Le leader du courant du Futur, Saad Hariri, a tiré à boulets rouges sur le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’élevant contre la teneur du discours qu’il a prononcé samedi dernier à l’occasion de la fête de la Résistance et de la libération. Soulignant que « la Résistance s’est suicidée politiquement et militairement à Qousseir », M. Hariri a affirmé que Nasrallah « a annoncé la fin de la Résistance le jour de la fête de la Résistance ».
Dans une déclaration à la presse en réaction au discours du chef du Hezbollah, le leader du Futur a d’abord rendu hommage aux martyrs tombés pour obtenir la libération du Liban-Sud et de la Békaa-Ouest, déplorant toutefois que le Hezbollah ait voulu « considérer cette réalisation comme un droit exclusif et partisan, qui concerne un seul groupe ayant le droit de combattre l’ennemi et de porter des armes dans n’importe quelle direction, définie par le Hezbollah seulement ».
« Aujourd’hui, en ce 13e anniversaire de la libération du Sud et de la Bekaa-Ouest, le Hezbollah insiste encore à faire de ce jour une occasion qui concerne un seul groupe, a déclaré dans ce cadre
M. Hariri. Il utilise même cette occasion pour accuser l’État, le peuple et l’armée libanais de négligence sur le plan national et d’avoir omis de fournir les bases de la souveraineté et de la défense. »
« Sayyed Hassan Nasrallah nie à l’État, au peuple, à l’armée et à la société civile la capacité de faire face à quoi que ce soit, a ajouté M. Hariri. Sayyed Hassan Nasrallah estime que cet État est incompétent et bon à rien, en politique, en sécurité, au plan de la défense et de l’économie. La solution pour le Hezbollah est qu’il remplace l’État et garde les armes pour toujours. Sayyed Hassan Nasrallah dit au chef de l’État et à tous ceux qui ont participé à la table de dialogue national qu’il a décidé de jeter à la poubelle du parti toute discussion sur une stratégie de défense ou sur l’organisation des armes de la Résistance sous l’autorité de l’État. Sayyed Hassan dit au peuple libanais de ne pas se déranger parce qu’il y a un seul groupe et une seule confession au Liban responsable de la souveraineté nationale et elle est la seule concernée par la protection des frontières, le port des armes et leur utilisation où et quand elle le veut. »
Et M. Hariri de poursuivre : « Sayyed Hassan Nasrallah appelle tous les Libanais, y compris le président et tous les dirigeants, partis et communautés, à reconnaître l’État du Hezbollah, dont la parole et la décision prévalent sur celles de la République libanaise. Et les groupes libanais doivent agir en conséquence. »
Se battre en territoire syrien ...
Et d’ajouter : « Chers Libanais, si vous voulez vous battre, sayyed Hassan Nasrallah a inventé une fatwa de génie à cet égard. Vous pouvez, chers Libanais, vous battre sur le territoire syrien et vous pouvez envoyer des combattants qui sont prêts à mourir, à Qousseir et Homs. Nous, nous disons à sayyed Hassan : Vous pouvez crier autant que vous le souhaitez, vous pouvez menacer, accuser et étiqueter l’État de toutes les descriptions auxquelles vous pouvez penser ou peut-être celles qui viennent de fatwas iraniennes. Pour nous, et pour la majorité des Libanais, et certainement pour le peuple syrien, votre dernier discours n’a aucune valeur au niveau de toutes les normes nationales, politiques, morales, religieuses et humaines. »
« Sayyed Hassan, vous avez annoncé vous-même la fin de la Résistance, le jour de la fête de la Résistance, a encore déclaré le leader du courant du Futur. Vous avez mis fin vous-même à la Résistance qui a annoncé son suicide politique et militaire à Qousseir. Vous avez conduit la Résistance à la défaite à Qousseir (...). Vous avez creusé en Syrie et avec le sang des enfants syriens, des femmes et des personnes âgées, un abîme dans lequel vous vouliez que la Résistance tombe. Votre discours est une annonce explicite de la chute dans l’abîme et vous avez sans doute excellé dans l’incitation sectaire et confessionnelle comme jamais auparavant. Mais le temps de l’exploitation de la Palestine, de la Résistance et de l’unité nationale est révolu... » (...)
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04 h 52, le 28 mai 2013