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Économie

Les médias sociaux, nouvel eldorado des entreprises ?

Liban - Enquête L’explosion des réseaux sociaux suscite la convoitise des entreprises qui y voient une plateforme idéale pour véhiculer leurs messages.
09/03/2013

Les médias sociaux jouent un rôle de plus en plus important dans la stratégie marketing et communication des entreprises. La consolidation, ou la modification de l’image de marque, le lien avec les consommateurs, l’identification de leurs besoins et de leur perception de la marque reposent de plus en plus sur ces nouveaux outils fondés sur l’interaction.
L’explosion des médias sociaux s’explique par et découle directement de la croissance vertigineuse puis la banalisation de l’Internet à l’échelle planétaire. « Les réseaux sociaux, les blogs, les microblogs, les applications, les plateformes de partage (...) Facebook, Twitter, Myspace, LinkedIn, YouTube, ou encore Flickr sont consultés au quotidien par des milliards d’utilisateurs à travers le monde », souligne Ahmad M., un jeune community manager (ou responsable/gestionnaire de communautés d’internautes pour le compte d’une société ou d’une marque). Rien qu’au Liban, le nombre total des utilisateurs de Facebook s’élève à plus de 1,5 million, selon le site socialbakers.com. Le taux de pénétration de la population s’élève quant à lui à 37,6 %.
En outre, et l’argument est de taille en ces temps de récession, les opérations à but publicitaire et/ou communicationnel par le biais des médias sociaux sont nettement moins coûteuses que les supports traditionnels (presse écrite, spots télévisés, spots radio ...). Une entreprise souhaitant augmenter sa visibilité et développer sa présence a la possibilité de le faire sur la Toile à coûts réduits. Nombreuses sont les compagnies ou les start-up qui, partout dans le monde, optent pour des campagnes sur les réseaux sociaux pour faire le buzz à moindres frais. Du concours du plus beau chat pour promouvoir une marque de croquettes à une application de poneys dansants spécialement créée pour une marque, tous les moyens sont bons pour faire parler de soi.

 

(Lire aussi: Start-up au Liban : de beaux jours en perspective)



Un potentiel énorme
Ce n’était donc qu’une question de temps avant que le Liban s’y mette. Aujourd’hui, après une longue période de tâtonnements, les compagnies spécialisées dans ce créneau se multiplient, offrant leurs services au marché local et régional.
« Le pays est longtemps resté à la traîne, d’autant plus que les connexions étaient très lentes et que les entreprises ne prenaient pas l’Internet au sérieux. Puis les choses ont progressé », confirment à L’Orient-Le Jour Nemr Nicolas Badine et Marc Dfouni, cofondateurs de la compagnie de conseil en marketing numérique, Eastline Marketing.
Ces derniers, qui se sont rencontrés au Canada durant leurs études, ont rapidement flairé les opportunités qui les attendaient avec l’avènement de l’Internet, se lançant dès 1996-1997 dans les ventes affiliées en ligne. Puis les réseaux sociaux ont gagné en popularité, s’installant durablement dans le cyberespace. Les deux amis, revenus au Liban en 2006, prennent alors la décision de fonder Eastline Marketing. L’organisation internationale à but non lucratif, Endeavor, qui a examiné les cas de plus de 30 000 candidats dans le monde et soutient actuellement plus de 708 entrepreneurs dans 17 pays, sélectionne la compagnie parmi des centaines de candidats puis la prend sous son aile en 2012.
« Le potentiel est énorme. Seulement 5 à 10 % du budget des entreprises, sur le marché panarabe, est actuellement consacré aux médias sociaux. Mais ce budget est en croissance constante. Le marché arabe devrait peser plus d’un milliard de dollars d’ici à 2016 », précise M. Badine.

Un outil à double tranchant
Aujourd’hui, concrètement, quelles sont les activités d’une entreprise spécialisée dans les médias sociaux ? « Le point de départ : une présence sur plusieurs réseaux et plateformes, et sur plusieurs interfaces. La première étape, le “recrutement”, consiste à créer des canaux de diffusion ou channels (pour le compte d’une marque ou d’une entreprise) et à recruter des équipes pour les animer », explique M. Dfouni.
« L’étape suivante, “le lancement”, mise sur le contenu, la communication et l’interaction par le biais de concours, de sondages, etc. L’exemple le plus typique est celui d’une page Facebook. Attention, détenir des milliers de “Like” ne veut pas dire que la page a du succès – des compagnies vendent des “paquets” de 30 000 “Likes” sur YouTube pour une bouchée de pain », prévient M. Badine. « Le vrai succès d’une page se mesure à l’interaction de ses fans (Followers) et à l’implication de l’équipe chargée de la gérer », précise Ahmad.
« La dernière étape, une fois que la visibilité, le lien direct avec les consommateurs et le contenu promotionnel sont établis, consiste à convertir le tout en ventes, c’est “la conversion”, le retour sur investissement », poursuit M. Badine. « Le mode participatif des réseaux sociaux, des blogs, des forums, les commentaires et les questions des internautes, nous donnent la possibilité de cerner très précisément les goûts des consommateurs, leur perception d’une marque, les failles d’une campagne, d’analyser le tout et de le rentabiliser », ajoute-t-il. « Bien sûr, ces activités sont encore en phase d’ajustement et beaucoup d’entreprises de la région ont encore du mal à saisir l’utilité des médias sociaux », relève M. Dfouni.
Un sondage mené par l’université californienne de Stanford a d’ailleurs montré l’an dernier que les PDG moyen-orientaux n’étaient pas les seuls à sous-estimer ou mal comprendre l’importance des médias sociaux, moins d’un tiers des entreprises nord-américaines interrogées y recourant pour soutenir leur stratégie, détecter les risques et évaluer leur performance.
« Certains responsables s’imaginent que créer un site suffit à augmenter la visibilité de leur compagnie sur la Toile, mais c’est une erreur, surtout si ledit site n’est jamais mis à jour : cela ne fait pas sérieux. Leur outil promotionnel se retourne contre eux, dans ce cas », note M. Badine. L’un des cas de figure les plus évoqués au Liban à cet égard est sans conteste celui de la municipalité de Beyrouth, qui a provoqué l’hilarité générale en 2010 en lançant son site web. Les textes, théoriquement en trois langues, étaient sommairement « traduits » à l’aide d’un outil de type Google Translate, ce qui a donné des résultats pour le moins surprenants – et peu professionnels. Le contenu a depuis été retiré et le site est toujours « en construction » deux ans plus tard...
Quoi qu’il en soit, les médias sociaux sont, comme tout autre vecteur de communication, à double tranchant : leur gestion judicieuse est d’une utilité incontestable, tandis qu’une initiative malheureuse, un message mal perçu, peuvent saper la crédibilité et l’image de marque d’une compagnie. Autant faire appel aux experts...

 

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Sabbagha A. Nazira

Oui il nous faut toujours des experts pour bien traduire l'image officielle du Liban sur le net et non recourir à des réseaux sociaux peu connus .



Nazira. A.Sabbagha




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