La production électrique de la nouvelle centrale de Zouk permettra de réduire l’écart énergétique que connaît le Liban. Sur notre photo, l'actuelle centrale électrique de Zouk Mosbeh, au nord de Beyrouth. AFP/JOSEPH EID
La première pierre de la nouvelle centrale de Zouk a été posée hier par le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil, lors d’une cérémonie qui a rassemblé de nombreux officiels et représentants des secteurs public et privé, ainsi que l’ambassadeur du Danemark au Liban, Jan Top Christensen.
À titre de rappel, le ministère de l’Énergie avait lancé en mai 2012 des appels d’offres pour un projet de 1,2 milliard de dollars afin de produire 700 mégawatts (mW) supplémentaires d’électricité.
En février dernier, et dans le cadre de ce projet, un contrat de 348 millions de dollars a été signé avec un consortium composé de deux compagnies, l’une danoise, Burmeister & Wain Scandinavian Contractor (BWSC), et l’autre allemande, MAN Diesel & Turbo. « Ces contrats figurent parmi les plus importants de l’histoire de BWSC », avait alors relevé le PDG, Anders Heine Jensen.
Les entreprises se sont engagées à construire deux centrales d’une capacité maximale de production de 272 mW à Jiyé et Zouk (où sont également situées les actuelles centrales). Construite en 1984, l’« ancienne » centrale de Zouk assure plus de 25 % de l’électricité du Liban. Censée produire 600 mégawatts par jour, elle n’en fournit aujourd’hui que 350. La banque britannique HSBC et l’Agence danoise pour le crédit à l’exportation (EKF) ont toutes deux fourni un prêt à environ 4 % de taux d’intérêt, dont la somme n’a pas été dévoilée, pour financer les projets.
« Des milliards de dollars économisés »
La nouvelle centrale de Zouk devrait être livrée en 2014 et devrait produire quelque 195 mW, selon le ministre Bassil. « Le contrat spécifie qu’elle aura la capacité de fonctionner au gaz naturel, en plus du fuel, ce qui permettra à l’État d’économiser des milliards de dollars », a-t-il souligné. Une alternative nettement moins polluante et beaucoup plus rentable, à 9 centimes de dollars par kWh, contre 14,5 cents par kWh pour le fuel habituel, a-t-il poursuivi.
La production électrique des deux nouvelles centrales permettra de réduire l’écart énergétique que connaît le Liban, qui fournit actuellement 1 500 mW pour une demande qui devrait atteindre 3 000 mW cet été.
À cela s’ajoutent la réhabilitation de l’ancienne centrale de Zouk, dont la capacité de production devrait augmenter à 550 mW, ainsi que l’apport, toutefois temporaire, des 188 mW produits par la centrale électrique flottante turque Fatmagül Sultan, reliée au réseau national depuis la semaine dernière. Une seconde barge est attendue en juin. L’appoint cumulé des deux centrales flottantes, « prêtées » au Liban par la compagnie turque Karadeniz Holding contre la somme de 392 millions de dollars, devrait permettre d’augmenter la production d’électricité du pays de 270 mW.
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