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À La Une - Syrie

Le Premier ministre syrien échappe à un attentat à Damas

Paris n'a "pas de certitude" sur l'utilisation par le régime d'armes chimiques, affirme Fabius.

A Mazzé, un quartier de Damas, un attentat a été perpétré lundi 29 avril, contre le Premier ministre Waël al-Halaqi, aont rapporté les médias officiels. Le responsable a survécu. AFP/SANA/HO

Le Premier ministre syrien, Waël al-Halaqi, est sorti indemne d'un attentat perpétré lundi matin à Damas, a rapporté la télévision officielle Al-Ikhbariya.

 

Selon la télévision d'Etat, l'attentat s'est produit près d'un jardin public et d'une école à Mazzé, quartier ultra-sécurisé du centre-ouest de la capitale syrienne abritant de nombreuses ambassades, des bâtiments gouvernementaux et des sièges des services de renseignement et où résident de nombreux responsables politiques. Le photographe de l'AFP sur place a vu plusieurs véhicules calcinés, dont un autobus, et plusieurs autres voitures garées aux vitres brisées. Les services de sécurité ont bouclé le secteur. "Je marchais dans la rue, quand soudain une explosion très forte s'est produite, et j'ai vu une voiture brûler et des gens courir. J'ai entendu le bruit de vitres voler en éclats", a raconté un jeune homme à l'AFP. "Je me suis hâté de me mettre à l'abri car je craignais qu'une autre explosion n'ait lieu".

 

"L'attentat terroriste à Mazzé visait le convoi du Premier ministre. M. Halaqi est indemne et n'a pas été blessé", affirme la télévision Al-Ikhabriya, sans préciser la nature de l'explosion. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) rapporte de son côté que le garde du corps du Premier ministre a été tué. "Un deuxième garde du corps et le chauffeur se trouvent dans un état critique", a précisé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers la Syrie. "L'explosion semble avoir été télécommandée", a-t-il précisé.

 

M. Halaqi avait été nommé le 9 août 2012, après la défection de son prédécesseur Riad Hijab qui protestait la répression sanglante par le régime de la révolte déclenchée en mars 2011.

 

Le Premier ministre syrien, Waël al-Halaqi (ici en 2003). AFP/BEHROUZ MEHRI  

 

 

Ces dernières semaines, des attentats menés avec des pistolets munis de silencieux ou des bombes magnétiques ont visé des personnalités et des hauts fonctionnaires syriens. Mercredi dernier, l’agence officielle Sana avait rapporté qu’un haut fonctionnaire du ministère de l'Electricité syrien avait été tué par une bombe magnétique collée à sa voiture dans le centre de Damas.

 

A Damas, de violents combats se poursuivaient en outre dimanche et ce depuis quatre jours dans le quartier de Barzé (nord), et de vastes opérations militaires, y compris des raids aériens, étaient menées dans la province de Damas, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales.

 

 

Armes chimiques : pas encore de preuves

Parallèlement, revenant sur le dossier des armes chimiques syriennes et de leur utilisation, le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que Paris "n'a pas de certitude" sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. "Nous n'avons pas de certitudes. Il y a des indices qui ont été donnés par les Anglais, aussi par les Américains. Nous, nous sommes en train de vérifier cela", a affirmé Laurent Fabius sur la radio Europe 1. "(Il n'y a) pas encore de preuves et on a demandé au secrétaire général des Nations unies d'ordonner une enquête dans l'ensemble de la Syrie pour voir ce qu'il en était. Et ce qui est quand même indicatif, c'est que la Syrie a refusé de laisser pénétrer sur son territoire des enquêteurs", a poursuivi le ministre.

 

(Reportage : En Syrie, des rebelles fabriquent eux-mêmes leurs masques à gaz)

 

La semaine dernière, les Etats-Unis ont reconnu pour la première fois que le régime syrien avait probablement utilisé des armes chimiques, tout en soulignant que leurs renseignements n'étaient pas suffisants pour en avoir la certitude. Le Premier ministre britannique David Cameron a parlé de "preuves limitées" mais "croissantes" de cette utilisation. La France s'est démarquée des positions américaines et britanniques.

 

Damas a rejeté les accusations d’utilisation d’armes chimiques, tandis que son allié russe a mis en garde l'Occident contre l'utilisation de ce dossier comme un "alibi" pour intervenir militairement en Syrie.

 

Interrogé sur une éventuelle levée de l'embargo européen sur les armes à destination de la Syrie, Laurent Fabius a estimé que "le négatif ou en tout cas l'incertain, c'est que la coalition des résistants n'est pas aussi unie qu'on (le) voudrait".

 

(Pour mémoire : Paris fait machine arrière sur la livraison d’armes aux rebelles syriens)

 

 

Missile sol-sol

Sur le terrain, l'armée syrienne a tiré dimanche à l'aube un missile sol-sol sur la localité de Tall Rifaat, dans le nord du pays, tuant au moins quatre civils, dont deux enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des militants anti-régime du Centre médiatique d'Alep ont rapporté qu'il s'agissait d'un missile Scud, mais cette information n'a pu être vérifiée.

En février, des opposants avaient accusé l'armée d'avoir tiré, à partir d'une base dans la région de Damas, des missiles Scud sur un quartier de la ville d'Alep, faisant 58 morts dont 36 enfants. Damas avait démenti avoir utilisé des Scud.

 

Dans la même région d'Alep, de violents combats ont éclaté à l'intérieur de l'aéroport militaire de Kouweiris, dans une nouvelle tentative des rebelles d'en prendre le contrôle.

En début d'année, les rebelles s'étaient lancés dans la "bataille des aéroports d'Alep" pour priver le régime de son principal atout : sa maîtrise des airs. Ils avaient visé l'aéroport international, ceux militaires de Jarrah et de Kouweiris à l'est, celui de Mennegh au nord et de Nairab au sud. Ils ont pris pour le moment le contrôle de Jarrah.

 

Plus au nord, dans la province d'Idleb, de violents combats secouaient les abords du grand aéroport militaire d'Abou el-Dhour, assiégé depuis des mois par les rebelles, a indiqué l'OSDH estimant que "c'est un aéroport important car il est encore fonctionnel".

 

Selon l'OSDH, 161 personnes sont mortes samedi dans les violences à travers la Syrie et au moins 42 dimanche selon un bilan provisoire.

 

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Le Premier ministre syrien, Waël al-Halaqi, est sorti indemne d'un attentat perpétré lundi matin à Damas, a rapporté la télévision officielle Al-Ikhbariya.
 
Selon la télévision d'Etat, l'attentat s'est produit près d'un jardin public et d'une école à Mazzé, quartier ultra-sécurisé du centre-ouest de la capitale syrienne abritant de nombreuses ambassades, des bâtiments gouvernementaux et des sièges des services de renseignement et où résident de nombreux responsables politiques. Le photographe de l'AFP sur place a vu plusieurs véhicules calcinés, dont un autobus, et plusieurs autres voitures garées aux vitres brisées. Les services de sécurité ont bouclé le secteur. "Je marchais dans la rue, quand soudain une explosion très forte s'est produite, et j'ai vu une voiture brûler et des gens courir. J'ai entendu le...
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1er Ministre bääSSyrien !? C'est une blague ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

22 h 15, le 29 avril 2013

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Commentaires (5)

  • 1er Ministre bääSSyrien !? C'est une blague ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    22 h 15, le 29 avril 2013

  • On est payé par la même monnaie qu'on faisait payer aux autres...

    SAKR LOUBNAN

    19 h 59, le 29 avril 2013

  • Une preuve de plus que les salafo wahabo qatari sont en mauvaise posture, quand ils perdent du terrain, ils s'adonnent a ce jeu macabre, comme le faisait l'etat usurpateur devant les coups de boutoir de la resistance du hezb, en 2000.On connait la fin.

    Jaber Kamel

    16 h 57, le 29 avril 2013

  • Une guerre civile syrienne qui semble donc longue avec un printemps arabe noir toujours tâché de sang . Triste . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    14 h 40, le 29 avril 2013

  • Cet attentat ressemble à des purges staliniennes de sinistre mémoire. Le P.M. syrien a-t-il voulu suivre une ligne que le "saffah" de Damas n'approuve pas ? L'attentat s'est produit dans une zone ultra-protégée. Le mois dernier, le très pro-Assad, Cheikh El-Bouti périssait lors d'un attentat dans une mosquée, soupçonné d'avoir émis quelques réserves... la répression continue et la liste s'allonge. Jusqu'à quand laisse- t-on faire cette guerre quasi à huis clos ?

    Charles Fayad

    14 h 34, le 29 avril 2013

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