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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Les purs du pire

On l’attendait, celle-là ! Depuis quelque temps, l’air de rien, les birbes déliquescents de la chose publique nous distillent l’idée selon laquelle un report « technique » des législatives ne serait pas la mer à boire. Venant d’une camarilla d’imbuvables, le propos est cocasse. « De quelques mois seulement », bêlent-ils, zappant le fait que chez les Koullouna on peut pinailler des années sur des points débiles, au prétexte que le diable est tapi dans les détails. Tellement d’ailleurs, qu’on pourrait se demander si ce n’est pas la profusion des diables qui enfante ces détails.
Une fois gobé le boa du report technique, d’autres croûtons se mettent aussitôt en branle pour ânonner qu’un ajournement sine die du scrutin « ne serait pas la fin du monde ». Évidemment, que non ! Qu’est-ce que le monde a à battre d’une poignée de locdus locaux qui s’emploient à enjamber les échéances électorales, tantôt en inventant des lois tarabiscotées taillées à la mesure de leur rondelle vissée sur le fauteuil, tantôt en invoquant une insécurité pourtant inscrite dans l’ADN du pays !
Le bel exemple que voilà, quand on sait qu’un peu plus au Sud, des Hébreux multitâches se paient depuis des années des législatives, des présidentielles, des municipales, tout en nous abreuvant régulièrement de bombes et autres surprises bariolées.
Partie d’une poignée de politiciens dont l’organisme constitue un terrain favorable aux inoculations étrangères, la paraplégie motrice du vote a fini par gangrener certains corps professionnels, des campus universitaires, jusqu’aux clubs culturels des villages et syndics d’immeubles dans les villes. C’est simple, plus personne ne veut voter. Ils sont tous là à rechercher bêtement le consensus à tout prix, tant ils assimilent un éventuel échec électoral à une atteinte intolérable à l’orgueil et l’amour propre. C’est ce qui s’appelle surdévelopper le sous-développement.
Les générations du monde passent, construisent des écoles, des universités, des laboratoires, travaillent, produisent... Et nous, pendant ce temps, on en est à ergoter sur la différence entre majoritaire et proportionnelle, loi de 1960 et bafouille orthodoxe, report et reconduction. Soucis dérisoires qu’on jette en pâture à une population qui s’attend au pire.
Et quand le pire arrive, on se rend compte finalement qu’il n’est jamais pire que le pire qui le suivra.

 

gabynasr@lorientlejour.com

On l’attendait, celle-là ! Depuis quelque temps, l’air de rien, les birbes déliquescents de la chose publique nous distillent l’idée selon laquelle un report « technique » des législatives ne serait pas la mer à boire. Venant d’une camarilla d’imbuvables, le propos est cocasse. « De quelques mois seulement », bêlent-ils, zappant le fait que chez les Koullouna on peut pinailler des années sur des points débiles, au prétexte que le diable est tapi dans les détails. Tellement d’ailleurs, qu’on pourrait se demander si ce n’est pas la profusion des diables qui enfante ces détails.Une fois gobé le boa du report technique, d’autres croûtons se mettent aussitôt en branle pour ânonner qu’un ajournement sine die du scrutin « ne serait pas la fin du monde ». Évidemment, que non ! Qu’est-ce que le...
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