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À La Une - Édition

La scène artistique de Beyrouth commentée dans une publication et un DVD

Après Berlin en 2009 et Mexico en 2011, c’est au tour de Beyrouth de se placer sous le périscope de « Peeping Tom Digest ». L’édition 2013 de cette revue expérimentale est en effet entièrement consacrée à la capitale libanaise.

La table ronde, réunissant les artistes, filmée par Peeping Tom.

Peeping Tom Digest se présente comme «une revue expérimentale et subjective dédiée aux scènes artistiques contemporaines à travers le monde». Chaque volume est en effet consacré à la scène artistique d’un territoire (une ville, un pays, une région) et met en avant les artistes qui la représentent. Le point de départ de chaque numéro est la résidence du collectif Peeping Tom pendant une période de quelques mois dans le pays choisi. Se voulant «délibérément empirique, sans prétention critique, théorique ou historique», leur démarche relève effectivement d’une expérimentation permettant ainsi de sortir des sentiers battus. Désireux de faire découvrir des œuvres, artistes et initiatives artistiques locales, chaque numéro tente également de révéler la spécificité de la scène artistique décrite: l’approche curatoriale ainsi que la structure du magazine elle-même (format, nombre de pages, etc.) sont différentes à chaque numéro, afin de refléter les problématiques et les enjeux de chacune de ces scènes. La généalogie de leurs découvertes ainsi que les différents protagonistes de leur expérimentation sont présentés sous la forme d’un poster encarté dans la publication. Une sorte de Mind Map, avec tous les noms (une centaine?) des personnes impliquées de près ou de loin dans ce projet.


Son point de départ: une table ronde filmée et 22 textes (essais, interviews, fictions, contributions artistiques, etc.), 30 figures locales et internationales du monde de l’art (artistes, commissaires d’expositions, directeurs de centres d’art, écrivains, journalistes, réalisateurs, anthropologues, philosophes, etc.) ont été invitées à examiner et réagir à cette liste de citations.
La revue inclut également un DVD: film réalisé par Peeping Tom et coproduit par Anna Sanders Films.

À l’origine :46 commentaires
L’impulsion et point de départ de Peeping Tom Digest#3 Beirut? Une liste de 46 phrases, glanées par le collectif Peeping Tom lors de leur résidence à Beyrouth à l’automne 2011.
«Lors d’entretiens individuels et informels, nous avons noté certaines déclarations de nos interlocuteurs, sans arrière-pensée, dans le seul but de prendre note de nos conversations, explique Caroline Niémant, éditrice et rédactrice en chef de la revue. À la fin de notre séjour, nous avons réalisé qu’une fois regroupées ensemble, ces citations décrivaient la scène artistique locale d’une manière inattendue, voire scandaleuse. »


Et de noter: «Confrontant des perspectives différentes, parfois même radicalement opposées, ces déclarations – solennelles ou frivoles, mais souvent très critiques et sans compromis – soulèvent cependant des problématiques fondamentales mettant en lumière la complexité et les paradoxes de la scène artistique libanaise. En effet, ces citations couvrent un large spectre d’opinions et de suppositions concernant la scène artistique locale, y compris certains clichés, malentendus et idées fausses qu’elle véhicule.»


Niémant a trouvé que ces citations révèlent, rétrospectivement, un visage méconnu de cette scène, «à travers une évocation substantielle et hétérogène de ses pratiques et enjeux». «L’intention première de ce projet était de générer une conversation afin de déclencher des réactions et d’engager un dialogue avec nos différents interlocuteurs sur les informations qui nous ont été transmises, explique-t-elle. Ces affirmations sont-elles des faits, de simples rumeurs, des poncifs, des amalgames, de la propagande? Relèvent-elles du domaine du mythe, du folklore, de la provocation ou du fantasme? Sont-elles une question de subjectivité ou tout simplement le produit de notre présence, statut et observation?»


Autant d’interrogations lancées pour animer des débats, bien plus que dans le but d’en vérifier la véracité ou la pertinence. Et aussi dans le but de proposer une lecture possible (parmi tant d’autres) de la scène locale «mais aussi de (re)considérer notre positionnement d’observateurs extérieurs». L’éditrice souligne par ailleurs que l’une des préoccupations principales était d’éviter de tomber dans une définition réductrice, voire touristique d’une «identité», consciente de la dangerosité de dresser le portrait et de promouvoir un groupe social homogène, uniquement défini par des critères géographiques ou nationaux.


«Dans cette même logique, il nous semblait essentiel, dans cette entreprise de description d’une scène donnée, de donner la parole à ses différents acteurs, ajoute-t-elle. C’est pourquoi leurs opinions sont non seulement les déclencheurs de cette réflexion, mais également son moteur puisque ces individus sont invités à réfléchir et à débattre de ce matériau, à en présenter leur propre analyse et critique.»


Le collectif dit avoir choisi cette méthodologie pour pallier une certaine «appréhension concernant la couverture médiatique d’un contexte étranger», comme l’indique la note d’intention de la publication. Qui fait également référence à l’inconfort que les membres du collectif ressentiraient à travers leur statut et leur positionnement extérieur de « journalistes » / « commissaires » / « éditeurs ».


«À l’origine, nous avons mis en place ce dispositif afin de transférer ces citations dans un domaine collectif et public, dans l’intention de les relativiser à défaut de les absorber de manière littérale au sein de la publication, conclut Caroline Niémant. L’ambition première de cette expérimentation était de créer un cadre discursif confrontant des perspectives différentes afin d’éviter des jugements hâtifs et hasardeux, avant de définir le contenu éditorial du livre.»
Au final, ce protocole est devenu le contenu éditorial du livre. À signaler que la revue sera d’abord lancée à Paris (le samedi 20 avril), avant Beyrouth où elle sera disponible à partir de mai. Mais il est possible de la commander en ligne sur le site http://www.peepingtomgalerie.com/

Peeping Tom Digest se présente comme «une revue expérimentale et subjective dédiée aux scènes artistiques contemporaines à travers le monde». Chaque volume est en effet consacré à la scène artistique d’un territoire (une ville, un pays, une région) et met en avant les artistes qui la représentent. Le point de départ de chaque numéro est la résidence du collectif Peeping Tom pendant une période de quelques mois dans le pays choisi. Se voulant «délibérément empirique, sans prétention critique, théorique ou historique», leur démarche relève effectivement d’une expérimentation permettant ainsi de sortir des sentiers battus. Désireux de faire découvrir des œuvres, artistes et initiatives artistiques locales, chaque numéro tente également de révéler la spécificité de la scène artistique décrite:...
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