d’espoir. Patrick Deville, par sa présence parmi des étudiants qui se sentent en manque de repères au siècle de la technologie, de sa filleule la nanotechnologie, aura fait souffler un vent littéraire sur un auditoire qui en avait besoin. Et la liste de dérivés de mots de la famille nanotechnologique semble s’étendre à l’infini...

M. K.
Pour les étudiants en langue et littérature françaises, c’était une lueur d’espoir. Rencontrer une figure de proue du monde littéraire a apporté comme une bouffée d’air frais à un domaine, la littérature, qui semble tomber en désuétude au Liban, pays francophone et francophile. Patrick Deville, présenté brièvement par Sandra Barrère, attachée de coopération pour le français à l’Institut français, a parlé de la genèse de son roman Peste et Choléra. « Ce livre constitue mon cinquième roman d’aventures. C’est une sorte de compilation de récits de fiction inspirés de mes déplacements dans des zones géographiques particulières. Alexandre Yersin, le personnage dans l’orbite duquel gravitent les actions de Peste et Choléra, a été mentionné dans Kampushea, mon quatrième roman d’aventure »,...
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