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Moyen Orient et Monde - Société

Des milliers de sans-papiers doivent quitter l’Arabie, mais rêvent d’y retourner

Selon les autorités, plus de 200 000 personnes en situation irrégulière ont été expulsées ces trois derniers mois.

De nombreux travailleurs illégaux font la queue depuis le petit matin pour obtenir un ordre d’expulsion. Fayez Nureldine/AFP

Des dizaines de milliers de travailleurs en situation irrégulière se préparent à quitter l’Arabie saoudite avant l’expiration le 3 juillet d’une amnistie royale, mais tous rêvent déjà d’un retour dans le royaume pétrolier. Sous un soleil de plomb, Ibrahim, un Égyptien à la barbe rousse, fait la queue dans la matinée avec des centaines d’étrangers, en majorité asiatiques, devant un centre des services de l’immigration à Riyad. « Je suis arrivé à quatre heures du matin. J’attends toujours mon tour pour obtenir un ordre d’expulsion », affirme l’homme, l’air abattu, suant à grosses gouttes. Ibrahim travaille depuis quatre ans dans la construction, mais dit être en situation irrégulière, son visa ayant expiré. Son seul espoir est de pouvoir « revenir en Arabie saoudite, car la situation est très mauvaise en Égypte », où les difficultés économiques et le chômage se sont accentués depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en 2011.
Depuis le début de l’année, les autorités saoudiennes ont annoncé de nouvelles réglementations visant à traquer les immigrés en situation irrégulière. Elles exigent que les expatriés travaillent exclusivement chez celui qui leur a fourni le visa de travail. Elles ont assorti ces décisions d’une vigoureuse campagne d’expulsions, semant la panique parmi les travailleurs. Début avril, le roi Abdallah ben Abdel Aziz a cependant accordé un sursis de trois mois aux travailleurs étrangers pour régulariser leur situation ou quitter le royaume, et éviter ainsi de figurer sur une liste noire ou risquer une peine de prison et une amende. Les autorités expliquent ces nouvelles réglementations par une volonté de réduire le nombre de travailleurs immigrés dans le pays de quelque 27 millions d’habitants, pour favoriser l’emploi des Saoudiens. « Je fais la queue depuis 06h00 du matin pour obtenir un ordre d’expulsion (...) », déclare Abdel Azim Chahid, un Bangladeshi qui commence à perdre espoir à l’approche de l’heure de fermeture du centre en fin d’après-midi. Ce jeune homme de 28 ans travaille depuis huit ans en Arabie saoudite. Il indique avoir « travaillé pendant les deux premières années dans une épicerie pour rembourser son titre de séjour », acheté à prix d’or à un « parrain » qui l’a fait venir sans lui offrir un emploi, une pratique courante dans le royaume. La pratique du parrainage des expatriés, dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme, est une affaire juteuse pour beaucoup de Saoudiens qui peuvent se livrer à un trafic de visas de travail. Le Bangladeshi a un seul espoir, revenir ultérieurement, d’une façon réglementaire, dans ce riche pays pétrolier devenu un eldorado pour des millions d’Asiatiques et d’Arabes à la recherche d’un emploi.
Selon les autorités, plus de 200 000 personnes en situation irrégulière ont été expulsées au cours des trois derniers mois. L’Arabie saoudite compte 8 millions de travailleurs étrangers selon des chiffres officiels et le nombre des clandestins est estimé à deux millions. Selon le ministre du Travail, Adel Fakih, deux millions de Saoudiens sont au chômage, dont beaucoup de diplômés et de femmes. Mais de l’aveu même du ministre, les Saoudiens rechignent à occuper des postes subalternes et mal payés, occupés par quelque six millions d’étrangers...
(Source : AFP)
Des dizaines de milliers de travailleurs en situation irrégulière se préparent à quitter l’Arabie saoudite avant l’expiration le 3 juillet d’une amnistie royale, mais tous rêvent déjà d’un retour dans le royaume pétrolier. Sous un soleil de plomb, Ibrahim, un Égyptien à la barbe rousse, fait la queue dans la matinée avec des centaines d’étrangers, en majorité asiatiques, devant un centre des services de l’immigration à Riyad. « Je suis arrivé à quatre heures du matin. J’attends toujours mon tour pour obtenir un ordre d’expulsion », affirme l’homme, l’air abattu, suant à grosses gouttes. Ibrahim travaille depuis quatre ans dans la construction, mais dit être en situation irrégulière, son visa ayant expiré. Son seul espoir est de pouvoir « revenir en Arabie saoudite, car la situation est très...
commentaires (2)

Que ces "illégaux" ne désespèrent pas, ils reviendront travailler en bensaoudie, faut constater que les bensaouds ne sont pas des foudres de guerre non plus, avec eux c'est doucement le matin , pas trop vite le soir et lorsqu'ils auront remarqué qu'ils ont expulsé le boulanger ils se rendront compte qu'ils n'ont plus de pain à manger. Moi ça me fait rire de lire que subitement ces gens cherchent du boulot, pour qui a travaillé avec les bensaouds en general, il sait qu'on ne traite jamais avec eux directement, les compétences sont étrangères cad ceux qu'on expulse en ce moment, et la conclusion du ministre du travail laisse présager un prompt retournement de situation. Patience les expulsés.

Jaber Kamel

15 h 29, le 30 mai 2013

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Commentaires (2)

  • Que ces "illégaux" ne désespèrent pas, ils reviendront travailler en bensaoudie, faut constater que les bensaouds ne sont pas des foudres de guerre non plus, avec eux c'est doucement le matin , pas trop vite le soir et lorsqu'ils auront remarqué qu'ils ont expulsé le boulanger ils se rendront compte qu'ils n'ont plus de pain à manger. Moi ça me fait rire de lire que subitement ces gens cherchent du boulot, pour qui a travaillé avec les bensaouds en general, il sait qu'on ne traite jamais avec eux directement, les compétences sont étrangères cad ceux qu'on expulse en ce moment, et la conclusion du ministre du travail laisse présager un prompt retournement de situation. Patience les expulsés.

    Jaber Kamel

    15 h 29, le 30 mai 2013

  • Si cela serait passer en France, on nous aurait critiquer, on aurait dit que c'est des mesures racistes et une atteinte au droit de l'homme, mais je vois que comme c'est l'arabie saoudite, il y a une silence. pas une info en France, comme pour Bahrein.

    Talaat Dominique

    10 h 48, le 30 mai 2013

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