De nouveau ce climat d’incertitude, pesant, plombant, obsédant. Le plus étonnant est qu’on s’en étonne encore. Au fond, le Liban n’aura connu qu’une poignée d’années stables que nous avons cru éternelles. Depuis les années 60, à peine apercevions-nous le bout d’un tunnel qu’un autre passage obscur se profilait au bout de la lumière, inexorablement. Il est clair que ce parcours stroboscopique où alternent l’espérance la plus folle et le désespoir le plus noir n’est propice ni à l’équilibre, ni à la raison, ni à la sérénité. Certes, il n’existe pas de pays idéal, et de tous les pays instables de la planète, on ne peut pas encore dire que le Liban est le plus mal logé. Nos quinze années de guerre, aussi pénibles et destructrices qu’elles aient pu être, ne semblent plus, à côté de la rage syrienne, que pipi de chat. Il est vrai qu’à cette époque nous avions déjà tout inventé : RPG et DCA de quartier à quartier, snipers, enlèvements sectaires, nettoyages ethniques, déplacements de populations, prises d’otages, tortures, viols, voitures piégées, pénuries, accaparement des produits de première nécessité. Exode, exil et sauve-qui-peut. Il est troublant de voir le même schéma se reproduire en Syrie mais à une échelle encore plus monstrueuse avec des armes de la dernière génération auxquelles s’ajoutent hélicos et avions de chasse.
Et à propos d’exode, où voulez-vous que les Syriens fuient la guerre sinon vers les pays voisins ? Le Liban leur est un pôle naturel. Ils y ont de la famille, certains d’entre eux y travaillent, d’autres y ont des habitudes saisonnières, surtout dans la Békaa à la période des moissons. Mais les Libanais, déjà à l’étroit dans leur petit territoire, déjà échaudés par le comportement arrogant et irresponsable des réfugiés palestiniens à la fin des années 60, ne décolérant pas au souvenir de l’occupation militaire syrienne jusqu’en 2005, ne sont pas prêts à accueillir ces semblables en détresse. Ils ne voient en eux que des conquérants en puissance venus partager le peu qu’ils ont, le courant électrique au bord de l’épuisement, l’eau potable hypothétique, un environnement dégradé, des denrées alimentaires dont les prix flambent sans contrôle, des emplois au rabais.
Dans les villages, les choses se passent plutôt bien. La pauvreté rurale se partage mieux que les richesses urbaines. Dans les villes, évidemment, surtout dans les banlieues et les camps palestiniens, les frictions sont quotidiennes. Cette intolérance latente a donné lieu à un petit film préventif qui circule sur les réseaux sociaux. Il est destiné à désamorcer les peurs et la violence qu’elles génèrent. Il y est indiqué en substance de ne pas faire porter à l’étranger – la tentation est forte – la responsabilité des maux locaux. Les réfugiés, pour peu qu’ils débarquent dans un pays fragile, ont toujours fait d’excellents boucs émissaires. Il est clair qu’avec ce surnuméraire nous allons devoir nous serrer. Autant, par la même occasion, nous serrer les coudes. La démocratie ne commence que là où s’arrête l’exclusion.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats De nouveau ce climat d’incertitude, pesant, plombant, obsédant. Le plus étonnant est qu’on s’en étonne encore. Au fond, le Liban n’aura connu qu’une poignée d’années stables que nous avons cru éternelles. Depuis les années 60, à peine apercevions-nous le bout d’un tunnel qu’un autre passage obscur se profilait au bout de la lumière, inexorablement. Il est clair que ce parcours stroboscopique où alternent l’espérance la plus folle et le désespoir le plus noir n’est propice ni à l’équilibre, ni à la raison, ni à la sérénité. Certes, il n’existe pas de pays idéal, et de tous les pays instables de la planète, on ne peut pas encore dire que le Liban est le plus mal logé. Nos quinze années de guerre, aussi pénibles et destructrices qu’elles aient pu être, ne semblent plus, à côté de la rage...
Il n'y a qu'un SEUL remède pour le Liban, SI on veut que le pays reste UNI : " CHACUN CHEZ SOI " ET TOUS ENSEMBLE ! Le système actuel étant : TOUS ENSEMBLE ET " CHACUN POUR SOI "... A QUAND LE RÉVEIL ?
11 h 23, le 15 mars 2013