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À La Une - Commémoration De La Journée De L’Anzac Le 25 Avril

Bien gravé dans le cœur : le sacrifice de l’Australie pour le Liban

À l’aube du 25 avril 1915, 16 000 soldats des troupes australiennes et néo-zélandaises débarquèrent à Gallipoli, en Turquie.

Onze mille soldats du corps d’armée australien et néo-zélandais (soldats Anzac), en plus de plusieurs milliers de soldats britanniques et turcs, tombèrent sur le front durant la bataille de huit mois ayant suivi la date du débarquement ; bataille qui s’est d’ailleurs soldée par la défaite et le retrait des forces alliées.
Cependant, alors que les années passent, la Journée de l’Anzac semble plus que jamais exercer une plus grande emprise sur notre mémoire collective. Eh bien, pourquoi ? Pourquoi cette journée en question, plus que tout autre journée ? Pourquoi glorifions-nous une bataille que nous n’avons même pas gagnée ?
La réponse pourrait paraître étrange pour le public libanais. En fait, vous les Libanais jouissez d’un long passé historique. Vous gardez ainsi vivants au quotidien les souvenirs de vos ancêtres. Votre présent est indéniablement marqué par les triomphes et les peines de votre passé ; ce qui se reflète d’ailleurs dans vos langue, culture et tradition.
Nous aussi, en tant qu’australiens et néo-zélandais, portons en héritage un passé indigène historique. Mais en même temps, nous demeurons de jeunes nations. Et nous, les plus nouvelles nations du nouveau monde, nous nous sommes libérées du poids du passé, et nous voilà mues au lieu de cela par un enthousiasme et un grand optimisme pour l’avenir.

La Journée de l’ANZAC est fort exceptionnelle parce que, en cette journée, nous sommes tous appelés à porter un regard sur le passé et non pas sur l’avenir. C’est en cette journée seulement que nous nous arrêtons pour méditer et nous rappeler du lourd tribut qui a été payé pour nous permettre de jouir d’une incomparable bonne fortune tout comme d’une liberté et d’une prospérité sans pareilles.
Ce matin, au cimetière de guerre du Commonwealth situé à Kaskas, nous nous sommes rappelés que les souffrances et le sacrifice des jeunes hommes et jeunes femmes en uniforme se sont étendus vers le Liban.
Près de trois cent vingt Australiens et quinze Néo-Zélandais reposent ainsi dans les cimetières de guerre du Commonwealth à Beyrouth, Tripoli et Saïda. Et à l’instar de ceux qui sont tombés au champ d’honneur à Gallipoli, une génération auparavant, leurs sacrifices ne furent pas vains.
En effet, en 1941, la 7e division de l’armée australienne participa, aux côtés des forces de la Légion britanniques, françaises libres, tchèques, indiennes et arabes, à la libération du Liban et de la Syrie de la domination du régime de Vichy.
Et le renversement du régime de Vichy a directement mené à l’indépendance du Liban et de la Syrie, respectivement en 1943 et 1944.
En vue de mieux révéler le rôle que joua l’Australie pour garantir l’indépendance du Liban, nous avons choisi de réaliser cette année un court métrage intitulé Bien gravé dans le cœur.
Durant la phase de réalisation du film, nous avons interviewé cinq Libanais qui gardent des souvenirs de première main des troupes australiennes. Leurs souvenirs mettent l’accent sur quelques-uns des meilleurs aspects de la tradition Anzac.

Un monsieur à Zahlé se souvient que les Australiens étaient bons, aimaient la vie, riaient beaucoup et prenaient plaisir à boire un verre, écouter une chanson et à faire des farces.
Un autre monsieur s’est rappelé que lorsqu’il était petit garçon, il vendait des boissons froides aux beaux Australiens grands de taille et toujours aimables qui construisaient une route à Rayak.
Un troisième monsieur à Riyak s’est souvenu d’un soldat appelé commandant Whitley qui, lui, a consacré du temps pour lui apprendre, à l’âge de 14 ans, à conduire une voiture à Terbol. Il a aussi raconté, tout en souriant, que les Australiens lui ont même laissé une somme d’argent en 1946 après la fin de la guerre.
Et une femme à Saïda nous a raconté d’une manière émouvante que l’amour et la reconnaissance qu’elle porte aux troupes australiennes ne diminueront ni ne disparaîtront jamais. Ils sont bel et bien gravés dans son cœur.
Aujourd’hui, dans plus de 70 pays, des millions d’Australiens et de Néo-Zélandais vont combler leurs cœurs de souvenirs.

Nous allons tous pour un instant marquer une pause et mettre de côté notre quotidien fort chargé en vue de réfléchir aux valeurs qui sous-tendent la légende Anzac, à savoir le courage, l’amitié, l’humour, la loyauté et le sacrifice.
Et par-dessus tout, nous marquerons une pause pour nous souvenir.
À l’aube du 25 avril 1915, 16 000 soldats des troupes australiennes et néo-zélandaises débarquèrent à Gallipoli, en Turquie.Onze mille soldats du corps d’armée australien et néo-zélandais (soldats Anzac), en plus de plusieurs milliers de soldats britanniques et turcs, tombèrent sur le front durant la bataille de huit mois ayant suivi la date du débarquement ; bataille qui s’est d’ailleurs soldée par la défaite et le retrait des forces alliées.Cependant, alors que les années passent, la Journée de l’Anzac semble plus que jamais exercer une plus grande emprise sur notre mémoire collective. Eh bien, pourquoi ? Pourquoi cette journée en question, plus que tout autre journée ? Pourquoi glorifions-nous une bataille que nous n’avons même pas gagnée ?La réponse pourrait paraître étrange pour le public...
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