Adel Khadri, 27 ans, s’est grièvement blessé, mettant le feu à son corps en plein centre-ville.Zine Tap/AFP
M. Larayedh, du parti islamiste Ennahda, principale force politique du pays, a assuré à la tribune que son gouvernement comptait achever sa mission avant la fin de l’année en mettant un terme à l’impasse politique. « Ce gouvernement est pour une période courte, de neuf mois environ, car nous sommes déterminés à ce que le gouvernement achève sa mission à la fin 2013 au maximum », a déclaré M. Larayedh. Il s’est fixé comme priorités de « réussir l’organisation des élections dans les plus brefs délais », d’« instaurer la sécurité », le pays étant déstabilisé par l’essor d’un islamisme armé et la multiplication des conflits sociaux, et de « continuer de relever l’économie, l’emploi et de lutter contre la hausse des prix ».
Après de longues négociations et faute d’avoir trouvé un consensus plus large, M. Larayedh a reconduit la coalition entre les islamistes et deux partis laïques tout en l’élargissant à des indépendants qui dirigeront notamment les ministères régaliens. Cette équipe devrait obtenir sans mal la confiance des députés.
La vie politique tunisienne est paralysée par l’absence de compromis sur le futur régime qui bloque la rédaction de la Constitution, la tenue d’élections et la mise en place d’institutions stables deux ans après la révolution de janvier 2011. Un calendrier a été soumis aux députés lundi, prévoyant l’adoption de la loi fondamentale début juillet et des élections en octobre. Les élus ne se sont pas encore prononcés sur le sujet, mais selon des observateurs cet échéancier est peu réaliste, d’autant que les dates limites fixées par le passé n’ont pas été respectées.
Cette paralysie politique mine aussi la reprise de l’économie, alors que le chômage et la misère étaient déjà des facteurs-clés de la révolution de 2011. Face à ces difficultés, un jeune vendeur à la sauvette s’est grièvement blessé en s’immolant par le feu à Tunis, un geste hautement symbolique, la révolution de janvier 2011 ayant été déclenchée par l’immolation d’un marchand ambulant à Sidi Bouzid. Adel Khadri, 27 ans, a mis le feu à son corps en plein centre-ville, sur l’avenue Habib Bourguiba, en hurlant « voilà la jeunesse qui vend des cigarettes, voilà le chômage ».
« Ses jours ne sont pas en danger, mais il a des brûlures du troisième degré à la tête et au dos. Il est sous surveillance médicale continue », a indiqué le porte-parole de la protection civile, Mongi Khadhi. Le jeune homme, originaire de Jendouba, « était démoralisé, son père est mort il y a quatre ans, il a trois frères et sa famille est très pauvre », a ajouté M. Khadhi.
L’avenue Habib Bourguiba est l’axe central de Tunis, où de nombreux Tunisois gagnent leur vie en vendant des cigarettes à l’unité, du jasmin ou des bibelots, une activité interdite.
Par ailleurs, deux jeunes Tunisiens, un homme et une femme, ont été placés en détention pour injures et menaces envers les forces de l’ordre après la diffusion sur Internet d’un clip vidéo de rap s’attaquant à la police, a annoncé hier le ministère de l’Intérieur.
(Source : AFP)


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