L'impression de Fifi ABOU DIB

In-femmes

L'impression de Fifi ABOU DIB
07/03/2013
Demain, 8 mars, dans le monde entier, on célèbrera la Journée internationale des femmes, plus précisément des droits de la femme. Les journées mondiales sont des dates consacrées à des causes plus ou moins sérieuses. Cela va de la paix (1er janvier) à l’orgasme (21 décembre), en passant par le berlingot de lait concentré sucré, la gentillesse, les coiffeuses, la plomberie, la rage, les montagnes, les rivières, la couche d’ozone, bref, toutes ces choses auxquelles on ne pense pas forcément tous les jours et qui mériteraient qu’on s’y arrête. Parce qu’elles sont indispensables et méprisées, vitales et fragiles, cruciales et dérisoires. Il est de coutume, lors de ces journées particulières (87 au total), d’entreprendre une action pour faire connaître la cause commémorée et la faire avancer. Cela va du bouquet de fleurs au projet de loi. Les manifs font également partie des traditions.
Arrêtons-nous donc à la cause des femmes. Si l’ONU a trouvé nécessaire de leur consacrer une journée, c’est sans doute parce que ce monde taillé à la mesure des hommes ne leur est pas encore particulièrement propice. Aujourd’hui même, de la Syrie à l’Égypte et dans toutes les zones de conflits, des femmes privées de leurs compagnons, morts, enlevés ou ayant pris les armes, laissées à elles-mêmes parfois sans abri, jetées avec leurs enfants sur les chemins d’exode, deviendront des butins de guerre ou des proies désespérées, prêtes à céder leur dignité et leur intégrité pour une petite rallonge de survie. Il suffira de serrer les dents. Le printemps arabe n’a pas de fleurs pour tout le monde.
Certes, dans les pays où la guerre a fini par s’arrêter, on pense d’abord à faire avancer l’égalité entre les sexes, surtout au niveau des salaires. Il aura fallu plusieurs millénaires pour que la femme accède au statut de partenaire plutôt que de subordonnée. Ailleurs, y compris au Liban, c’est par les mères que se transmet la tradition de soumission. Sans doute frustrées d’avoir eu elles-mêmes à servir le mâle, elles imposent à leurs filles ce témoin avilissant. Va faire un sandwich à ton frère. Va préparer le dîner à ton père. Va faire un café à ton oncle. Apporte une braise pour le narguilé. Coupe des tomates pour l’apéritif. Que font les hommes ? Les doigts de pied en éventail, la panse sur les genoux, ils attendent que cela vienne et jugent entre eux de la qualité du service. À quoi l’on verra si elle fera une bonne épouse. Un jour ou l’autre il faudra bien que quelqu’un les déleste de ce fardeau, de cette bouche à nourrir. Qui, dans tout cela, n’a rien de mieux à faire qu’attendre la becquée, personne ne le relèvera.
Demain, il faudra parler de la précarité des veuves, des divorcées et des célibataires dans le monde arabe, celles que fatwa sur fatwa on autorise à violer parce qu’il faut bien que les hommes aient un avant-goût du paradis. Les fatwas ne disent pas ce que le paradis réserve aux femmes. Demain, il faudra parler des excisions et des mutilations pratiquées par les femmes sur les filles. En cette journée des femmes, c’est d’abord aux femmes qu’il faudra parler d’égalité et de dignité.

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Charles Fayad

Il fallait lire Journée internationale des femmes.

Charles Fayad

Pour la journée internationale de la femme, une pensée particulière pour nos courageuses aides ménagères Sri-lankaises, loin de leurs familles, pour trimer chez nous dans des horaires parfois inacceptables. C’est vraiment un cas d’exploitation de la femme par la femme, permettant à nos sacrées Libanaises, de ne plus reproduire le même schéma familial, de se libérer de leurs charges, et ainsi pour se rôtir la peau sur le sable fin, où pour se rencontrer dans de luxueux centres commerciaux, pour papoter sur les derniers rebondissements de la loi électorale, ou échanger la dernière astuce pour améliorer le goût du Tabboulé !!!

Sabbagha Antoine

La femme objet malheureusement ainsi restera Eve chez les arabes qui ne pourront jamais progresser au nom de la religion .




Antoine Sabbagha

SAKR LEBNAN

Il n'y a que les débiles qui peuvent mépriser et réduire à la servitude leurs femmes.

GEDEON Christian

les doigts de pied en éventail et la panse sur les genoux...l'image est parlante,mais je connais aussi des machos débilo mince et musclés en hugo boss...çà ne les rend pas moins cons...au-delà de cette image plutôt marrante,c'est tous les jours qu'il faudrait parler de la situation de la femme,tous les jours..de celles qui sont traitées comme des chiens et réduites à n'être que des sacs noirs ou gris,mais aussi des silicono-botoxées rêvant d'une "jeunesse" et d'une "séduction" éternelles pour plaire à leur homme ou en trouver un...vous avez bien,les "bouches de canard"...la soumission de la femme a plusieurs visages,et je déteste les néo-moralistes qui essaint de nous expliquer que les choses sont allées "trop loin" en matière de liberté des femmes...et il y en a...regardez le merveilleux Hamas,par exemple...lui a certainement gagné le marathon des cons en ce qui concerne les femmes!

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