JPMorgan Chase, première banque américaine en termes d’actifs, a vu son bénéfice bondir de 33 % à 6,5 milliards de dollars, dépassant les attentes de Wall Street. Eduardo Munoz/Files/Reuters
JPMorgan Chase, première banque américaine en termes d’actifs, a vu son bénéfice bondir de 33 % à 6,5 milliards de dollars, dépassant les attentes de Wall Street, mais son chiffre d’affaires a déçu avec un recul de 4 % sur un an à 25,1 milliards de dollars. La division de banque de détail a été son talon d’Achille, plombée par les prêts immobiliers, dont les recettes ont fondu de 28 %. Une tendance qui s’est retrouvée chez Wells Fargo qui a également affiché un bénéfice record en hausse de 22 % à 5,2 milliards de dollars, et un chiffre d’affaires décevant (-2 % à 21,3 milliards de dollars). Bank of America a fait moins bien qu’attendu malgré des résultats septuplés au premier trimestre à 2,25 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires en hausse de 6 % à 23,5 milliards de dollars, pâtissant notamment de la division de prêts hypothécaires qui a encore perdu 1,3 milliard de dollars.
« Le bond du refinancement hypothécaire » des derniers mois, et notamment de la fin 2012, « commence à ralentir », a souligné Erik Oja, analyste de Standard and Poor’s. Dans un environnement de taux d’intérêt bas, Bank of America et Morgan Stanley ont elles aussi enregistré de mauvaises performances dans leurs activités de dérivés, matières premières et produits obligataires, même si les résultats de gestion de fortune ont été bons grâce à la forte hausse de la Bourse. Michael Wong, analyste de la maison de recherche Morningstar, remarque toutefois que le volume de transactions reste faible, ce qui a miné une partie des activités de trading des banques.
Les banques, à l’instar de Bank of America, ont affiché une bonne performance en banque d’investissement grâce aux émissions de titres plus qu’aux fusions et acquisitions qui restent déprimées.
Dans un contexte global d’amélioration de la qualité du crédit, Citigroup a affiché un bénéfice en hausse de 30 % à 3,8 milliards de dollars, et un chiffre d’affaires en progression de 6 % à 20,5 milliards de dollars, tous deux meilleurs qu’attendu, le résultat étant largement dopé par une baisse des provisions pour pertes liées aux prêts. Le directeur financier John Gerspach a justifié cette décision en soulignant que Citi avait affiché deux trimestres consécutifs d’amélioration de la performance de son portefeuille de prêts immobiliers. Il a fait état d’une poursuite du désendettement chez les consommateurs qui a freiné les résultats en banque de détail, une tendance retrouvée chez JPMorgan Chase où le PDG Jamie Dimon a déploré « une croissance des prêts ralentie ».
Les dépenses juridiques des banques restent, et vont rester, importantes en raison de litiges hérités d’avant la crise pour Citi, JPMorgan Chase, Bank of America et dans une moindre mesure Wells Fargo.
Le trimestre a aussi été marqué par la rigueur dans les dépenses des banques. Elles ont taillé dans leurs effectifs, notamment Morgan Stanley, Citigroup et JPMorgan Chase, et dans une moindre mesure Goldman Sachs, qui a procédé à un écrémage annuel dans ses rangs en début d’année. Goldman Sachs a dégagé un bénéfice en petite progression, de 5 % sur un an à 2,2 milliards de dollars, grâce à un chiffre d’affaires tout juste en hausse (+1 % à 10,1 milliards de dollars) et à des coupes dans les dépenses.
Les banques se trouvant contraintes de limiter leurs risques en raison des changements de réglementation en préparation, notamment dans le domaine des dérivés et investissements en propre, la gestion des dépenses devient de plus en plus déterminante : « Nous allons rester concentrés sur la gestion de nos coûts », a insisté le PDG de Goldman Sachs Lloyd Blankfein. Chez Citi, le niveau des indemnités de licenciement et des dépenses juridiques a toutefois entraîné une légère progression (+1 %) des dépenses opérationnelles.
(Source : AFP)


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