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À La Une - France

Cannes : western psy, paternité et Croisette détrempée

Première femme réalisatrice d'Arabie, Haifaa al-Mansour, a reçu le prix France Culture/Libération (révélation) pour son émouvant film "Wadjda".

La ministre française de la Culture Aurélie Filippetti sur les marches samedi soir à Cannes. AFP PHOTO / VALERY HACHE

Les pluies diluviennes sur Cannes, remplissant encore plus les salles, n'ont pas perturbé la course pour la Palme d'or avec l'entrée en lice de Benicio del Toro, prix d'interprétation en 2008 pour "Che", et de Mathieu Amalric, vedettes de "Jimmy P.", le "western" psy d'Arnaud Desplechin. Le réalisateur français a porté à l'écran l'histoire vraie d'un vétéran indien et de son analyste européen. Autre film entré en compétition, dans un tout autre registre: "Tel père, tel fis" du Japonais Kore-Eda, film délicat et profond sur la paternité et le lien du sang.

Palmarès

Drame familial sur les rancœurs et les secrets, "Le Passé" de l'Iranien Asghar Farhadi obtient les meilleurs scores aux différents palmarès évolutifs établis par les critiques de cinéma. Selon le sondage du Film Français, le film avec Bérénice Béjo est "palmable" notamment pour Le Nouvel Observateur, L'Express, Télérama et Le Parisien. Les critiques étrangers lui préfèrent "A Touch of Sin", le film du Chinois Jia Zhangke. "Jeune et Jolie" du Français François Ozon a été également très apprécié, tandis que "Heli" du Mexicain Amat Escalante ferme la marche. Présenté samedi, "Tel père, tel fils" du Japonais Kore-Eda pourrait bouleverser ces premiers classements.


La dépression du jour 

Depuis samedi, à l'aube, des pluies ininterrompues ont noyé la Croisette. Outre des terrasses désertées, et les affaires en or des vendeurs à la sauvette de parapluies, le Grand Journal de Canal+ en direct depuis la plage a été annulé au profit d'interventions enregistrées. Plusieurs fêtes qui devaient se dérouler samedi soir ont été annulées.


La surprise du jour 

Présenté dans la section Un certain regard, "Grand Central" de la Française Rebecca Zlotowski, a été chaleureusement accueilli, alimentant le bouche à oreille sous les parapluies. Histoire d'amour entre deux employés d'une centrale nucléaire, campés par Tahar Rahim et Léa Seydoux, ce film installe habilement une tension soulignée par une musique souvent métallique et en boucle.


La femme du jour 

Première femme réalisatrice d'Arabie Saoudite, Haifaa al-Mansour, qui a reçu samedi à Cannes le prix France Culture/Libération (révélation) pour son émouvant film "Wadjda", compte bien tourner de nouveau dans son pays natal, malgré les difficultés, a-t-elle confié à l'AFP. "Il y a là-bas tellement d'histoires à raconter (...) Le pays n'est plus aussi fermé qu'avant aux arts et aux femmes. Les gens sont plus tolérants, les choses sont en train de changer", assure la cinéaste. Créé en 1999, le Prix France Culture Cinéma a notamment récompensé Sandrine Bonnaire en 2008, Jacques Doillon en 2004, et Jean-Claude Biette en 1999. Le jury 2013 réunissait notamment Gilles Jacob, président du festival de Cannes, Olivier Poivre d'Arvor, directeur de France Culture et Didier Péron, chef du service cinéma de Libération.


L'absent et la phrase du jour 

Snobant la Croisette, le co-président du Parti de gauche (PG) Jean-Luc Mélenchon, était samedi en "terre de mission" à dix kilomètres de Cannes, invité d'un débat à "Visions Sociales", un festival de cinéma engagé, présidé cette année par Costa-Gavras. "Le festival de Cannes a été créé à la Libération par la CGT, les communistes et les socialistes, peu de gens le savent, pour répliquer à la Mostra fasciste à Venise. (...) Et on se l'est fait piquer, progressivement, c'est devenu le +top lieu+ du pognon", a-t-il dit.


Tapis rouge 

Ils étaient sur les marches samedi soir: la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, le président du jury Steven Spielberg et son épouse Kate Capshaw, les cinéastes Wim Wenders et Claude Lelouch, Jane Fonda, Michel Piccoli, Léa Seydoux et aussi Paz Vega qui décroche la palme de la robe de soirée la plus audacieuse depuis le début du festival avec un modèle long immaculé, ajouré à mi-cuisse, qui a fait sensation. L'équipe au grand complet de "Jimmy P", le nouveau long métrage de Français Arnaud Desplechin en lice pour la Palme d'or avec Benicio del Toro et Mathieu Amalric, a fermé la marche.

 

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