Les accords de Taëf ont été tout sauf clairs concernant cette représentation. De ce fait, au lieu d’installer un système qui puisse représenter les forces en présence, un système bâtard et hypocrite a été mis en place dont la représentativité qui en découle est complètement biaisée.
La grande faute des représentants de la nation à Taëf a été de se cacher derrière leur petit doigt et de ne pas prendre le taureau par les cornes en étudiant avec plus de sérieux un système politique qui aurait vécu plus que le temps mis par l’encre de ces accords à sécher. Ces représentants ont simplement apposé leur signature au bas d’un texte sans se demander comment il va être appliqué et s’il allait l’être équitablement.
L’on se demande pourquoi nous tournons toujours autour du pot au lieu de nous attaquer aux vrais problèmes. Les vrais problèmes du Liban sont issus des éléments suivants :
– Le système politique est confessionnel. Le Liban comporte 17 communautés religieuses ayant chacune sa façon de vivre et voulant protéger ses spécificités pour pouvoir survivre et prospérer. Il faudrait donc établir des bases immuables pour la protection des minorités (nous sommes tous des minorités) pour qu’elles ne se sentent pas lésées et qu’elles puissent participer pleinement à la vie du pays et s’épanouir.
– La démographie est donc un élément majeur déterminant le poids de chacune des communautés. Ce poids change avec les changements démographiques et donc le système politique basé sur le confessionnalisme devait être ajusté. Est-ce le cas après quinze ans de guerre civile et vingt ans de « guerre froide » entre les communautés ?
– En conséquence de l’élément démographique et des diverses guerres, disettes « et persécutions, la diaspora libanaise a grandi en nombre. Il est indéniable que chacun de ses membres peut revendiquer tous les droits afin de récupérer sa nationalité d’origine et dont il faudrait définir les modalités s’il en fait la demande. Il faudrait organiser l’acquisition de la nationalité libanaise et aussi examiner toutes les naturalisations qui ont été faites depuis 1975 en retirant celles frauduleuses,
– Le système se veut démocratique donc il faudrait que toute personne ait les mêmes droits et devoirs et qu’elle puisse en jouir et les exercer.
En établissant ces principes de base, Il faudrait étudier un système politique nouveau qui puisse évoluer avec le temps pour s’adapter aux changements de société en favorisant des systèmes à la libanaise, qui s’inspireraient des systèmes confédéraux ou des systèmes centralisés.
Il est tout à fait certain qu’un système démocratique laïc est celui qui garantit le plus la pérennité du pays pour les générations futures. Il est tout à fait concevable qu’un tel système pourrait être sujet à un référendum même s’il devrait échouer car dans ce cas nous connaîtrions le nombre de Libanais qui souhaitent vivre sous un tel système. D’autres référendums pourraient être organisés dans l’avenir jusqu’à ce que la majorité des Libanais l’acceptent.
En concomitance avec le système laïc, d’autres systèmes devraient être présentés pour que le Libanais puisse choisir et, pourquoi pas, un système confédéral et un autre système communautaire centralisé basé sur le poids effectif de chacun dans la foulée des accords de Taëf.
Concernant l’état civil, comme les communautés sont différentes les unes des autres et sont régies sur des bases différentes, de deux choses l’une : ou bien il faut établir un état civil commun à tous, et dans ce cas nous nous trouverons dans un système laïc, ou bien il faudrait appliquer les règles existantes et on pourrait adopter un état civil laïc facultatif.
Serait-ce trop demander à nos chers politiciens de faire preuve d’un peu d’imagination et d’étudier un système démocratique qui suive la « realpolitik » qui seule pourrait nous permettre de vivre en paix durablement ? Ou sont-ils toujours adeptes de la politique du pire et ne réagissent-ils que quand les choses prennent une tournure violente et que le Liban se retrouve au bord de l’abîme ?


Super analyse...mais, c'est quoi un état laïc "facultatif"? C'est une notion que je ne cerne pas...un peu comme la "démocratie consensuelle"...qui a dit que les Libanais manquaient d'imagination?
11 h 43, le 01 juin 2013