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Cinema- - Entre Parenthèses

Ne pas avoir été, mais y être

À cette date du printemps, les cinéphiles et plus particulièrement les passionnés, que dis-je les enragés, rêvent tous d’être sur la Croisette et de participer à cette grand-messe cannoise qui vient de s’achever. Non pour le prestige que dégage cette cérémonie fastueuse. Ni par esprit de paparazzo(a), pour voir le défilé des célébrités – bien que l’exercice soit très ludique –, mais pour cette sensation unique de faire partie de ceux qui assisteront pour la première fois à la projection d’une œuvre cinématographique.
C’est comme lorsque Christophe Colomb a découvert de nouvelles terres, ou tout simplement quand on foule un nouveau sol encore vierge, ou même qu’on pénètre un lieu inhabité. Le Festival de Cannes est un ticket pour un monde inconnu.
Pénétrer une salle prestigieuse comme la salle Lumière (qui porte, de plus, ce nom si évocateur), côtoyer les plus grands journalistes et choisir son siège, en faire sa place. Puis savourer le noir total... avant que toute la machine s’enclenche. Enfin, partager à la sortie de la salle l’avis des autres. Autant d’émotions neuves et inédites. Mélanger les points de vue, les trier et en faire comme une antithèse à votre propre opinion sont aussi les équations qui participent à la magie du processus. Avez-vous aimé ? Ah ! Et pourquoi donc ?
Un film, c’est une fenêtre ouverte à toutes les suppositions, tous les questionnements. La corde débridée à tout imaginaire. Enfin, une plateforme où des centaines d’êtres apportent leurs propres regard, culture et vie.
Un film, ça régénère. C’est comme une source de jouvence. On n’en sort jamais le même, mais toujours renouvelé, nettoyé de tout a priori. Alors, que serait-ce quand il s’agit d’une centaine de films distribués dans plusieurs sélections (Officielle, Un Certain Regard, la Quinzaine, les Classiques et d’autres encore). L’effet que cela fait ? Thérapeutique ! Exaltant ! Jouissif !
Et s’il n’a pas été possible de s’immerger dans ce bain cannois ou d’assister à ce florilège d’œuvres proposées (car, comme dit le proverbe arabe : « Les vents ne soufflent jamais comme le désirent les bateaux ») ? Une chose très simple. Il suffit de faire semblant d’avoir été présent. Fermer les yeux et sauter à pieds joints comme dans le monde de Mary Poppins.Voir défiler tous les films et les acteurs qui se sont succédé sur le tapis rouge. Imaginer Audrey Tautou mutine en maîtresse de cérémonie, Spielberg en président à casquette, Kim Novack remettant l’un des trophées, la sculpturale Nicole Kidman ou encore l’émotion de Bérénice Bejo à l’annonce du prix de la meilleure interprétation féminine qui lui a été attribué, les larmes de Michael Douglas remerciant Soderbergh de l’avoir attendu durant sa maladie pour continuer le tournage de Liberace (Behind the Candelabra), les pluies et le vent soufflant sur la Croisette. La magie opère toujours. Car quand on a des paillettes plein les yeux, elles risquent fort de faire vivre les étoiles.
À cette date du printemps, les cinéphiles et plus particulièrement les passionnés, que dis-je les enragés, rêvent tous d’être sur la Croisette et de participer à cette grand-messe cannoise qui vient de s’achever. Non pour le prestige que dégage cette cérémonie fastueuse. Ni par esprit de paparazzo(a), pour voir le défilé des célébrités – bien que l’exercice soit très ludique –, mais pour cette sensation unique de faire partie de ceux qui assisteront pour la première fois à la projection d’une œuvre cinématographique.C’est comme lorsque Christophe Colomb a découvert de nouvelles terres, ou tout simplement quand on foule un nouveau sol encore vierge, ou même qu’on pénètre un lieu inhabité. Le Festival de Cannes est un ticket pour un monde inconnu. Pénétrer une salle prestigieuse comme la salle...
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