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Moyen Orient et Monde - Espagne

Juan Carlos : « J’ai l’énergie et surtout l’envie de continuer »

Bien qu’affaibli, le roi n’est pas près d’abdiquer en faveur de son fils.

Le roi d’Espagne, Juan Carlos, à sa sortie d’hôpital le 9 mars 2013. Pedro Armestre/AFP

Affaibli par des problèmes de santé, accablé par des scandales familiaux inédits, le roi Juan Carlos d’Espagne, longtemps très populaire, est confronté à la perspective d’une abdication. Pourtant, « je suis en pleine forme, j’ai l’énergie et surtout l’envie de continuer », lançait Juan Carlos début janvier lors d’une interview télévisée à l’occasion de son soixante-quinzième anniversaire. Ce message semblait destiné à faire taire les rumeurs sur son éventuelle abdication, provoquées par une série noire alliant ses soucis de santé à des scandales personnels et à l’enquête pour corruption visant son gendre. Des aléas d’autant plus nocifs que l’Espagne est plongée dans une profonde crise économique qui accentue la défiance envers les institutions. Mais les jeunes générations, elles, ignorent ou sont peu sensibles au rôle joué par le monarque lors de la transition démocratique. Et le message ne semble pas être passé : début mars, près de six personnes sur dix (56,9 %) estimaient dans un sondage que Juan Carlos devrait abdiquer en faveur de son fils, le prince héritier Felipe, âgé de 45 ans.

Découragement psychologique
Trente-sept ans après le début de son règne, entamé deux jours après la mort du dictateur Francisco Franco le 20 novembre 1975, le soutien à la monarchie était tombé début janvier « à un minimum historique de 54 % ». Abel Hernandez, auteur de plusieurs livres sur le roi, reconnaît qu’« il a eu un moment de découragement psychologique, provoqué par les problèmes de santé puis les critiques ». En effet, début mars, le roi a été opéré d’une hernie discale et son rétablissement complet devrait prendre entre « deux et six mois ». Sur un autre front, son gendre, Iñaki Urdangarin, a été entendu une deuxième fois en février par un juge des Baléares. Abel Hernandez estime pourtant que Juan Carlos a « de nouveau envie de se battre. La seule intention du roi en ce moment, c’est de se rétablir le plus vite possible et de poursuivre sa tâche avec vigueur ». Véritable « patriote » pour l’écrivain, Juan Carlos n’envisagerait pas, selon les spécialistes, d’abandonner son poste en pleine tourmente économique, alors que la défiance envers les institutions augmente dans une Espagne agitée par les scandales de corruption. « Ce n’est sans doute pas le meilleur moment pour s’aventurer sur le chemin d’une abdication et le changement à la tête de l’État, il vaudrait mieux attendre des temps meilleurs », souligne Antonio Torres del Moral, professeur de droit constitutionnel à l’université à distance Uned.

Débonnaire
Malgré une image aujourd’hui ternie, plusieurs analystes soulignent que le souverain peut encore apporter ses services au pays. Bien connu des dirigeants latino-américains, grand ami supposé du roi du Maroc Mohammad VI, à l’aise avec les monarchies du Golfe, Juan Carlos « est l’Espagnol et l’Européen qui détient le meilleur carnet d’adresses dans le monde », affirme Fermin J. Urbiola, journaliste et auteur de plusieurs livres sur le roi. Juan Carlos « est très bon dans ce travail de médiation », souligne Abel Hernandez. « L’image du roi, au moins dans sa dimension familiale, s’est détériorée », reconnaît Antonio Torres del Moral. « Mais son image de chef d’État reste bonne à travers le monde ». Celui-ci devrait donc plutôt attendre que le processus judiciaire visant son gendre s’achève avant d’abdiquer, « ce qui lui permettrait de laisser une situation nette à son héritier », analyse Eduardo Virgala, professeur de droit constitutionnel à l’université du Pays basque.
Après avoir longtemps souffert d’un déficit de sympathie par rapport à son père, débonnaire et au charisme naturel, Felipe, marié à la princesse Letizia, affirme de jour en jour sa présence sur la scène officielle. « Un certain équilibre entre les deux est en train de s’établir », souligne Antonio Torres del Moral. Désormais, pour plus de huit Espagnols sur dix (85,9 %), le prince est à présent « très bien préparé » ou « assez bien préparé ». Bien qu’improbable à court terme, une éventuelle abdication de Juan Carlos « ne poserait aucun problème », selon Abel Hernandez. Car Felipe « est un homme bien préparé, qui offre largement assez de garanties, et le roi le sait ».
(Source : AFP)
Affaibli par des problèmes de santé, accablé par des scandales familiaux inédits, le roi Juan Carlos d’Espagne, longtemps très populaire, est confronté à la perspective d’une abdication. Pourtant, « je suis en pleine forme, j’ai l’énergie et surtout l’envie de continuer », lançait Juan Carlos début janvier lors d’une interview télévisée à l’occasion de son soixante-quinzième anniversaire. Ce message semblait destiné à faire taire les rumeurs sur son éventuelle abdication, provoquées par une série noire alliant ses soucis de santé à des scandales personnels et à l’enquête pour corruption visant son gendre. Des aléas d’autant plus nocifs que l’Espagne est plongée dans une profonde crise économique qui accentue la défiance envers les institutions. Mais les jeunes générations, elles,...
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