Après le programme draconien mis en place sur trois ans afin d’économiser 150 milliards d’euros avant la fin 2014, qui a asphyxié la demande intérieure, ces réformes ne sont pas assorties de nouvelles mesures d’austérité significatives. Après la très impopulaire hausse de la TVA en septembre 2012, elles excluent ainsi une hausse des principaux impôts, même si le gouvernement envisage des taxes supplémentaires notamment en matière d’environnement et s’apprête à maintenir une année de plus la hausse de l’impôt sur le revenu qu’il avait promis de n’appliquer que pour 2012 et 2013. « Nous n’allons pas augmenter les grands impôts : l’impôt sur le revenu et la TVA », a toutefois souligné la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria. Le ministre du Budget, Cristobal Montoro, a rappelé « l’effort d’austérité titanesque » consenti par le pays depuis l’arrivée au pouvoir, en décembre 2011, du gouvernement de droite de Mariano Rajoy.
Malgré ces efforts, le vice-président de la Commission européenne, Olli Rehn, a de nouveau réclamé à Mariano Rajoy qu’il présente des réformes « larges et concrètes » afin de corriger les « déséquilibres excessifs » affichés par l’Espagne, quatrième économie de la zone euro plongée dans la crise depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. Mais dans un contexte de profonde crise sociale, alors que le nombre de chômeurs vient de franchir la barre des six millions, à 27,16 % des actifs, le gouvernement ne dispose que d’une marge de manœuvre très étroite.
Pour que l’effort d’assainissement soit moins douloureux, il a dû relever son objectif de réduction du déficit public, à 6,3 % du produit intérieur brut cette année contre 4,5 % prévu, après 7 % en 2012, et admettre qu’il faudra attendre 2016, et non 2014, pour revenir sous le seuil des 3 % imposé par Bruxelles, à 2,7 %. Un tel assouplissement devrait permettre au pays de lever le pied en matière de coupes budgétaires, alors que le programme d’austérité historique entrepris par l’équipe de Mariano Rajoy a contribué à approfondir la contraction de l’activité et à faire exploser le chômage.
Le gouvernement souhaite dans ce cadre mieux équilibrer « la réduction du déficit et la croissance économique », avait expliqué cette semaine le ministre de l’Économie Luis de Guindos. Mais après avoir longtemps reculé, le gouvernement a été contraint d’admettre que la contraction du PIB irait jusqu’à 1,3 % cette année, contre 0,5 % prévu, avant un retour à une faible croissance de 0,5 % en 2014. Retombée en récession à la fin 2011, l’Espagne a terminé 2012 sur un recul de 1,37 % de son PIB.
Cette contraction de l’activité complique le retour à l’emploi : le chômage ne devrait céder du terrain que faiblement en 2014, à 26,7 %, puis 25 % en 2015.
Parallèlement à l’assainissement de ses comptes, le gouvernement entend poursuivre ses réformes structurelles.
(Source : AFP)


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