Le président Sleiman recevant Amr Moussa. Photo Dalati et Nohra.
Pour tenter de dynamiter le dernier discours de Hassan Nasrallah, qui a affirmé jeudi soir que le Hezbollah va aider le régime de Damas à libérer le Golan et qu’il est prêt à recevoir de nouvelles armes capables de changer la donne stratégique de la part du régime syrien, les opposants à ces projets n’y sont pas allés de main morte.
Premier à réagir, le président de la République, Michel Sleiman, a en effet haussé le ton hier, en affirmant qu’« une stratégie de défense doit stipuler que les armes de la résistance doivent être mises à la disposition de l’armée pour défendre le pays contre toute agression israélienne, et si cette dernière porte atteinte au territoire libanais uniquement ». « Seuls le système démocratique, le respect de la loi, la déclaration de Baabda et une stratégie de défense stipulant la mise à la disposition de l’armée des armes de la résistance protègent le Liban et son économie », a-t-il ajouté, indiquant qu’« un Liban stable et démocratique encourage les investissements ».
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M. Sleiman a tenu ces propos devant ses visiteurs, dont l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui a de même rendu visite hier au Premier ministre sortant Nagib Mikati et son successeur Tammam Salam pour discuter des événements régionaux.
Emboîtant le pas au chef de l’État, les députés du bloc du Futur n’y sont pas allés par quatre chemins pour s’en prendre au secrétaire général du Hezbollah. Le député Ahmad Fatfat a indiqué sur ce plan que « Hassan Nasrallah empiète sur l’État et ses institutions. Il ne s’est pas soucié du principe de distanciation ni de la souveraineté du Liban et il a pris la décision d’entraîner le pays dans la guerre ». « Nous avons le sentiment de faire partie intégrante de la machine militaire iranienne », a-t-il aussi noté, estimant que « les derniers propos de Hassan Nasrallah ont peut-être pour but de remonter le moral de certaines parties après leur déception causée par l’assaut israélien sur la Syrie ».
Un projet iranien...
De son côté, son collègue Mohammad Kabbara a affirmé dans un communiqué que « le secrétaire général du Hezb exécute de toute évidence un projet iranien qui consiste à empêcher le peuple syrien de vaincre le régime Assad ». « Il a enfin reconnu que le Golan est occupé et il a annoncé son soutien à la résistance populaire composée des chabbiha de Bachar el-Assad pour libérer un territoire que le régime n’a pas daigné regarder depuis 45 ans », a-t-il clamé, estimant que « Hassan Nasrallah a avoué que le régime syrien est incapable de se protéger et de libérer son territoire ». « Il ne lui a pas suffi de menacer le Liban. Il s’en prend aujourd’hui à la Syrie. Qu’il arrête d’induire les gens en erreur, ses discours sont loin d’être de la douce musique à nos oreilles », a-t-il déclaré.
(Reportage : Ces Libanais prêts à mourir pour le Hezbollah en Syrie...)
Quant à son collègue du Futur Riad Rahal, il a jugé que « Hassan Nasrallah s’est autoproclamé ministre de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, et a déclaré la guerre ». « Qu’il aille loger à Damas et qu’il prenne avec lui tous les combattants de son parti jusqu’au Golan, car nous ne voulons pas nous impliquer dans cette guerre », a-t-il clamé. Même son de cloche du côté du chef du PNL, Dory Chamoun, qui a appelé le chef du Hezbollah à « sortir de sa cachette pour aller libérer le Golan ». Le député Marwan Hamadé a pour sa part indiqué que « Hassan Nasrallah a certifié la chute du régime syrien et il s’est porté volontaire pour le remplacer pour ouvrir le front du Golan et s’attaquer au peuple syrien ».
Seuls les députés du CPL, Abbas Hachem et Alain Aoun, ont salué le discours en question. M. Hachem a en effet estimé que « les révolutions arabes ont vraiment fleuri après les propos de Hassan Nasrallah » et M. Aoun a rappelé que « l’alliance de son courant avec le parti de Dieu est basée sur un mémorandum d’entente qui stipule clairement que les armes du Hezb sont réservées à la défense du Liban ».
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Premier à réagir, le président de la République, Michel Sleiman, a en effet haussé le ton hier, en affirmant qu’« une stratégie de défense doit stipuler que les armes de la résistance doivent être mises à la disposition de l’armée pour défendre le pays contre toute agression israélienne, et si cette dernière porte atteinte au territoire libanais uniquement ». « Seuls le système démocratique, le respect de la loi, la déclaration de Baabda et une stratégie de défense...

