Instabilité politique, événements sécuritaires à répétition combinés à une augmentation du coût de la vie et une détérioration des services publics... la confiance du consommateur a été soumise à de rudes épreuves en 2012.
Selon l’indice de confiance du consommateur publié par Byblos Bank et l’Université américaine de Beyrouth (AUB), si ce dernier a connu une hausse durant les mois de juillet, de septembre et de décembre il a reculé en août, octobre et novembre 2012, tandis qu’il a connu son plus bas niveau depuis sa création durant 10 mois sur douze.
Plus en détail, l’indice a légèrement augmenté au troisième trimestre pour chuter durant les trois derniers mois de 2012. Parallèlement, les résultats de l’étude démontrent que le niveau de confiance du consommateur a décliné sur l’ensemble des 26 sous-catégories que compose l’indice durant le dernier trimestre de 2012.
Selon Nassib Ghobril, économiste en chef à Byblos Bank, « l’instabilité politique, les vagues de kidnappings, la reprise des assassinats politiques et l’inquiétude grandissante quant au risque de contagion de la crise syrienne au Liban ont lourdement pesé sur le sentiment du consommateur ». « À cela, se sont ajoutées l’augmentation du coût de la vie et la détérioration des services publics, a-t-il poursuivi. Cependant, la reprise du dialogue national et la déclaration de Baabda ont contribué quelque peu à contenir la dégradation de la confiance du consommateur. »
Les ménages très pessimistes quant à la situation économique dans son ensemble
Les résultats de l’étude révèlent par ailleurs que les attentes des consommateurs sur le moyen terme étaient généralement inférieures à leurs attentes durant la seconde moitié de 2012. Une telle tendance révèle le sentiment négatif du consommateur et l’ampleur de son pessimisme.
Sur l’ensemble de l’année, « la confiance du consommateur a été sérieusement affectée », indique Byblos Bank. En effet, sur les douze mois de l’année, 10 ont affiché un indice de confiance le plus bas depuis sa création en 2007. Par ailleurs, l’indice a enregistré une moyenne mensuelle de 32,5 en 2012, ce qui reflète une diminution de 37 % en comparaison avec 2011 et une chute de 55,4 % par rapport à 2010.
« La consommation et l’activité économique ne sont pas immunisées contre les chocs sécuritaires chroniques en particulier en l’absence de plan de relance pour stimuler la croissance, a ajouté M. Ghobril. Nous nous attendons ainsi à ce que l’économie continue de stagner dans le futur proche, étant donné la méfiance du consommateur et l’absence d’indicateurs permettant de penser que la situation pourrait s’améliorer. »
L’indice de confiance des consommateurs Byblos Bank/OSB est calculé sur une base mensuelle, janvier 2009 servant de mois de base. Il est composé de deux sous-indices : l’indice de la situation actuelle Byblos Bank/OSB et l’indice des prévisions Byblos Bank/OSB. Le premier sous-indice couvre les conditions financières et économiques des consommateurs libanais, le second transcrit leurs prévisions sur les six prochains mois.
Lire aussi
Liban : Les employés de banque optent pour l’escalade
Pour mémoire
Le Liban a connu une déflation en février
La consommation des ménages en France a fléchi en 2012 et devrait rester atone


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine