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Liban : Une nouvelle dynamique politique se dessine, mais le déblocage est incertain

Après un week-end qui a fait craindre le pire à cause des raids israéliens, dans la nuit de samedi à dimanche, contre trois positions militaires syriennes à la périphérie de Damas, et en raison de la tension née de craintes de représailles qui toucheraient le Liban, le politique a de nouveau repris le dessus.


Une semaine avant la date fixée par le président de la Chambre, Nabih Berry, le 15 mai, pour la réunion parlementaire déterminante, au cours de laquelle une nouvelle formule de loi électorale devrait être adoptée, une véritable effervescence s’est manifestée autour de la loi électorale, tandis qu’au niveau de la formation du gouvernement, le Premier ministre désigné, Tammam Salam, semble vouloir mettre les bouchées doubles, pour présenter au Parlement, le plus tôt possible, une équipe de vingt-quatre ministres.


Certes, il est encore prématuré de parler d’un possible déblocage au niveau des deux, mais la succession d’événements depuis lundi permet peut-être d’espérer une progression vers un double dénouement.


Côté loi électorale, l’initiative du chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, Michel Aoun, de prendre contact avec le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, pour engager un dialogue autour de la formule électorale sur base de laquelle les législatives de 2013 sont appelées à être organisées, a brisé le blocage qui s’est institué depuis l’échec retentissant des travaux de la sous-commission parlementaire qui était chargée d’examiner et de proposer une mouture de loi électorale. La réunion de Meerab qui a groupé lundi M. Geagea, le ministre démissionnaire Gebran Bassil et le parrain de la loi électorale du Rassemblement orthodoxe, Élie Ferzli, a permis à chacune des deux parties en présence d’expliquer les motifs de son appui ou de son opposition à la loi dite orthodoxe. Si MM. Bassil et Ferzli ont tenté d’expliquer son importance, leur hôte FL a insisté sur le fait qu’il n’est pas possible d’en tenir compte tant que deux principales composantes communautaires du pays s’y opposent, à savoir les sunnites et les druzes. Décision a été prise de poursuivre les concertations autour des formules proposées : une loi mixte mélangeant le système majoritaire et la proportionnelle, le « one man one vote », ou le maintien de la loi de 60, mais sous une forme amendée.


Les concertations doivent normalement se poursuivre à travers la sous-commission quadripartite chrétienne de Bkerké qui comprend les députés Alain Aoun (CPL), Georges Adwane (FL), Youssef Saadé (Marada) et Samy Gemayel (Kataëb). Aujourd’hui, M. Ferzli est attendu à Bickfaya pour un entretien avec le député Kataëb. Hier, il a communiqué au président de la Chambre les résultats de la réunion de Meerab. Tout en continuant de plaider en faveur de la proposition de loi dite orthodoxe, Élie Ferzli relève que le respect d’une parité authentique – que sa formule assure peut-être, mais qui accentue les clivages confessionnels – reste le critère de base pour toute proposition de loi. Celui-ci pourrait d’ailleurs être trouvé dans le texte en voie d’élaboration par les Forces libanaises et le courant du Futur. Les deux partis mettent la dernière main à la formule qu’ils doivent présenter sous peu au Parlement et qui propose un mode de scrutin mixte, combinant le majoritaire dans 26 cazas et la proportionnelle dans 9 mohafazats, suivant l’idée de base avancée par le président de la Chambre.


La reprise des concertations au sujet de la loi électorale et les discussions engagées à ce sujet ont été au cœur d’un long entretien téléphonique que Samir Geagea a eu hier avec le chef du courant du Futur, Saad Hariri.


Dans certains milieux politiques, on voit dans cette nouvelle dynamique un signe indicateur d’un possible déblocage. Les forces politiques en présence pourront-elles cependant réaliser en une semaine ce qu’elles n’ont pas réussi à accomplir tout au long des derniers mois ? Dans ces milieux, on considère que la donne est aujourd’hui différente. La loi Ferzli ne recueille plus la majorité au niveau chrétien. Bkerké, qui était pourtant favorable à ce mode de scrutin en vertu duquel chaque communauté choisira ses représentants à la Chambre, pousse actuellement à l’adoption de la formule mixte. Délégué du patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, Mgr Boulos Matar, évêque maronite de Beyrouth, effectue une tournée auprès des responsables politiques pour plaider en faveur du mode de scrutin mixte, mais aussi pour la formation rapide d’un gouvernement. Hier, il s’est rendu auprès du président Michel Sleiman, du chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora, et a reçu au siège de l’évêché à Achrafieh le ministre démissionnaire des Affaires sociales, Waël Bou Faour, ainsi que le député Akram Chéhayeb, délégués du chef du PSP, Walid Joumblatt.


Parallèlement, les raids israéliens ont agi comme un stimulant dans certains milieux politiques où l’on a fini par réaliser qu’un vide institutionnel au Liban serait fatal pour le pays au cas où la guerre en Syrie déborderait et au cas où Israël déciderait de frapper les caches d’armes du Hezbollah dans la Békaa. Selon des sources informées, le Premier ministre désigné doit obtenir dans les prochaines 24 heures la réponse du 8 Mars à ses propositions concernant la configuration de son équipe. M. Salam reste attaché au principe de la rotation au niveau des portefeuilles et à une formule de 24 ministres, dont huit seraient proches du 14 Mars, huit autres du 8 Mars et huit autres du courant centriste. Le CPL reste hostile à ce schéma, mais le Hezbollah semble en revanche ne plus s’y opposer. On voit mal d’ailleurs le parti de Dieu, qui a reconnu combattre aux côtés des forces du régime syrien, prendre part à un gouvernement dont la déclaration ministérielle sera essentiellement inspirée de la déclaration de Baabda, notamment en ce qui concerne la distanciation à l’égard de la guerre en Syrie. Selon les mêmes sources, cette formation tirerait davantage profit d’un gouvernement dont elle ne ferait pas partie au cas où la pression s’accentuerait sur elle.

 

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