Le fondateur de Médiapart, Edwy Plenel, a été mardi parmi les premières personnes auditionnées par une commission d'enquête parlementaire sur le scandale Jérôme Cahuzac. AFP PHOTO / JOEL SAGET
Fondateur en 2008 du site d'informations Médiapart après des années d'investigation au quotidien Le Monde, le journaliste français Edwy Plenel a inquiété plusieurs présidents français, François Mitterrand puis Nicolas Sarkozy et maintenant François Hollande.
La soixantaine alerte, moustache et sourire malicieux, Edwy Plenel a été mardi parmi les premières personnes auditionnées par une commission d'enquête parlementaire sur le scandale Jérôme Cahuzac, cet ex-ministre socialiste du Budget déchu après avoir menti sur son compte bancaire secret détenu à l'étranger. Edwy Plenel et son équipe avaient lancé l'affaire Cahuzac en révélant le 4 décembre la possession de ce compte par celui qui était en charge de la lutte contre la fraude fiscale.
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Cette "semaine Plenel" à Paris sera aussi marquée jeudi par l'audition de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), la Française Christine Lagarde, devant une autre commission d'enquête. Celle-ci cherche à savoir si Mme Lagarde, ex-ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy, a favorisé en 2008 un homme d'affaires français, Bernard Tapie, dans le règlement d'un contentieux commercial. Une affaire sur laquelle Médiapart a aussi mené l'enquête.
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"Plenel dit parfois des choses justes. Mais il souffre d'un vrai délire de persécution", a jugé un ministre socialiste sous couvert d'anonymat, à propos des soupçons du journaliste sur de possibles mise sur écoutes de son média.
Non content d'avoir fait tomber Jérôme Cahuzac, passé aux aveux le 2 avril, Edwy Plenel a multiplié, depuis, les déclarations sur la démocratie française qu'il juge malade de connivence entre les médias et les politiques : "Accabler Jérôme Cahuzac ne sert à rien", "Il faut s'interroger sur ce mensonge, avec la complicité du monde politique et médiatique", a-t-il lancé. "Hollande n'a pas d'excuse" et "savait exactement ce que tout le monde savait", a ajouté Edwy Plenel, auteur en 2006 d'un livre d'entretiens "Devoirs de Vérité" avec François Hollande qui allait devenir président six ans plus tard.
"Méthodes fascistes"
Né le 31 août 1952 à Nantes (ouest), le journaliste se fait fort de réserver le même traitement à tout chef d'Etat, qu'il soit de gauche ou de droite.
Sous Nicolas Sarkozy, le patron de Médiapart, avec sa jeune rédaction motivée, avait enquêté sur les relations étroites entre la milliardaire Liliane Bettencourt, héritière des cosmétiques L'Oréal, et des proches de Nicolas Sarkozy. Ces enquêtes ont mené dans leur prolongement judiciaire à une inculpation de Nicolas Sarkozy en 2013 pour "abus de faiblesse" sur Mme Bettencourt. En 2010, des proches de Nicolas Sarkozy avaient dénoncé les "méthodes fascistes" de Médiapart.
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Entré au quotidien Le Monde en 1980, Edwy Plenel, venu de la gauche révolutionnaire des années 1970, avait commencé sa carrière en 1976 au quotidien Rouge, organe de la Ligue communiste révolutionnaire (trotskiste).
Dans les années 1980, plusieurs affaires impliquant la présidence française et sur lesquelles il enquêtait, dont l'attentat des services secrets français sur le Rainbow Warrior, navire de Greenpeace qui faisait campagne contre les essais nucléaires français en Polynésie, avait suscité l'ire du président François Mitterrand.
Le journaliste a donc été placé sur écoutes à de très nombreuses reprises entre 1985 et 1986. Ce qui l'a fait dire en 1989, qu'il n'était "pas un justicier, tout juste un grain de sable, un élément nécessaire au fonctionnement normal de la démocratie".
En 1995, après plusieurs postes à responsabilité, il avait pris la tête de la rédaction du Monde. Il y avait suscité des sentiments mitigés, ses détracteurs dénonçant sa "paranoïa" lorsque d'autres soulignaient sa force de travail et de création. Il a quitté Le Monde en novembre 2004.
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