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À La Une - Un Peu Plus De...

Un dimanche au soleil

Les dimanches sont ce qu’ils sont. Le jour du/des seigneur(s). Une sorte de repos du guerrier hebdomadaire pour ceux qui triment toute la semaine. Le dimanche, on suspend le temps et souvent on déprime. Parce que c’est le deuxième jour du week-end, parce que c’est celui qui clôt la semaine et qui précède le lundi. C’est pour ça que la plupart des gens ont le blues du dimanche soir. Parce que demain c’est lundi. Parce que demain il y a école. Et parce qu’on aura beau avoir 42 ou 60 ans, un job cool et des horaires détendus, le dimanche, vers 19 heures, on aura un petit coup de blues. Une angoisse vespérale décuplée.
Décuplée si en plus on a des enfants dont le prof de maths – adorable et sadique prof de maths – a décidé de leur coller un contrôle en première heure. Dans le genre dimanche foutu, on ne fait pas mieux. Et c’est ça le dimanche, un jour étrange, à la fois agréablement exquis et terriblement angoissant. Une journée que chacun passe à sa manière. Demain, certains célébreront Pâques. Ceux-là mêmes qui faisaient la procession de Chaaniné la semaine passée alors que d’autres végétaient à la plage. Il y aura donc cassage d’œufs durs et maamouls à gogo chez les uns et pas chez d’autres. Demain il y aura, comme tous les dimanches, un déjeuner de famille, avec ou sans agneau pascal. Chez les beaux-parents ou chez le frère. Avec les morveux de neveux qui ne lâchent pas leur mini-iPad, les ados qui font la gueule parce qu’ils n’ont pas pu aller danser sur de la techno la veille avec tous leurs potes, la cousine qui a sorti ses plus beaux habits (du dimanche) et le grand-père qui parle politique pourrie. Un déjeuner de famille où on mangera le même riz au poulet, les mêmes avocats aux crevettes et la même forêt noire depuis plus de 20 ans. Un déjeuner qu’on aura commencé vers 14h30, parce que les X arrivent toujours en retard, et qui finira vers 15h30, parce que les Y veulent faire une sieste. Une espèce de rituel où ne tintent pas les cloches mais plutôt les sautoirs en zircon et plastique de ladite cousine bien habillée.
Demain il y aura aussi des randonnées avec marche de 10 kilomètres, visite d’une magnanerie et découverte des fouérigh pour les plus petits. Une marche qui finira en engueulade à cause des plus fatigués et des paresseux qui ont traîné la patte. Demain il y aura quelque part à Zahlé, à Tyr, à Batroun et partout ailleurs une journée arak/kharrouf/haléwé sous la fraîcheur d’un olivier, dans ces maisons familiales aux grosses pierres, qui se tardaient de voir le beau temps ramener leurs petits citadins. Demain dimanche, il y aura discussion et débat autour du mariage pour tous. Il y aura beaucoup de contre et un ou deux pour à qui on rabattra les oreilles que tout ça est contre-nature.
Demain il y aura des préparatifs de première communion, une montée à Harissa, un anniversaire, un mariage, un baptême. Demain il y aura ceux qui opteront pour la plage, le soleil, les galets et une mer à 17°. Les plages seront bondées parce que le dimanche est un jour particulier où, souvent, beaucoup de gens ont envie de faire comme beaucoup de gens. Aller à la plage, à la même plage. Y aller tôt pour avoir une bonne place et réserver six transats à ses potes et se faire insulter au passage par les voisins qui, arrivés trop tard, lorgnent ces matelas où on a jeté un tee-shirt en guise de carton « réservé ». Au milieu de ces matelas jonchés de corps dorés et d’épaules brulées aux odeurs de Baby Oil ou d’Ambre Solaire, de burgers sur le grill et de poissons frits, des gosses seront en train de courir. Les flotteurs trop gonflés sur leurs petits bras ballants, le torse tacheté de crème glacée, ils slalomeront en sautillant parce que le sol est trop chaud même en ce début de mois de mai.
Demain dimanche sera peut-être, pour un grand nombre d’entre nous, la première descente dans l’eau gelée par la fonte des neiges. Demain dimanche il n’y aura pas d’angoisse à l’heure du loup, parce que lundi c’est férié. On aura cette douce sensation que ce n’est pas fini encore, que le soir on pourra dormir à une heure indue, que lundi matin ce sera grasse matinée. L’angoisse sera passée car le lundi soir on n’a pas le blues. Le mardi matin non plus.
Les dimanches sont ce qu’ils sont. Le jour du/des seigneur(s). Une sorte de repos du guerrier hebdomadaire pour ceux qui triment toute la semaine. Le dimanche, on suspend le temps et souvent on déprime. Parce que c’est le deuxième jour du week-end, parce que c’est celui qui clôt la semaine et qui précède le lundi. C’est pour ça que la plupart des gens ont le blues du dimanche soir. Parce que demain c’est lundi. Parce que demain il y a école. Et parce qu’on aura beau avoir 42 ou 60 ans, un job cool et des horaires détendus, le dimanche, vers 19 heures, on aura un petit coup de blues. Une angoisse vespérale décuplée. Décuplée si en plus on a des enfants dont le prof de maths – adorable et sadique prof de maths – a décidé de leur coller un contrôle en première heure. Dans le genre dimanche foutu, on ne fait...
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